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Présidentielle 2022 : la macronie affine sa stratégie pour contrer Marine Le Pen

DÉCRYTPAGE - Édouard Philippe a estimé, dans "Le Parisien", que "bien sûr, Marine Le Pen peut gagner la présidentielle".

Les affiches de campagne d'Emmanuel Macron, Jean Lassalle et Marine Le Pen
Les affiches de campagne d'Emmanuel Macron, Jean Lassalle et Marine Le Pen
Crédit : Philippe LOPEZ / AFP
Marie-Pierre Haddad

Autre élection, autre temps. La macronie sait qu'elle ne retrouvera pas la magie de l'élection de 2017. Ce sentiment est désormais intégré par les équipes d'Emmanuel Macron. Le candidat se prête de plus en plus au jeu de la campagne, à six jours du premier tour de l'élection présidentielle

Après s'être (non sans contrainte) adaptés à cette campagne atypique, les députés La République En Marche ont pointé "le risque Le Pen". Une alerte qui a mis du temps à être entendue par l'état-major macroniste. Mais c'est désormais chose faite et le rappel à l'ordre a été sonné par Emmanuel Macron, en personne. 

Invité de Franceinter ce lundi 4 avril, Emmanuel Macron est revenu sur la promesse formulée il y a cinq ans, dans la foulée de son élection : "Je ferai tout, durant les cinq années qui viennent, pour qu’ils n’aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes". Arrivé à la fin de son quinquennat, le candidat-président a déclaré : "Je sais qu’on adore toujours faire dire à un président de la République qu’il a des échecs. J’ai fait beaucoup de mea culpa. (…) Je n’ai pas réussi à l’endiguer".

Nommer son adversaire

Dans une interview au Dauphiné Libéré, Emmanuel Macron s'en prend à Marine Le Pen. "Moi, je n’aime pas le politiquement correct, je suis pour la confrontation d’idées, dans le respect : je n’ai jamais moralisé les électeurs du Front national. Mais il faut dire les choses : on parle d’une dame qui est l’héritière d’un clan, qui est aux élections présidentielles depuis les années 60. Ce n’est pas un Rassemblement, c’est un clan !", a-t-il déclaré.

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Quelques jours plus tôt, le candidat-président indiquait ne pas avoir "banalisé le Front national". "Il y a un tandem d'extrême droite, que je combats (...) Collectivement j'ai moins entendu dire qu'elle est d'extrême droite. Il y a vingt ans, les médias que vous étiez disaient 'c'est terrible, front républicain'. Les forces politiques républicaines disaient 'jamais'. Il n'y a plus cette réaction-là", s'est-il écrié, ajoutait-il.

Envisager l'élection de Marine Le Pen ou non ?

Marine Le Pen a un côté imprenable qui agace certains au sein des députés La République En Marche. "Elle ne dit pas grand-chose dans cette campagne. L'enjeu est de pouvoir montrer son vrai visage", estime un élu. Selon une députée LaREM, Éric Zemmour a déclenché "un effet de sidération" dans la campagne. "Il a occulté Marine Le Pen. Et elle a réussi à faire une campagne en passant inaperçue", explique-t-elle.

Comment contrer Marine Le Pen ? Voici la question sur laquelle planche l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron. Et deux stratégies semblent s'affronter. D'un côté, des soutiens du candidat estiment qu'il faut pointer le risque de l'élection de Marine Le Pen pour créer un sursaut. C'est notamment celle utilisée par Manuel Valls. Soutien d'Emmanuel Macron, l'ancien premier ministre socialiste abonde aussi dans ce sens. Dans une tribune publiée dans Le Journal du Dimanche, il assure que "Marine Le Pen peut être élue présidente de la République. Il est minuit moins une. Impossible d’affirmer que ce n’était pas prévisible". 

C'est une connerie de dire que Marine Le Pen peut gagner

Un macroniste issu de la droite

Édouard Philippe aussi se positionne sur ce créneau. Dans les colonnes du Parisien, l'ancien premier ministre déclare que "bien sûr", "Marine Le Pen peut gagner la présidentielle". "Si elle gagnait, les choses seraient, croyez-moi, sérieusement différentes pour le pays. Et pas en mieux. Son programme est dangereux", a dénoncé le maire du Havre.
De l'autre côté, il y a ceux qui refusent d'évoquer à voix haute une arrivée au pouvoir de Marine Le Pen. "C'est une connerie de dire qu'elle peut gagner, juge un macroniste issu de la droite. À force de dire qu'elle peut gagner, ça mobilise son électorat et on donne du crédit à sa candidature. Et en plus, vous envisagez l'option de perdre". D'après lui, il faut "créer une opposition forte", "dénoncer le risque de l'extrême droite, en assurant que l'élection n'est pas écrite mais sans être fébrile pour autant". Autrement dit, un jeu d'équilibriste.

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