2 min de lecture Sécurité

Radicalisation : Belloubet nuance la "société de vigilance" prônée par Macron

VU DANS LA PRESSE - La ministre de la Justice ne veut "pas d'une société où la moitié de la population surveille l'autre", a-t-elle déclaré dans une interview au "Parisien" mardi 5 novembre.

Nicole Belloubet, la garde des Sceaux à l'Assemblée nationale le 15 mai 2019
Nicole Belloubet, la garde des Sceaux à l'Assemblée nationale le 15 mai 2019 Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

La "société de vigilance" promue par Emmanuel Macron après l'attentat à la préfecture de police de Paris pour venir à bout de "l'hydre islamiste" en France pourrait-elle se transformer en une "société de la délation" ?  La ministre de la Justice Nicole Belloubet a elle-même tenu à mettre en garde ce mardi 5 novembre contre "la défiance" qui pourrait se généraliser.  

"On peut être vigilant et confiant. Sinon on court à la catastrophe", a-t-elle prévenu au cours d'un entretien au Parisien sur les actions engagées contre la radicalisation. "Vigilance n'est pas synonyme de défiance. Je ne voudrais pas d'une société où la moitié de la population surveille l'autre", a-t-elle notamment affirmé tout en assurant que "la vigilance est nécessaire". "Au-delà des attentats en tant que tels, nous vivons dans une période de menace sourde et permanente qui nécessite une grande attention", avec la prise en charge spécifique des détenus radicalisés dans les prisons mais aussi en milieu ouvert. 

Nicole Belloubet ne veut toutefois pas tomber dans l'hystérisation des débats, notamment celui sur le port du voile. "Il y a déjà une loi et c'est très bien ainsi", a estimé la ministre, témoignant du "sentiment de stigmatisation" rapporté par des représentants des associations de culte musulmans.

Belloubet aussi frileuse sur les quotas d'immigration

La ministre de la Justice Nicole Belloubet a par ailleurs estimé ce mercredi 6 novembre que la politique des quotas d'immigration professionnels n'était "pas la seule réponse" à la question, soulignant que "la France doit rester une terre d'accueil".

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"Ce que je souhaiterais dire ici c'est que je n'ai jamais pensé que les quotas étaient la réponse, enfin la seule réponse. De ce que j'ai lu sur les pays qui ont instauré les quotas obligatoires, ça n'a jamais marché", a-t-elle ajouté sur France Inter, avant les arbitrages du plan immigration que doit présenter Édouard Philippe.

"Je ne crois pas que ce soit la réponse. En revanche, il me semble que se donner des lignes directrices pour dire que la France a besoin de tel ou tel type d'emploi ce n'est pas, me semble-t-il, dans la même philosophie", a-t-elle poursuivi. Pour elle, "se donner des lignes directrices ce n'est pas imposer des quotas obligatoires et je crois que, ce que doit rester la France, c'est un pays d'accueil". "Pour moi la philosophie c'est que la France est une terre d'accueil", a-t-elle insisté.

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