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Présidentielle 2022 : 4 questions sur le premier tour du congrès Les Républicains

DÉCRYPTAGE - Dans les rangs Les Républicains, pas question de se lancer dans le jeu des pronostics. Le vote des militants dès ce 1er décembre fait l'objet de toutes les hypothèses.

les cinq candidats à l'investiture Les Républicains pour la présidentielle, le 8 novembre 2021
les cinq candidats à l'investiture Les Républicains pour la présidentielle, le 8 novembre 2021
Crédit : bertrand GUAY / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad

Dernière ligne droite. Les militants Les Républicains sont appelés à élire leur candidat pour l'élection présidentielle à partir de ce 1er décembre et jusqu'au 4. Qui de Michel Barnier, Xavier Bertrand, Éric Ciotti, Philippe Juvin et Valérie Pécresse s'imposera dans le match ? Dans les rangs de la droite, la prudence est de mise et les pronostiques réservés aux plus téméraires.   

Un cadre du parti met en garde contre les guerres d'egos. "Il faut que tout le monde dégonfle. On est un peu dans l'hystérie. Attention à ne pas tomber dans un concours de petits chevaux", met-il en garde. Les Républicains se sont en tout cas illustrés à travers une énième guerre des barons du sud : Éric Ciotti contre le président de la région PACA Renaud Muselier. Résultats, ce dernier a annoncé son départ du parti.

Mais ce cadre LR préfère voir le verre à moitié plein en rappelant le tour de force du président du parti Christian Jacob. "Il a réussi ce que personne n'osait espérer", estime-t-il. En effet, l'organisation du congrès a été vivement critiqué mais le retour en masse des adhérents au sein des Républicains a renforcé l'enjeu de cette séquence politique. 

Ce qui n'a pas échappé aux adversaires politiques et candidats à l'élection présidentielle. Pas question de laisser le weekend politique à la droite : Éric Zemmour doit annoncer sa candidature et tenir son premier meeting de campagne, Marine Le Pen sera en Pologne. Quant à Emmanuel Macron, le 2 décembre au lendemain du premier tour du congrès, il rendra un hommage à Valéry Giscard d'Estaing, décédé l'an dernier. 

1. Michel Barnier est-il toujours le favori ?

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Valérie Pécresse résumait en août dernier les forces de chacun. "Xavier Bertrand a les sondages, Laurent Wauquiez le parti et moi, j’ai les idées", expliquait-elle. Laurent Wauquiez justement a accordé un soutien timide à Michel Barnier. "C'est un grand monsieur", disait-il à propos de l'ancien négociateur du Brexit. 

Un membre des Républicains qui s'inscrit dans la ligne de Laurent Wauquiez minimise cette phrase. "Factuellement, Michel Barnier est un grand monsieur", dit-il avec un sourire en coin en référence à la taille du candidat. Toujours est-il que Michel Barnier a eu à cœur de souligner que contrairement à Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, lui, n'a jamais quitté sa famille politique. Autre signe de son statut de favori, Michel Barnier a été au centre des attaques de ses concurrents lors du premier débat des candidats à l'investiture Les Républicains.

"Ceux qui ont abandonné Les Républicains par tactique personnelle nous ont fragilisés", a répondu Michel Barnier en ajoutant : "Je n'ai pas fait partie de ceux qui jugeaient Laurent Wauquiez trop à droite". Dans les colonnes du Monde, le député LR François Cornut-Gentille défendait le fait que Michel Barnier "coche toutes les cases", auprès des militants LR. "Les gens recherchent une figure présidentielle, il peut l’incarner", estime-t-il. Mais la place de favori est souvent la plus complexe dans une campagne : l'ancien ministre a-t-il réussi à prendre de la hauteur, sans pour autant passer à côté des débats ? C'était l'erreur commise par Alain Juppé, favori de la primaire de 2016, qui avait ainsi le champ libre à François Fillon lors des débats de la droite et du centre.

2. Xavier Bertrand bénéficiera-t-il de l'effet "vote utile" ?

"Xavier Bertrand joue le vote utile", analysait un député LR, tout en se gardant bien de prendre position pour l'un des candidat. C'est le fil conducteur de la campagne du président des Hauts-de-France qui souhaitait s'imposer auprès des Républicains comme le candidat naturel, puis le candidat des sondages

Cependant, l'ancien ministre de la Santé peine à creuser l'écart dans les enquêtes d'opinions par rapport à Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Selon un sondage Elabe pour BFMTV et L'Express, le président de la République obtiendrait entre 25 et 27% des voix, Marine Le Pen entre 20 et 22%. Quant à Eric Zemmour, le polémiste est crédité entre 12 et 15% des voix. 

Xavier Bertrand conserve une longueur d'avance sur ses adversaires du congrès, sans pour autant réussir à s'imposer au second tour de l'élection présidentielle. Le président de la région Hauts-de-France est donné à 13%, Valérie Pécresse et Michel Barnier à 9%, Eric Ciotti à 5% et Philippe Juvin à 3%. Xavier Bertrand pourrait cependant bénéficier de l'effet de ses rencontres avec Emmanuel Macron : des poignets de main tendues, des phrases piquantes... qui placent le candidat au niveau d'un présidentiable.

3. Valérie Pécresse a-t-elle fait la différence pendant les débats ?

Valérie Pécresse est engagée dans un marathon. La présidente de la région Île-de-France a misé sur les débats et s'est concentrée à rappeler sa capacité "à faire". Selon les informations du Journal du Dimanche, des tracts vont ainsi être distribués. Tirés à 200.000 exemplaires, ils détaillent sur quatre pages le programme de la candidate. L'opération est baptisée "six jours pour convaincre". A la manette, l'ancien directeur de campagne de François Fillon, Patrick Stefanini. 

Un conseiller de Valérie Pécresse, cité par L'Obs, résume ses forces : "Elle ne parle pas à la même droite qu’un Xavier Bertrand, qui s’adresse davantage à la droite populaire. Bertrand joue le rejet du président, Pécresse joue le 'ne vous y trompez pas entre l’original et la copie'".

4. Jusqu'où peut aller Éric Ciotti ?

Le premier débat a été un point de bascule dans la tête d'Eric Ciotti. Quelques semaines plus tard, il l'affirme au Figaro : "Je peux gagner ce congrès". "Ma victoire peut-être la base, autour des Républicains, d’un rassemblement de tous les électeurs de droite, comme l’avait fait Nicolas Sarkozy en 2007. Quand la droite est de droite, il n’y a pas de place pour l’extrême droite", explique-t-il. 

Au sein du parti, le seul pronostic que l'on ose faire est le suivant : "Eric Ciotti va faire un bon score". Et tant mieux, à en croire cet élu. "Cela nous évite une hémorragie de nos électeurs vers Eric Zemmour", ajoute-t-il.

Eric Ciotti détaille ainsi son plan vers l'Elysée.  "Je proposerai à Laurent Wauquiez d’être premier ministre et au-delà, dans la belle équipe que nous formerons après le congrès, je proposerai à Bruno Retailleau d’être ministre de l’Intérieur. Je ne suis pas pour une alternance, mais pour une alternative crédible et radicale".

Les questions sont encore nombreuses à quelques jours du premier tour. Comme le résume un cadre des Républicains : "C'est une élection interne. Il y a beaucoup d'éléments que nous ne maîtrisons pas. Ca se polarise entre Eric Ciotti, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand. Mais Michel Barnier a aussi un noyau dur". En résumé, tous ont leur chance et les pronostics restent encore vague.

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