3 min de lecture Remaniement ministériel

Remaniement : dans les coulisses de la passation de pouvoir du ministère du Travail

REPORTAGE - À l’Hôtel du Châtelet, au 127 rue de Grenelle, la ministre Muriel Pénicaud a passé le relais à la nouvelle ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, Élisabeth Borne. C’est également toute une équipe qui prend congés.

>
Remaniement : dans les coulisses de la passation de pouvoir du ministère du Travail (version longue) Crédit Image : Anaïs Bouissou | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
Anais Bouissou
Anaïs Bouissou édité par Cassandre Jeannin

Côté lumière, il y a la cour du ministère du Travail, baignée de soleil ce mardi 7 juillet. Il est 12h30. Muriel Pénicaud cite Confucius dans son discours d’adieux : "N’oubliez pas que quand vous voulez faire quelque chose, vous avez contre vous ceux qui voulaient faire le contraire, ceux qui voulaient faire la même chose et l’immense majorité qui voulait que rien ne change". Une autre ministre arrive, Élisabeth Borne, qui sera amenée à modifier les réformes de l’équipe en partance.

Côté ombre, des dizaines de personnes font leurs cartons, ou s’apprêtent à intégrer les nouveaux effectifs. Quelques heures avant les discours face caméras, avant l’arrivée des journalistes, un pupitre et des drapeaux ont été installés, sous l’œil d’Hélène Lombart, la responsable logistique. Elle est fonctionnaire depuis 20 ans et elle a aussi supervisé les départs des conseillers : "J’ai la chance de dire bonjour et au revoir. À partir du moment où le Premier ministre a été nommé tous les pôles du ministère ont commencé à ranger leurs affaires". 

Sur les 50 cartons qui s’empilent dans le couloir, 30 iront aux archives nationales. "Ces documents-là sont gardés pendant 50 ans. Des agendas, des notes. En cas de litige, les magistrats ont la possibilité de visualiser ces dossiers".  

Les dossiers sont la propriété du ministère

Alain Druelles, conseiller
Partager la citation

Durant 3 ans, une dizaine de conseillers a travaillé jours et nuits dans l’ombre de la ministre. Ce matin-là, avant la passation, tous ne sont pas encore fixés sur leur avenir. "Qu’on reste ou pas on fait ses cartons, on fait les sauvegardes d’ordinateurs, on se prépare à partir", explique Alain Druelles, conseiller formation professionnelle et apprentissage. Son bureau est au 4ème étage du ministère. "On prend l’ascenseur… On va monter au 4ème étage… Vous voyez des sacs pleins de dossiers, des bennes pleines de dossiers également. C’est le grand ménage à tous points de vue. Les dossiers sont la propriété du ministère. On n’a pas à emmener des dossiers, on était au service de l’État ça reste les dossiers de l’État". 

À lire aussi
Guillaume Larrivé, député de l'Yonne, et ancien candidat à la présidence du parti Les Républicains Les Républicains
Remaniement : Guillaume Larrivé aurait "évidemment" accepté d'être au gouvernement

Dans le couloir, Damien Delevalée, le conseiller aux relations du travail a revêtu une cravate pour l’occasion : "Je viens de faire mon nœud de cravate. C’est à la fois un hommage pour la ministre parce qu’on est tous attachés à l’action qu’elle a mené, et une nouvelle page qui s’ouvre. C’est intense".

On sait que le monde dans lequel on évolue en arrivant en cabinet ministériel porte cette part de violence

Damien Delevalée, conseiller
Partager la citation

Ils gardent le sourire, l’ambiance est détendue mais le fait de quitter leur poste du jour au lendemain reste un moment particulier : "On sait que le monde dans lequel on évolue en arrivant en cabinet ministériel porte cette part de violence ou en tous cas de rapidité dans la décision au quotidien. La constitution d’un gouvernement traduit aussi un peu ça".

Les conseillers qui partent se tiennent prêts à aider les nouveaux entrants, car tous devront s’acclimater en un temps record, comme a dû le faire le plus proche collaborateur de Muriel Pénicaud, le directeur de cabinet Antoine Foucher. "Être serviteur de l’État en cabinet c’est travailler entre 80 et 90 heures par semaine ; accepter de rentrer au monastère de l’État et de sacrifier beaucoup de choses. Il y a un petit pincement au cœur quand on a porté avec autant d’énergie ces réformes-là, quand on a surmonté des obstacles à l’intérieur, à l’extérieur de l’État, on se dit toujours 'qu’est-ce qui va se passer si on quitte le ministère ?', mais il ne faut pas raisonner comme ça". 

Antoine Foucher sait qu’il ne reviendra pas. Il sait aussi qu’une partie de son travail pourra être balayée par une nouvelle équipe. Mais de ses trois ans au ministère, il garde un trophée, un gros logo en polystyrène. "C’est une forme en polystyrène où l’on peut voir 'Mon Compte Formation'. C’était l’une de nos principales fiertés au cabinet".

Dans les coulisses du ministère du Travail, une fois les équipes renouvelées, les piles des dossiers emploi, assurance chômage, retraites s’amoncelleront à nouveau sur les bureaux. Et dans la salle des portraits, il ne restera plus qu’à accrocher à la suite de tous les autres ministres du Travail, une photo d’Élisabeth Borne.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Remaniement ministériel Travail Muriel Pénicaud
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants