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Sondages de l'Élysée : Nicolas Sarkozy pourrait être entendu par les juges

L'association anticorruption veut que l'ancien chef de l'État, protégé par l'immunité présidentielle, soit entendu dans l'enquête concernant un scandale auquel il est lié.

L'ancien président français, Nicolas Sarkozy
L'ancien président français, Nicolas Sarkozy Crédit : FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Michael Ducousso et AFP

Après l'affaire Bygmalion, c'est celle des sondages de l'Élysée qui risque de ramener Nicolas Sarkozy devant les juges. Mais cette fois, ce serait en tant que témoin. Anticor a en effet demandé que l'ancien chef de l'État soit entendu dans cette enquête pour les faits qui se sont déroulés sous sous sa présidence, afin qu'il ne soit pas "le grand absent" de cette affaire, a annoncé l'avocat de l'association anticorruption, Me Jérôme Karsenti.

Le scandale repose sur des soupçons de favoritisme de la part de l'Élysée au profit des sociétés de Patrick Buisson et Pierre Giacometti, ex-conseillers du président. Elle a déjà abouti à la mise en examen de plusieurs membres de l'ancienne équipe élyséenne, comme la directrice de cabinet Emmanuelle Mignon ou le secrétaire général Claude Guéant, mais Nicolas Sarkozy, lui, ne peut être mis en cause car il bénéficie de l'immunité présidentielle. Ce qui n'est pas le cas dans l'affaire Bygmalion où c'est le candidat à la présidentielle de 2012 qui est visé et menacé d'un possible renvoi en procès.

Les cadres de l'ex-UMP aussi éclaboussés par l'affaire

Dans le dossier des sondages, "on a un procès qui est en train de s'articuler autour d'un grand absent. Mais Nicolas Sarkozy peut être convoqué comme témoin", a déclaré l'avocat d'Anticor, qui avait déposé plainte en 2009. "Patrick Buisson et Pierre Giacometti étaient des choix personnels de Nicolas Sarkozy. A-t-il été à l'initiative des conventions? Commandait-il les sondages? Il faut qu'il réponde à ces questions". Rien n'oblige cependant le juge d'instruction à accéder à cette demande de la partie civile.

Selon une source proche du dossier, l'enquête a aussi progressé sur un autre volet : des soupçons de prise en charge par l'UMP (parti devenu Les Républicains) et non plus par l'Élysée de prestations de Patrick Buisson, quand la polémique a éclaté en 2009. Dans ce cadre, les anciens secrétaires généraux de l'UMP Xavier Bertrand et Jean-François Copé ont été entendus comme témoins.

235 sondages facturés en deux ans

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Au cœur du dossier, se trouvent les contrats passés sans appel d'offre à partir de 2007 avec les sociétés de Patrick Buisson (Publifact puis Publiopinion) et de Pierre Giacometti, tous deux mis en examen pour recel de favoritisme. La convention signée par Patrick Buisson avec l'Élysée prévoyait une mission de conseil rémunérée 10.000 euros par mois et octroyait d'autre part à Publifact "l'exécution de sondages", à sa liberté d'appréciation et avec les instituts de son choix.

Dans un rapport de février 2009, la Cour des comptes dénonçait son caractère "exorbitant", l'Élysée n'ayant "ni la maîtrise ni le contrôle" des dépenses. Au final, les enquêteurs ont retrouvé trace de 235 sondages achetés par le cabinet de Patrick Buisson et revendus à la présidence entre 2007 et 2009, avec un bénéfice pour Publifact d'environ 1,4 million d'euros. D'où une mise en examen supplémentaire pour détournement de fonds publics.

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