1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Sécurité : les 6 chantiers qui attendent Gérald Darmanin
4 min de lecture

Sécurité : les 6 chantiers qui attendent Gérald Darmanin

Police de proximité, harcèlement de rue, JO 2024, cybercriminalité : les sujets brûlants ne manquent pas au ministère de l'Intérieur.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin
Crédit : Nicolas TUCAT / AFP
Marine Derquenne & AFP

S'expliquer sur les incidents du Stade de France, préparer les JO 2024, lutter contre la délinquance, moderniser la police... Le ministre reconduit place Beauvau Gérald Darmanin a du pain sur la planche.

Début janvier, Emmanuel Macron s'était par ailleurs lancé dans une liste assez longue de mesures et d'annonces lors de son déplacement à Nice, qu'il avait ensuite intégrée à son programme présidentiel et à laquelle le ministre de l'Intérieur devra s'atteler.

Première annonce majeure du président : une très forte augmentation du budget de la sécurité sur les cinq années à venir, dans le cadre d'une "loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur" dite Lopmi, qui augmenterait de 15 milliards d'euros supplémentaires. Soit une hausse de 25% par rapport au budget alloué jusqu'à présent. Le projet de loi a été examiné en mars dernier en Conseil des ministres. Il est déjà sur le bureau de l'Assemblée nationale, prêt à être discuté après les législatives.

1. Lutter contre la délinquance et le harcèlement de rue

Un des premiers chantiers de Gérald Darmanin consiste à poursuivre la lutte contre la délinquance, les violences intrafamiliales et les trafics de stupéfiants. Dans son programme, Emmanuel Macron prévoyait notamment de généraliser les amendes forfaitaires délictuelles (AFD) pour les délits du quotidien, sanctionnés par des peines inférieures à un an de prison. Le chef de l'État y voyait spécialement "un élément de simplification" pouvant permettre aux juges "de se concentrer sur les affaires les plus importantes". 

À lire aussi

Pour le harcèlement de rue, Emmanuel Macron souhaite tripler l'amende à 300 euros, et "doubler la présence des forces de l'ordre dans les transports aux moments critiques", comme il l'écrit dans son programme. Pour faire respecter ces nouvelles dispositions, le ministre de l'Intérieur devra notamment augmenter la présence des forces de l'ordre des zones rurales aux banlieues.

2. Entamer la modernisation de la police et doubler les effectifs

Emmanuel Macron prévoit notamment de créer 200 nouvelles brigades de gendarmerie en milieu rural. Elles "pourront prendre la forme de nouveaux types d'implantations avec des tests qui vont être lancés dans plusieurs départements", tel qu'il l'a déclaré en janvier dernier. Le président souhaite ainsi transférer massivement les effectifs de policiers dans la rue pour doubler le nombre de policiers sur le terrain d'ici à 2030. Pour y parvenir, une des pistes consiste à supprimer les tâches annexes et réorganiser les services. Au total, selon les estimations du chef de l'État, cela permettrait d'ajouter "3.000 agents de plus sur la voie publique".
 
Le projet de loi Lopmi prévoit d'augmenter les budgets pour accroître les moyens matériels de la police et de la gendarmerie, moderniser les moyens de la sécurité et revaloriser les carrières. Dans son programme, Emmanuel Macron a également assuré qu'il souhaitait faciliter le dialogue entre la police, la gendarmerie et la population, notamment par messageries instantanées. 

3. Lutter contre la cybercriminalité

Sur le budget alloué à la sécurité par la future loi Lopmi, la moitié ira vers les investissements numériques et pour renforcer les capacités de lutte contre la cybercriminalité. Emmanuel Macron compte par ailleurs allouer un budget d'un milliard d'euros pour former les prochains cyberpoliciers et cybergendarmes. Pour lutter contre les attaques numériques, 1.500 postes de cyberpatrouilleurs vont être créés. Une école de formation devrait notamment être mise en place au sein du ministère de l'Intérieur.

4. Sécuriser les JO qui auront lieu à Paris dans deux ans

Gérald Darmanin avait déjà commencé en octobre dernier à préparer la sécurité des Jeux Olympiques qui auront lieu à Paris en 2024. Le ministre de l'Intérieur avait convoqué un comité ministériel pour réfléchir à l'organisation de la cérémonie d'ouverture avec les patrons de police, de la gendarmerie nationale et du préfet Ziad Khoury coordinateur national de la sécurité des JO et paralympiques de 2024. Il faudra ainsi poursuivre les discussions pour éviter le fiasco sportif qui a eu lieu au Stade de France. "Il est absolument indispensable que l'on renforce le travail coopératif, collaboratif, que tous ces organismes puissent travailler beaucoup plus ensemble, avec une anticipation beaucoup plus forte", estimait Philippe Goujon, maire du XVe arrondissement de Paris, au micro de RTL, le 30 mai 2022.

5. Lutter contre le terrorisme

Gérald Darmanin devra poursuivre la fermeture des associations et des mosquées radicales, des écoles clandestines, l'expulsion de prêcheurs radicalisés, le contrôle des financements étrangers, comme le prévoit le programme présidentiel.  

6. "Lancer une réflexion" pour supprimer le retrait de point pour les petits excès de vitesse

Sur le volet de la sécurité routière, le ministre de l'Intérieur a assuré le 25 mai dernier qu'il allait "lancer une réflexion" pour supprimer le retrait de point sur le permis de conduire en cas de léger excès de vitesse.  "L'idée, c'est que vous ne perdiez plus un point si vous êtes à 5 km/h au-dessus" de la vitesse autorisée, avait ajouté le ministère, précisant que les amendes sanctionnant ces infractions seraient conservées. Cette opération doit permettre de garantir que la personne sanctionnée est bien le conducteur fautif et non un tiers, afin d'empêcher les fausses déclarations de conducteur pour éviter le retrait de points. 

Toutefois, à Matignon, chez la Première ministre, la question n’est ni tranchée ni arbitrée, précise une conseillère d’Élisabeth Borne. D’autant que le nombre de morts et de blessés sur les routes est franchement reparti à la hausse ces derniers mois. Le ministre de l’Intérieur va donc vite en besogne et va devoir en discuter avec la cheffe du gouvernement avant de lancer une réflexion sur ce sujet. 

Sur la sécurité routière, le ministère de l'Intérieur avait aussi précisé que le permis de conduire et la carte grise seront "également totalement numérisés" d'ici "un an et demi, deux ans".

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/