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Régionales 2021 : "Si je perds, j’arrête tout", vraiment ?

ÉDITO - "Si je suis battu, j’arrête la vie politique". Cet argument, trop souvent utilisé, est-il suffisant pour convaincre les électeurs ? Xavier Bertrand et Valérie Pécresse ont fait cette promesse, qui ne prend pas du tout.

Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, le 22 septembre 2011
Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, le 22 septembre 2011
Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
Régionales 2021 : Si je perds, j'arrête tout. Vraiment ?
02:45
Régionales 2021 : Si je perds, j'arrête tout. Vraiment ?
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Olivier Bost

"Si je perds, j’arrête la politique". C’est ce qu’ont promis dans cette campagne Xavier Bertrand, dans les Hauts-de-France et Valérie Pécresse en Île-de-France. Est-ce un vrai argument de campagne ?

Ce genre d’engagement, ce que nous appellerons "Le Stop ou Encore", n’engage que ceux qui y croient. Les promesses de disparaître en cas de défaite, c’est presque aussi vieux que la République. Certains les ont respectées, comme de Gaulle bien sûr. D’autres ont tenté des retours plus ou moins discrets, à l'instar de Lionel Jospin. Nicolas Sarkozy, lui, est vraiment revenu alors qu’il avait bien dit que plus jamais on l’y reprendrait. Mais entre le retour, et le retour de l’envie chez les électeurs, il y a un fossé que Nicolas Sarkozy a cruellement mesuré lors de la primaire en 2016.

Mais nous parlions de Valérie Pécresse et de Xavier Bertrand, ce n’est pas tout à fait la même situation. Pour le coup, ces 2 présidents de région sortants jouent bien leur avenir, c’est indiscutable. À travers cette promesse, "Si je perds, j’abandonne la vie politique", ils cherchent à donner des gages de sincérité à leur démarche. Il y a un peu de dramatisation personnelle de cet enjeu électoral. Ils se plient aussi à une réalité cruelle : tous les 2 jouent la présidentielle l’année prochaine. Xavier Bertrand est déjà candidat. Valérie Pécresse répond que ce n’est pas le moment de le dire. S’ils sont battus dans un mois, c’est la fin du début du chemin vers l’Elysée. Quand ils disent qu’ils arrêteront la politique, ça veut aussi dire qu’ils ne sont pas prêts à assurer 6 ans d’opposition. Ils ont exercé le pouvoir et c’est ça qui les intéresse encore. 

Un argument suffisant pour les électeurs ?

Dire : "si je suis battu, je disparais", est-ce que cela a vraiment une influence sur les électeurs ? Ce n’est pas évident du tout.  Dans les Hauts-de-France, comme le résume un candidat LaREM, de toute façon que Xavier Bertrand perde ou gagne, il va disparaitre. Dans un cas, le RN sera aux manettes de la région, dans l’autre cas il partira en campagne pour la présidentielle.

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Mais ce candidat LaREM a bien testé cet argument auprès des électeurs et s’est rendu compte que ça ne prenait pas du tout. Tout le monde s’en moque que Xavier Bertrand vise l’élection d’après. Alors savoir qu’il abandonnera la vie politique, ce n’est pas très important non plus. Donc finalement, quand un politique dit qu’il arrête tout s’il est battu, il se parle un peu à lui-même. Il s’impose à voix haute une nouvelle réalité.

Les longues carrières, faites de traversées du désert et de renaissances, c’est fini. Quand les électeurs disent non, c’est qu’ils ne veulent pas de vous et qu’ils ne veulent plus de vous, constate, lucide, le conseiller d’un président sortant. Autant passer à autre chose. "Si je suis battu, j’arrête la vie politique", ce n’est plus une promesse, pas toujours tenue, mais un constat qui s’impose à eux.

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