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"Animaux", Malouines, main de Dieu de Maradona et rédemption de Beckham : pourquoi Angleterre-Argentine est déjà un morceau d'histoire de la Coupe du monde

Opposés pour la sixième fois à la Coupe du monde, l'Angleterre et l'Argentine se disputent le second ticket pour rejoindre l'Espagne en finale, mercredi 15 juillet à Atlanta.

David Beckham en 2002, Harry Kane et Lionel Messi en 2026 et Diego Maradona en 1986 à la Coupe du monde.

Crédit : AFP

Gabriel Joly

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Si la première demi-finale entre la France et l'Espagne (0-2) s'annonçait comme le choc du jeu avant de décevoir côté Bleus, celle opposant l'Angleterre à l'Argentine, mercredi 15 juillet au Mercedes-Benz Stadium d'Atlanta (21h, diffusé en direct sur M6 et M6+) est incontestablement celle où l'empreinte historique est la plus prégnante, avec un rivalité déjà légendaire.

Avant leur sixième confrontation au Mondial, les deux géants qui ne se sont plus affrontés depuis 2005 ont réveillé le passif hérité de la guerre des Malouines, ce petit archipel britannique au large de l'Amérique du Sud revendiqué par Buenos Aires et qui a donné lieu à une guerre entre les deux pays en 1982, durant laquelle 649 militaires argentins, 255 du Royaume-Uni et trois civils ont perdu la vie en 74 jours.

"Je veux voir la quatrième étoile briller sur le maillot. Je suis Argentin du berceau jusqu'à la tombe. Pour les Malouines, pour Diego, pour la dernière de Léo. Argentine, je veux te voir championne une deuxième fois de suite", chantaient d'ailleurs les partenaires de Messi après leurs qualifications difficiles contre l'Égypte (3-2) et la Suisse (3-1 a.p.) lors des deux derniers tours, en référence notamment au conflit, dans des images relayées par la Fédération sur les réseaux sociaux.

Se projetant sur la demi-finale, le sélectionneur Lionel Scaloni a toutefois vite désamorcé, samedi : "C'est un match de football, rien d'autre, c'est le message que je veux véhiculer. Je le répète, ce n'est qu'un match de football, rien de plus, point final". Et ce, alors que la sécurité dans l'État de Géorgie a été renforcée à l'approche de la rencontre face au risque de tensions entre les supporters notamment.

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"De toute évidence, en dehors des quatre lignes du terrain, c'est une confrontation chargée d'histoire, de souffrance et d'enjeux. Mais nous sommes des professionnels, nous allons jouer comme à chaque match, jusqu'à la toute dernière seconde, en donnant tout", a complété l'attaquant remplaçant José Manuel Lopez.

L'empreinte de Maradona sur l'affiche

Il faut dire que la rivalité a eu le temps de s'installer. Si les deux sélections ont croisé le fer sans faire de vague au Chili lors des poules de l'édition 1962 (3-1 pour l'Angleterre), le remake quatre ans plus tard en quarts à Wembley a laissé des traces, les joueurs de l'Albiceleste arguant que le seul but marqué par Geoff Hurst - futur héros avec un triplé en finale - était hors-jeu.

Mais la partie s'était déjà envenimée avec l'expulsion dans la confusion du capitaine argentin Antonio Rattin, décédé samedi et qui avait alors froissé l'Union Jack flottant sur le poteau de corner. Un incident qui a conduit à l'introduction du système de cartons jaunes et rouges encore inexistant à l'époque, quand le sélectionneur anglais, Alf Ramsey, avait qualifiait ses adversaires d'"animaux" au vu de leur manque de fair-play ce jour-là.

Deux décennies plus tard, les Argentins ont toutefois pris leur revanche dans le mythique Azteca de Mexico (2-1). Les Malouines dans toutes les têtes, Diego Maradona y a écrit sa légende en trois minutes. Inscrivant coup sur coup, deux des buts les plus iconiques de l'histoire de ce sport : la "main de Dieu" avec un coup de poing pour pousser le ballon au fond des filets de Peter Shilton, dans un moment de tricherie géniale, tel un pied de nez, avant de plier le match avec le "but du siècle", dribblant la moitié de l'équipe anglaise depuis sa moitié de terrain.

Ce n'est pas pour rien que l'Argentine a symboliquement demandé de jouer avec sa tenue extérieure bleue mercredi, comme elle l'avait déjà fait en 1986. 

Beckham, acteur incontournable des dernières batailles

Les escarmouches auraient pu s'arrêter là, mais en 1998, lors d'un huitième dans le Chaudron de Saint-Étienne, David Beckham a lui aussi subi le vice et la malice argentine de Diego Simeone, l'actuel coach de l'Atlético de Madrid, dont le fils Giuliano fait partie de la sélection de Scaloni.

Un coup de pied au sol et une réaction amplifiée du "Cholo", ayant conduit le numéro 7 à un carton rouge que tout son pays lui reprocha, et les siens à une élimination prématurée (2-2, 4-3 t.a.b.). Et ce, avant sa rédemption en 2002 du côté de Sapporo grâce à un pénalty vainqueur (1-0), qui aura compté dans l'une des rares sorties de l'Argentine dès le premier tour du tournoi.

À Atlanta, l'Albiceleste et les Three Lions ont l'occasion d'écrire un nouveau chapitre de cette rivalité intense, au moment où les théories complotistes autour d'un prétendu favoritisme de la Fifa en faveur des champions en titre ont fleuri ces derniers jours.

"Jouer contre l'Angleterre sera un moment particulier ! Ce sera ma première fois contre eux. J'ai joué face à presque toutes les équipes, sauf la leur. C'est toujours excitant d'affronter des adversaires de ce calibre", a lancé Lionel Messi, 8 buts au compteur, avant ce rendez-vous au sommet. Reste à savoir qui de lui ou du duo Harry Kane-Jude Bellingham (six réalisations chacun), précieux face au Mexique (3-2) et la Norvège (2-1 a.p.), aura le plus beau rôle pour hisser les siens en finale.


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