3 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : il faut quand même décider, se résout Olivier Mazerolle

LETTRE DE CAMPAGNE - À six jours du premier tour de la présidentielle, l'éditorialiste analyse la campagne de chaque candidat.

Les 11 candidats à la présidentielle 2017
Les 11 candidats à la présidentielle 2017 Crédit : AFP et Montage RTLNET
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Olivier Mazerolle Journaliste RTL

Dans une semaine, déjà, on vote. Avec le curieux sentiment que, pourtant, la campagne n'a pas réellement commencé. Qu'en retenir, au fond ? Nous avons appris que Pénélope pouvait être un prénom contemporain. Que Jean-Luc Mélenchon est en mesure de se dédoubler. Que Philippe Poutou porte le polo. Que Jacques Cheminade, tel Joséphine Ange gardien, alias Mimie Mathy, est capable de faire surgir 5 millions d'emplois d'un claquement de doigts. Que François Asselineau récite les articles de la Constitution comme un adjudant-chef claironne les articles du code militaire. Que Nicolas Dupont-Aignan accomplit des longueurs de bassin pour garder la forme. Que Nathalie Arthaud veut ouvrir au peuple les portes de l'Élysée. Que Benoît Hamon se révèle dans la tempête aussi imperturbable que le granit de sa Bretagne natale. Qu'Emmanuel Macron est un supporter de l'OM. Que Marine Le Pen a une arrière grand-mère copte. Que le phrasé de Jean Lassale emprunte le débit impétueux des torrents de montagne, ce qui le rend incompréhensible.

Des propositions ont été formulées. Mais rien n'y a fait. La mode de la dérision a enseveli le débat politique. La colère, l'émotion, la larme furtive, le rire sardonique ont tout balayé sur leur passage. Égarés par la confusion ambiante, plus de la moitié des Français ne savent pas encore pour qui voter ou bien envisagent de s'abstenir. Soit qu'aucun candidat ne leur donne satisfaction, soit qu'ils estiment que la politique n'a plus d'incidence sur leur vie.

L'heure du choix

Et pourtant, il faut bien se décider.  En revenir aux principes de base. Le vote à la présidentielle a des conséquences. Les électeurs de gauche en ont fait la cruelle expérience en 2002. Dimanche soir, les deux finalistes auront été désignés. Après 20 heures, il sera trop tard et, encore plus, inutile d'exprimer un repentir. Ils sont quatre candidats en lice pour la qualification. Aucun n'est parfait, pas plus que chacun d'entre nous. Mais, que ce soit par adhésion ou faute de mieux, il faut choisir.

Emmanuel Macron est un jeune européen, pragmatique, qui ne veut pas ramer à contre-courant, résolu à affronter le monde avec optimisme mais qui a l'ambition de ne pas abandonner les plus démunis. Cependant, il n'est pas certain que son équipage hétéroclite parvienne à maintenir sa cohésion une fois passés les temps heureux des premiers mois. Marine Le Pen brandit le drapeau tricolore, cultive l'identité française, quitte à la romancer, et suggère que la France se comporte comme à l'époque de Charles Martel face à la progression musulmane. Le retrait de l'Europe qu'elle propose pourrait entraîner les conséquences économiques que les isolationnistes ont subi sous toutes les latitudes.

"Aucun candidat n'est parfait"

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Jean-Luc Mélenchon, partageux sincère, a recyclé les leçons chrétiennes apprises quand il était gamin dans la doctrine marxiste égalitariste. Cultivé, pétri de références historiques, il sait habiller avec un discours humain et intelligent une exigence monacale dont la vertu administrée conduit souvent à de redoutables excès. François Fillon se présente comme le Général De Gaulle à son retour au pouvoir, avec le projet d'une France qui préserve sa souveraineté au cœur du dispositif européen et un programme économique libéral. Comme son glorieux modèle, il pourrait buter sur les revendications émancipatrices d'une société sur laquelle il porte un regard conservateur.

Benoît Hamon ne peut guère plus espérer que franchir, cette fois dans le bon sens, la barre des 10% pour tenter, après la présidentielle, d'occuper la place de leader du PS "courant historique". Quant aux autres candidats, valeureux, sympathiques ou fumeux, ils ne peuvent servir qu'à combler un désir d'évasion ou, suivant leur orientation, à hâter la défaite de l'un des quatre. Comme toujours en démocratie, les électeurs vont décider. Espérons qu'ils ne seront pas trop nombreux à regretter leur attitude.

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