1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Sandrine Rousseau, François Ruffin et Fabien Roussel : les 3 "R" qui agacent la gauche
4 min de lecture

Sandrine Rousseau, François Ruffin et Fabien Roussel : les 3 "R" qui agacent la gauche

DÉCRYPTAGE - À la France insoumise, chez les communistes ou chez les écologistes, François Ruffin, Fabien Roussel et Sandrine Rousseau revendiquent une liberté de parole et en ont fait l'axe principal de leur combat politique.

François Ruffin, Sandrine Rousseau et Fabien Roussel
François Ruffin, Sandrine Rousseau et Fabien Roussel
Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad

L'avenir de la gauche se construira-t-il autour d'eux ? Sandrine Rousseau, François Ruffin et Fabien Roussel font office d'éléments perturbateurs au sein de leur famille politique. La France "des allocs", le "droit à la paresse", "la gauche, c'est le travail", le barbecue... Ces trois personnalités politiques assument leur positionnement et revendiquent leur volonté de secouer leur parti qu'ils jugent atteints d'immobilisme. 

Et si leur parole prospère dans le débat public, c'est en partie dû à Jean-Luc Mélenchon. Le leader de la France insoumise n'a plus de mandat électoral et a ainsi laissé le champ libre pour ses successeurs. 

Figure tutélaire à la France insoumise, le troisième homme de l'élection présidentielle a émis le souhait de prendre du champs et de laisser la place à la nouvelle génération. En théorie... Dans les faits, Jean-Luc Mélenchon peine à lâcher prise et continue d'incarner l'opposition face à Emmanuel Macron

François Ruffin, l'insoumis de la France insoumise

A son arrivée au sein de la France insoumise, François Ruffin s'est très vite placé en électron libre, cultivant ses sujets et ne se soumettant pas à la rigidité d'un parti politique. Quelques années plus tard, le député LFI de la Somme se place en lanceur d'alerte. A l'échelle du pays, mais surtout à l'échelle de sa famille politique. 

À écouter aussi

Dans la foulée des élections législatives où 142 députés de la Nupes ont été élus, François Ruffin n'a pas l'esprit à la fête. Dans les colonnes du Monde, il alertait sur le risque de la gauche de ne représenter que les métropoles. L'arrivée de 89 députés RN dans l'hémicycle n'était pas une surprise pour lui. "Je n’ai pas eu un moment d’étonnement. Quand on vit en Picardie, on a d’autres lunettes que quand on vit à Paris, que l’on est en Île-de-France, où le RN n’existe pas".

Un constat qui vise ses camarades de la France insoumise, notamment ceux élus de Seine-Saint-Denis. Quelques mois plus tard, il a une nouvelle fois tenté de se faire entendre. Sur France inter, la gauche veut-elle "conquérir cet électorat populaire de la France des 'gilets jaunes', de la France des ronds-points, des France périphériques ?", interroge-t-il. François Ruffin a "plus qu'un doute". Bastien Lachaud rétorque sur Twitter : "Diviser, opposer, c'est la logique de l'adversaire. C'est une impasse"

Fabien Roussel, le communiste qui vante la valeur travail

Si les propos de François Ruffin font grincer les dents à la France insoumise, au Parti communiste, le constat de l'élu est partagé. "Nous sommes 100% d'accord avec lui, explique un cadre du parti. La gauche ne peut pas gagner si elle n'émane que des grandes métropoles. Nous avons un problème dans les territoires", explique-t-il. Un élu déplore le fait que "le débat soit perçu comme une agression de la part de nos partenaires". 

Les points communs s'accumulent entre les deux hommes politiques. Comme François Ruffin, le secrétaire national du Parti communiste a indiqué souhaiter les Français soient "consultés par référendum" sur la réforme des retraites. 


Autre point sur lequel se rejoignent Fabien Roussel et François Ruffin : le travail. L'ancien candidat communiste à l'élection présidentielle a renversé la table en assurant que "la gauche doit défendre le travail et ne pas être la gauche des allocations et minimas sociaux", déclenchant une pluie de critiques au sein de la Nupes. "Je ne regrette surtout pas d'avoir ouvert ce débat", assurait-il devant les parlementaires du PCF. "Il faut qu'on pousse le débat jusqu'au bout. J'ose croire que nous sommes tous d'accord pour construire une société du travail et d'un travail qui nous épanouit", comme l'avait-il déclaré à l'AFP.

Sandrine Rousseau ou la lutte de l'écologiste

Actrice incontournable au sein de la Nupes, Sandrine Rousseau avait affronté Fabien Roussel et donné sa vision du travail. "Partage du temps de travail, diminution du temps de travail, semaine de quatre jours, ça j'aurais suivi mais mettre le travail comme unique valeur de la gauche, ça n'est pas possible et particulièrement pour un communiste", a critiqué sur Franceinfo la députée écologiste.

"Je rappelle quand même que Marx dénonçait l'exploitation des salariés et le fait que les chefs d'entreprise faisaient des plus-values sur le travail, ajoutait-elle. On a un droit à la paresse, on a un droit à la transition des métiers, on a le droit aussi de faire des pauses dans sa vie, et surtout, il nous faut retrouver du temps, le sens du partage et la semaine de quatre jours".

Mais Sandrine Rousseau est surtout au cœur de la tempête qui balaie Europe Ecologie-Les Verts. Après avoir accusé Julien Bayou d'avoir de "comportements de nature à briser la santé morale des femmes" sur un plateau TV, la députée EELV est la cible des critiques en internes. Dans Le MondeJulien Bayou estime qu'elle est "allée trop loin". "On ne balance pas à une heure de grande écoute la situation psychologique de quelqu'un qui souffre ou des accusations sans éléments (...) Le privé ne doit pas être instrumentalisé à des fins politiciennes", a-t-il dit.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info