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Présidentielle 2022 : en accord sur le fond, les candidats LR face à la question de l'incarnation

DÉCRYPTAGE - Les candidats au congrès Les Républicains ont-ils réussi à se différencier, alors que les points communs de leur projet sont nombreux ?

Les cinq candidats au congrès LR après le grand oral du 20 novembre 2021
Les cinq candidats au congrès LR après le grand oral du 20 novembre 2021
Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP
Marie-Pierre Haddad

Trois débats et une multitude de ressemblances. Les cinq candidats à l'investiture Les Républicains arrivent au bout du premier sprint de cette pré-campagne pour l'élection présidentielle, avec la fin des débats télévisés. Le prochain débat est prévu le 30 novembre, à la veille du premier tour du congrès.

Michel Barnier, Xavier Bertrand, Éric Ciotti, Philippe Juvin et Valérie Pécresse se sont affrontés, dans une entente de façade afin d'éviter les chicaneries et repousser le spectre de la division au sein des Républicains. Revers de cette bienveillance : un manque de clarté quant à leurs différences et les points forts des programmes de chacun.

S'il y a bien un point sur lequel ces cinq candidats parlent d'une voix, c'est celui d'apparaître rassembler. Un ténor du parti qui a déjà choisi de soutenir un candidat l'assure : "On sera tous derrière celui qui va gagner". La droite "en a marre de perdre", résume un candidat. "C'est une prise de conscience de tous les candidats : personne n'y arrivera seul. Le vrai sujet, c'est l'après-congrès et l'équipe qui va en émerger", ajoute-t-il. En attendant, les débats ont surtout mis en lumière, les projets similaires des candidats. Un élément qui ramène le congrès à une affaire d'incarnation et non pas de programme. 

Un vote d'appareil "imprévisible"

Échanges lisses, ligne commune... Pour Philippe Moreau-Chevrolet, expert en communication politique, "le souci des Républicains, c'est cette vraie fausse primaire". Contacté par RTL.fr, "deux distorsions" découlent de cette situation. La première est qu'il s'agit d'un débat public "important" car "le parti veut montrer qu'il existe toujours", qualifie l'expert, alors que seuls les militants sont appelés à désigner leur candidat. "Le vote d'appareil est imprévisible et les débats sur lesquels misent les candidats ne seront pas le seul facteur dans la décision des militants", ajoute-t-il. 

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La deuxième distorsion provoquée par l'organisation du congrès est que "les candidats sont extrêmement prudents dans leurs critiques. Ils ne veulent pas insulter l'avenir", explique Philippe Moreau-Chevrolet. C'est pourquoi l'investiture du candidat LR à l'élection présidentielle va se jouer sur l'incarnation et non pas sur le fond du projet. "Les cinq candidats sont d'accord sur le fond, mais pas sur les modalités. Ils débattent sur du détail", note l'expert en communication.

Un effet Éric Ciotti ?

Cette entente entre adversaires politiques déclenche "une prime au plus extrême", poursuit Philippe Moreau-Chevrolet. "Éric Ciotti est celui qui a le plus émergé des débats. Il s'est détaché avec ses prises de position sur l'immigration, l'économie et aussi sur Éric Zemmour. Il a fait preuve de clarté et il est relativement nouveau dans une exposition politique nationale". "Ils doivent utiliser des mots plus forts, des attaques plus fortes et présenter un réel modèle alternatif en s'affirmant et s'opposant fermement à leurs adversaires", conseille-t-il. 

C'est à croire qu'ils sont tétanisés par l'enjeu

Philippe Moreau-Chevrolet, expert en communication politique

L'expert estime que tous les efforts de joutes verbales se sont concentrés sur l'ennemi commun à ces cinq candidats : Emmanuel Macron. Les Républicains sont victimes d'une indifférence dans une danse politique menée, pour l'instant, par Emmanuel Macron et le candidat putatif Éric Zemmour. "S'ils veulent faire exister la droite, ils doivent être davantage autonomes et se différencier sans passer par Emmanuel Macron ou Éric Zemmour". 

Le polémiste a imposé ses thèmes dans la campagne présidentielle, en particulier celui de l'immigration. Sujet qui a été une partie centrale des débats télévisés. "C'est à croire qu'ils sont tétanisés par l'enjeu", poursuit-il. Ce défi est d'ailleurs cornélien : "Se positionner contre Emmanuel Macron, c'est insulter l'avenir. Se positionner contre Éric Zemmour, c'est insulter ses électeurs. C'est injouable", analyse Philippe Moreau-Chevrolet.

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