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Présidentielle 2022 : Pécresse et Ciotti, la fin de la stratégie du "good cop, bad cop" ?

DÉCRYPTAGE - Valérie Pécresse et son soutien étaient devenus inséparables lors des déplacements. Une stratégie qui a fait ses preuves mais qui doit évoluer, selon son entourage.

Valérie Pécresse et Éric Ciotti, le 6 décembre 2021
Valérie Pécresse et Éric Ciotti, le 6 décembre 2021
Crédit : CHRISTOPHE SIMON / AFP
Marie-Pierre Haddad

Duo dynamique ? "Good cop, bad cop" ? Pas question pour Valérie Pécresse de laisser un répit à Emmanuel Macron à trois mois de l'élection présidentielle. Depuis le début de l'année, la candidate Les Républicains martèle ses arguments pour défendre son programme et critique le bilan du chef de l'État. "Elle est bien consciente que le premier tour n'est pas acquis", reconnaît un de ses soutiens. 

À ses côtés dans cette mission, elle compose avec un allié inattendu en la personne d'Éric Ciotti. Cette nouvelle collaboration s'est construite autour de rôles définis. Ils ont ainsi débuté l'année en dénonçant l'absence du drapeau français sous l'Arc de Triomphe au profit du drapeau européen. "Effacement de notre identité nationale" pour l'un, "effacer l'identité française", pour l'autre... Mêmes mots, même critique. 

Cette entente peut-elle perdurer tout au long de la campagne ? Au lendemain de l'élection de Valérie Pécresse par les militants LR, Éric Ciotti a minutieusement joué sa partition, afin de pousser la candidate à reprendre ses idées dans son programme

Tous prennent trop de place

Un proche de Valérie Pécresse à propos des quatre candidats du congrès LR

À tel point que désormais l'équipe de la candidate s'interroge. Éric Ciotti prend-il trop de place ? Le député LR des Alpes-Maritimes s'affiche à ses côtés dans bon nombre de déplacements. Ce qui pouvait être un avantage post-congrès est en train de se transformer. Après le congrès LR, Valérie Pécresse a du rassembler sa famille politique. "Elle a très bien réussi ce que François Fillon avait raté en 2017", souligne un de ses proches. 

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Désormais, il estime qu'une nouvelle phase doit débuter dans sa campagne. "La promenade avec tout le monde autour d'elle (Éric Ciotti, Michel Barnier, Xavier Bertrand et Philippe Juvin, ndlr) doit s'arrêter. Le message du rassemblement est passé. Se présenter à l'élection présidentielle est une candidature individuelle, pas collective", ajoute-t-il en s'agaçant au passage de la référence aux "quatre mousquetaires" pour désigner les candidats du congrès. "Des mousquetaires fatigués" qui "prennent trop de place", raille ce proche de la candidate. Valérie Pécresse doit "s'afficher seule", tranche-t-il.

"C'est moi qui suis candidate"

C'est un changement de stratégie pour celle qui s'appuyait sur le poids des ténors du parti. Valérie Pécresse résumait cette collaboration avec Eric Ciotti : le 5 décembre dernier, elle assurait qu'il tiendrait "une place singulière, celle que tenait un grand ministre de l'Intérieur de la République, Charles Pasqua", affirmant que "c'est une sensibilité très importante de la droite, qui est encore plus importante aujourd'hui puisque nous sommes en crise d'autorité".

Dans les faits, cette complicité s'est démontrée. Dans l'entourage d'Éric Ciotti, on confie que les deux finalistes du congrès LR "se parle beaucoup", "chaque jour". Et souvent la conclusion est la même, le député LR des Alpes-Maritimes "cogne". Il endosse ainsi le rôle du "bad cop", celui qui va aller toujours un peu plus loin que la candidate LR. Une stratégie cousue sur-mesure pour éviter une fuite d'une partie de l'électorat de droite vers Éric Zemmour. Un proche de l'élu analyse : "La frontière se trouve entre la droite classique et Éric Zemmour et non entre Éric Zemmour et le Rassemblement national"

Invité du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI le 2 janvier dernier, Éric Ciotti a tenu des propos sévères à l'encontre du chef de l'État. Un président "déraciné" qui "n'aime pas la France", a-t-il attaqué. Interrogée à plusieurs reprises au micro de RTL sur les mots précis employés par le député LR des Alpes-Maritimes, Valérie Pécresse s'est agacée : "C'est moi qui suis candidate, a-t-elle lâché. Éric Ciotti a ressenti cela comme ça (...) Il l'a dit avec ses mots". Elle a fini par dénoncer un président qui a "un problème avec l'Histoire de France".  

Une référence à Charles Pasqua

Le binôme Pécresse-Ciotti a ainsi émergé. "Ce personnage à deux têtes est intéressant, estime le politologue Bruno Cautrès auprès de RTL.fr. Il a émergé sous l'effet des quatre débats de la primaire LR. Quelque chose s'est noué autour d'Éric Ciotti". 

D'après lui, il permet à la droite, et en particulier aux Républicains de se "recentrer sur le terrain". "Il permet aux militants et sympathisants LR locaux de se sentir chez eux. Pour eux, l'élection se joue sur le thème de la sécurité, sujet de prédilection d'Éric Ciotti", explique-t-il. 

Quant à Valérie Pécresse, "son image reflète une position de centre droit". Mais elle doit désormais "incarner deux facettes différentes de l'électorat à droite. D'où le durcissement de son discours politique. Lorsqu'elle évoque le nom de Charles Pasqua, c'est un symbole envoyé aux électeurs de droite pour leur dire qu'elle est bien revenue chez Les Républicains", analyse le politologue. 

Éric Ciotti sera désormais davantage sur le terrain pour prêcher la parole des Républicains, mais sans forcément accompagner Valérie Pécresse.

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