3 min de lecture Festival de Cannes

Cannes 2020 : "Spike Lee est un merveilleux et très grand cinéaste", pour Thierry Frémaux

INVITÉ RTL - Le délégué général du Festival de Cannes réagit à la nomination de Spike Lee à la présidence du jury de Cannes et sur le message d'universalité apporté par le Festival.

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Cannes 2020 : "Spike Lee est un merveilleux et très grand cinéaste", pour Thierry Frémaux Crédit Image : Nicolas Kovarik | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura et Capucine Trollion

Ça bouge dans le cinéma français. Les Misérables de Ladj Ly, prix du Jury du Festival de Cannes en 2019 est nommé pour l'Oscar du Meilleur film étranger et Spike Lee présidera le jury du 73e Festival de Cannes, du 12 au 23 mai 2020. 

Le prochain président du jury Festival de Cannes est noir. C'est une première, un message politique ? "C'est un message d'universalité qui est le message cannois (...) Il y a quelque chose qui a été toujours dans l'ADN du Festival, c'est d'être dans l'universalité. Il est américain, il est afro-américain, et c'est la première fois, pas seulement à Cannes, mais aussi dans tous les grands festivals qu'un artiste noir est président d'un jury", démarre Thierry Frémaux au micro de RTL. 

"Spike Lee a dévoué son oeuvre à ses convictions, mais c'est aussi un cinéaste grand public (...) On est en présence de quelqu'un qui ne met pas ses opinions de côté", poursuit le délégué général du Festival, tout en rappelant que Spike Lee, en tant que président du jury, devra "se laisser faire par les films" qu'il verra pendant 12 jours, par un jury [de 8 autres personnes qui seront choisies plus tard dans l’année]".

Spike Lee est un merveilleux et très grand cinéaste

Thierry Frémaux
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C'est un sujet qui fait polémique au cinéma : on entend dire qu'il y a trop de mâles blancs. Le réalisateur Steve McQueen (Twelve Years A Slave, Shame) accuse les BAFTA [récompenses cinématographiques au Royaume-Uni] de "négliger les talents noirs" dans un entretien pour The Guardian

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"Si on prend les chiffres, c'est comme au foot il faut montrer les statistiques, c'est sûrement vrai que la représentation des artistes noirs n'est pas suffisante et en effet de notre point de vue avec Pierre Lescure [président du Festival de Cannes], c'est aussi ce qu'on a voulu faire : montrer cet exemple-là, outre que Spike Lee, et c'est la raison pour laquelle il est là, il est un merveilleux et un très cinéaste". 

Spike Lee est le parrain des Misérables de Ladj Ly, sélectionné dans la course aux Oscars 2020, sélectionné à Cannes en 2019 et qui a reçu le prix du Jury. "Je suis très fier. Les Misérables est un très grand film de cinéma et un très grand film sur ce que ça raconte, en deux heures, vous en savez plus sur une France oubliée", résume Thierry Frémaux. 

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Les Misérables - Bande-annonce VF

Sur le procès d'Harvey Weinstein

C'est la deuxième semaine du procès d'Harvey Weinstein, qui devra répondre de viol et d'agression sexuelle. Le ménage est-il en train d'être fait dans le cinéma français ? "Oui, d'autant que #MeToo, le nouveau mouvement de libération de la femme a commencé dans le milieu du cinéma avec les méfaits d'Harvey Weinstein, mais il ne faudrait pas croire que dans le cinéma, nous le savions (...) Il ne sévissait pas qu'à Cannes, il sévissait de partout visiblement, enfin j'en sais autant que vous", explique Thierry Frémaux, avant de poursuivre : "On aurait tort, encore une fois, de réduire cela au cinéma et au Festival, c'est dans la société toute entière que ces questions-là se posent". 

En tant que délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux aurait-il sélectionné le J'accuse de Polanski, qui a fait polémique lors de sa sortie en novembre 2019. "Le film n'était pas prêt [pour la sélection], donc je ne peux pas répondre. On a une chose précise : de savoir si on a le droit de montrer tel ou tel film". À la question faut-il faire la différence entre l'homme et l'artiste ?, Thierry Frémaux explique "Oui et non, c'est compliqué (...) Là, on est dans une zone qui est devenue complexe, dont les médias se préoccupent beaucoup. Woody Allen est un homme qui a eu deux enquêtes, qui n'ont pas abouti. Il clame son innocence et la présomption d'innocence est le pilier du droit français", conclut-il. 

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