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Sondages de l'Élysée : Claude Guéant et d'ex-proches de Sarkozy renvoyés en correctionnelle

L'ex-secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant, Patrick Buisson et quatre autres personnes sont renvoyés devant le tribunal correctionnel dans l'affaire des sondages de l'Élysée sous le quinquennat de Nicolas Sakozy.

Claude Guéant, le 5 décembre 2018
Claude Guéant, le 5 décembre 2018 Crédit : Eric FEFERBERG / AFP
Photo Esther
Esther Serrajordia et AFP

L'affaire des sondages de l'Élysée est l'une des affaires politico-judiciaire sous le mandat de Nicolas Sarkozy (2007-2012). Dix ans après la révélation des faits, l'ex-secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant, Patrick Buisson et quatre autres personnes sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. 

Serge Tournaire a signé sa décision mardi 27 août. Il a ordonné un procès pour "favoritisme" et "détournement de fonds publics par négligence" pour M. Guéant et l'ex-directrice de cabinet de Sarkozy, Emmanuelle Mignon. L'ancien conseiller officieux de Sarkozy, Patrick Buisson, est lui renvoyé pour "recel de favoritisme", "détournement de fonds publics" et "abus de biens sociaux". Jean-Michel Goudard et Julien Vaulpré, deux anciens collaborateurs de Nicolas Sarkozy, ainsi que le politologue Pierre Giacometti, sont également poursuivis.

Un rapport de la Cour des comptes avait révélé l'affaire en 2009. Une enquête avait été ouverte en 2013 à la suite d'une plainte de l'association contre la corruption Anticor. Les enquêteurs se sont concentrés sur des commandes passées par l'Élysée auprès d'instituts de sondages, comme Ipsos, en "méconnaissances" des règles des marchés publics, et également aux contrats noués avec la société de Patrick Buisson.

Un bénéfice de près d'1,4 milliards d'euros

L'Élysée avait en effet payé plusieurs millions d'euros pour des sondages et des conseils en opinion auprès de nombreux instituts de de cabinets. Certains portaient sur des questions privées, comme la grossesse de Rachida Dati ou encore la popularité du couple Bruni-Sarkozy, et d'autres sur des questions plus politiques, les élections régionales ou les possibles rivaux du président...

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Sur tous ces sondages, l'Élysée a signé des contrats sans respecter la procédure des appels d'offres pour les attribuer, comme la loi l'impose. Au total, l'enquête en a identifié 235, achetés par le cabinet de Patrick Buisson et revendus à la présidence entre 2007 et 2009, avec des marges de 65% à 70% pour un bénéfice de près d'1,4 milliards d'euros. 

Nicolas Sarkozy "grand absent à ce procès"

L'avocat d'Anticor, Jérôme Karsenti, a évoqué une "grande satisfaction que ce dossier arrive à son terme", même s'il a déploré "un grand absent à ce procès : Nicolas Sarkozy". L'ancien président, "grâce à une immunité présidentielle déraisonnable, a été protégé alors que c'est lui le principal instigateur", a-t-il affirmé. 

L'avocat de Claude Guéant, lui, déplore le code des marchés publics, une "règle qui n'était pas claire" et dont "le doute doit profiter aux mis en cause".

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