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D'où viennent les expressions culinaires et que signifient-elles ?

La gastronomie chère au cœur des Français a donné lieu à quantité d’expressions savoureuses aux origines inattendues.

Oeuf à la coque (image d'illustration)
Oeuf à la coque (image d'illustration)
Crédit : hello-i-m-nik/unsplash
D'où viennent les expressions de la gastronomie française ?
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Muriel Gilbert

Voici un livre qui va éveiller l’appétit des amis des mots. Il s’appelle 150 drôles d’expressions de la cuisine qui ne manquent pas de sel. C’est de Marcelle Ratafia – un pseudo, évidemment, celui d’une spécialiste de l’argot – et c’est publié par Le Robert. On y apprend quantité de choses amusantes. Tenez, pourquoi croyez-vous que l’on dise de quelqu’un qui n’est pas en forme qu’"il n’est pas dans son assiette" ?

On pourrait se dire que, quand on n’est pas en forme, on n’a pas envie de manger... C’est juste, mais en fait le mot assiette est formé sur le latin assedita, qui désigne “l’assise”. Au XIVe siècle, raconte Marcelle Ratafia, assiette prend le sens de “placement des convives”, puis de “service à table” par extension. Mais en fait “ne pas être dans son assiette” “se réfère plutôt au vocabulaire du cavalier”, qui, quand il n’a pas une bonne assiette, tout bringuebalant, peine à garder son équilibre.

L’expression “on n’est pas sortis de l’auberge” a aussi une origine surprenante : “Pour la comprendre, s’amuse Marcelle Ratafia, il faut saisir l’humour particulier (…) des voleurs. L’auberge, c’est la prison : on y bénéficie du gîte et du couvert à l’œil, mais pour en sortir… c’est une autre paire de manches !

Les cocottes cocottaient

Et tenez, peut-être vous imaginez-vous que quelqu’un qui cocotte a trop traîné dans une cuisine où mijotait un pot-au-feu. Mais non : cette cocotte-là vient de la prostitution de la Belle Époque, où les demi-mondaines, que l’on qualifiera parfois plus tard de “poules de luxe”, sont également appelées “cocottes”, par allusion au nom familier des “poules”. Elles ont la réputation d’abuser de parfums bons marchés qui “indisposent les naseaux snobs”… Bref, les cocottes cocottaient !

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Ah, et pour rester au poulailler, moi qui suis une fan des œufs à la coque, j’ai toujours cru qu’ils s’appelaient ainsi parce qu’on les mange dans leur coquille. Mais pas du tout ! Cette coque descend du latin coquere, qui veut dire “cuire”, et qui a donné le maître coq, le cuisinier de l’équipage, et le maître queux, qui donc n’a rien à voir avec la queue des casseroles, mais tout avec la cuisson !

Ah, et quand on se met en “rang d’oignons”, figurez-vous qu’il ne s’agit pas de l’image des bulbes plantés bien régulièrement au potager, mais du baron d’Ognon (sans i), qui “organisait des festins dans son château de l’Oise. Soucieux de l’étiquette, il avait à cœur de placer les convives en fonction de leur rang social : en rang d’Ognon !”

Et d'où vient "l'addition" ?

Allez, pour finir, voici l’addition ! C’est au XIXe siècle seulement que ce que l’on appelait la “carte à payer” a adopté ce nom : l’addition auparavant n’était que l’une des quatre opérations. Et, pour rester côté portefeuille, l’auteure en profite pour nous expliquer d’où vient la vieille expression “ça fera la rue Michel”, qui veut dire “c’est assez”, “ça fait le compte”. Eh bien, il s’agit d’un jeu de mots sur le nom d’une rue du quartier du Marais, à Paris, la rue Michel le Comte. Allez, emballez, c’est pesé, le Bonbon sur la langue d’aujourd’hui, ça fera la rue Michel !

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