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Présidentielle 2022 : le système de parrainage est-il toujours démocratique ?

Le système de parrainage pour atteindre le premier tour des élections présidentiel est-il dépassé ? Une question à laquelle Yves Calvi et ses invités ont tenté de répondre, ainsi que François Bayrou qui propose une "banque de parrainages".

Le Conseil constitutionnel (illustration)
Le Conseil constitutionnel (illustration)
Crédit : AFP / THOMAS SAMSON
Présidentielle 2022 : le système de parrainage est-il toujours démocratique ?
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Philippine Rouvière Flamand

Obtenir ses 500 parrainages est une étape indispensable pour participer au premier tour des élections présidentielles. Aujourd'hui, seuls Valérie Pécresse, Emmanuel Macron (pourtant pas encore déclaré candidat) et Anne Hidalgo en ont réuni suffisamment.

Certains candidats en sont encore loin, bien que leur score dans les sondages soit bien plus haut que celui de M.Hidalgo (2%) par exemple. Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour tournent tout trois autour de 10-15% d'intention de vote, pourtant aucun n'en est encore à la moitié des parrainages requis.

Alors, faut-il annuler la règle des parrainages à l'élection présidentielle ? Est-ce que ce système est dépassé ou au contraire indispensable ? C'est la question qu'a posée Yves Calvi ce matin dans France 2022.

Pour comprendre cette règle, il faut savoir qu'elle n'est en vigueur que depuis 1976. Avant cette date, seuls 100 parrainages étaient nécessaires. Une tâche beaucoup plus simple à accomplir, y compris pour des candidats que Charles de Gaulle qualifiait de "fumiste", c'est-à-dire sans véritable projet politique. Aujourd'hui, sur les 30 candidats présents sur la liste du Conseil constitutionnel, seul trois ont réunis plus de 500 signatures. D'ici le 4 mars, date de clôture des parrainages, tous les candidats ne les auront probablement pas obtenu. Une manière de ne pas avoir un premier tour surchargé. Lors des dernières élections présidentielles de 2017, seuls onze candidats avaient pu y participer.

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Un des problèmes souligné ce matin par les invités d'Yves Calvi, c'est que les campagnes présidentielles sont polluées par les questions de parrainages qui n'ont "aucun intérêt politique" selon Olivier Bost. 

La peur des maires de s'afficher sous une couleur politique

Depuis l'élection présidentielle de 2017, tous les noms des parrains sont rendus publics. Depuis, certains élu ne veulent plus parrainer des candidats qui font polémique, comme Eric Zemmour par exemple, par crainte des critiques. En effet, la plupart des maires sont élus sans étiquette politique, et ne veulent pas paraître partisans d'un parti devant leurs administrés. La majorité des maires de France sont des élus de petites communes, dans lesquelles ils croisent régulièrement les habitants au marché ou dans les rues.

Or, le fait de parrainer un candidat n'est pas censé afficher le soutien d'un élu envers un parti ou une personnalité. Le but initial de ce procédé est de présenter la candidature d'une personne que l'élu pense légitime, ainsi que son programme, à la présidence de la République. 

Alternatives proposées

Ces élections présidentielles ne sont pas les premières où les 500 parrainages font polémique. Des solutions alternatives ont déjà été proposées. En 2007, un comité de réflexion, présidé par l'ancien Premier ministre Édouard Balladur(LR), a proposé que les candidats soient sélectionnés à bulletin secret, par 100.000 élus (plus du double d'aujourd'hui), pour éviter leur exposition.

En 2012, une autre commission, menée cette fois-ci par Lionnel Jospin (PS), lui aussi ancien Premier ministre, proposait de mettre en place le parrainage citoyen. Il en aurait fallu 150.000. Cette proposition est d'ailleurs soutenue aujourd'hui par La France Insoumise et est pratiquée dans certains pays d'Europe, comme le Portugal, la Pologne ou la Roumanie.

Aujourd'hui, c'est François Bayrou qui apparaît avec une nouvelle proposition. Le président du MODEM s'est exprimé ce marin sur BFMTV à propos de la mise en place d'une "banque de parrainages démocratiques". Il explique que le but est de permettre aux candidats ayant des difficultés à trouver des parrainages puissent se présenter aux élections présidentielles. Les élus qui seraient prêts à, en quelque sorte, mettre à disposition leur parrainage le feraient, non pas pour soutenir un candidat, mais pour servir de garant de la démocratie sans regard sur la couleur politique. Pour éviter que n'importe qui puisse se présenter et avoir ces fameux parrainages, le maire de Pau donne un seul critère : que les candidats ayant accès à ces signatures atteignent au moins 10% dans les sondages. Un site, notredemocratie.fr, a déjà été mis en place.

François Bayrou précise "je ne suis pas de l’avis politique de Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Eric Zemmour, mais je trouverais anormal, et même scandaleux, qu’ils ne puissent pas se présenter", avant d'affirmer "Je ne peux pas supporter que la démocratie soit ainsi déséquilibrée, déstabilisée."

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