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Éducation nationale : les 4 chantiers qui attendent Pap Ndiaye

Revaloriser les salaires des enseignants, réintégrer les maths au lycée ou encore réformer le lycée professionnel : les sujets brûlants ne manquent pas et les professeurs attendent des réponses.

Pap Ndiaye et Jean-Michel Blanquer lors de la passation.
Pap Ndiaye et Jean-Michel Blanquer lors de la passation.
Crédit : EMMANUEL DUNAND / AFP
Marine Derquenne & AFP

Le nouveau ministre de l'Éducation nationale, Pap Ndiaye, va faire face à une institution en crise. Sa feuille de route semble claire : "continuer, aller plus loin" que ce qui a déjà été fait, comme l'indiquait Élisabeth Borne le jour de la nomination de son gouvernement sur TF1. "Pap Ndiaye est là parce qu’il partage avec Jean-Michel Blanquer l’objectif d’offrir à nos enfants l’excellence et l’égalité des chances. Et je pense qu’il incarne ça", avait déclaré la nouvelle Première ministre.

Le nouveau ministre de l'Éducation nationale Pap Ndiaye devra appliquer le programme d'Emmanuel Macron présenté pendant la campagne présidentielle, dont une de ses priorités est l'école. Revaloriser les salaires des enseignants, rendre le métier plus attractif, réintégrer les mathématiques dans le tronc commun au lycée, renforcer l'autonomie des chefs d'établissements ou réformer le lycée professionnel pour faire de l'apprentissage une filière d'excellence sont tous des sujets brûlants. Pap Ndiaye a d'ailleurs fait ses premiers pas cette semaine en recevant les représentants syndicaux. Il a esquissé sa méthode, tenté de rassurer, mais il va devoir agir rapidement.

1. Revaloriser les salaires des enseignants

La revalorisation des salaires des enseignants est "le chantier numéro un", selon l'ensemble des syndicats enseignants. "Il faut que la revalorisation des enseignants soit en haut de la pile", résume Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. 

Lors du débat d'entre-deux-tours, Emmanuel Macron avait annoncé vouloir relever les rémunérations des enseignants de manière à ce qu'il n'y ait "plus de démarrage de carrière sous les 2.000 euros" par mois, une augmentation "conditionnée à absolument rien" selon lui. Cet engagement signifierait une hausse "d'environ 10%" pour les enseignants en début de carrière, précisait-il, sans indiquer de calendrier. Mais la revalorisation atteindrait jusqu'à 20% pour "celles et ceux qui vont sur les méthodes les plus innovantes, en permettant plus de liberté, sur le terrain, à nos professeurs". 

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Pour Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, "la question des salaires va devoir arriver sur la table très rapidement" car "il y a urgence à clarifier les choses". "Nous attendons impatiemment un rendez-vous avec le ministre puis une concertation", a-t-elle déclaré. Selon le baromètre annuel de la fédération Unsa Education, publié lundi 23 mai dernier, 86% du personnel de l'éducation se disent en désaccord avec les choix politiques dans leur domaine en 2022, un décrochage par rapport à 2016 (65%).  

"Il y a une nécessité réellement de réparer la relation avec les personnels et d'apaiser les choses", selon son secrétaire général Frédéric Marchand. Et "ce qui ressort" des attentes, "c'est la question de la revalorisation salariale".  

2. Rendre le métier plus attractif

Pap Ndiaye devra aussi s'attaquer au sujet de l'attractivité du métier d'enseignant. Celui-ci est intrinsèquement lié à l'augmentation des salaires. "Il est urgent de revaloriser les débuts de carrières, mais pas simplement, et de relancer une vraie politique de recrutement pour rendre le métier de nouveau attractif", assurait le professeur d'histoire Nicolas au micro de RTL.

Mais le début de revalorisation engagé par le gouvernement auprès des plus jeunes enseignants n'a pas suffi à attirer davantage de candidats vers les concours cette année. Le manque de candidats admissibles est notable en maths, allemand, lettres ou pour les postes de professeurs des écoles, conséquence d'une réforme de l'organisation des concours, mais aussi et surtout d'une crise d'attractivité du métier. Face à cette pénurie, les syndicats ont appelé la Première ministre à des mesures "de toute urgence". "Des personnels vont manquer pour la rentrée 2022", ont-ils insisté. 

On compte par exemple 180 admissibles pour 219 postes de professeurs des écoles à Paris, 521 pour 1.079 à Créteil et 484 pour 1.430 postes à Versailles. Le syndicat Snalc réclame lui "la remise en cause de la réforme Blanquer qui a engendré des concours repoussoirs".

3. Réintégrer les maths dans la réforme du lycée "dès la rentrée prochaine"

Le retour des mathématiques dans le tronc commun dès la classe de Première se fera à la rentrée prochaine, avait assuré il y a quelques jours le prédécesseur de Pap Ndiaye, Jean-Michel Blanquer, répondant ainsi aux critiques sur l'absence de cette matière dans les programmes pour nombre d'élèves suite à la réforme du lycée. 

Selon de premiers résultats au Capes externes de mathématiques, seuls 816 candidats sont admissibles, pour 1.035 postes. L'ancien locataire de la rue de Grenelle s'était voulu rassurant, affirmant qu'il y aurait "le vivier nécessaire" de professeurs de mathématiques à la rentrée prochaine dans les lycées. Ce dont doutent les syndicats. 

"On parle d'un vivier. (...) Tant mieux si c'est vrai, mais nous on ne sait pas de quoi on parle", commentait Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du principal syndicat des chefs d'établissement (SNPDEN). Ces chefs d'établissements sont opposés au retour des mathématiques dès la rentrée prochaine dans le tronc commun. Ils estiment que le calendrier serait trop serré pour une telle modification des plannings et des programmes. 

4. Engager la "grande réforme du lycée professionnel"

Au cœur des mesures envisagées par le chef de l'État, figure un rapprochement entre l'école et les entreprises. Avec, d'abord, "la grande réforme du lycée professionnel", "un immense chantier", selon Emmanuel Macron. 

Le Président souhaite faire un tri entre les filières qui débouchent sur un emploi et les autres, considérant qu'il y a "trop de jeunes qui sortent avec un diplôme mais pas d'emploi" et qu'"on laisse vivre trop de filières où il n'y a quasiment pas de débouchés". Emmanuel Macron souhaite s'inspirer de la réforme de l'apprentissage et augmenter de 50% les périodes de stages des lycéens professionnels. 

En tout cas, les syndicats espèrent tourner la page de Jean-Michel Blanquer : "on attend un changement de méthode : un ministre, cela doit écouter les personnels"déclarait Caroline Chevé de la FFSU. Pap Ndiaye ne devrait pas avoir vraiment le temps de profiter de son installation.

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