2 min de lecture 1er mai

Pitié-Salpétrière : "Pas la première fois que Castaner parle trop vite", souligne Olivier Bost

ÉDITO - Le ministre de l’Intérieur, qui a accusé des manifestants d’avoir "attaqué" l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière en marge des manifestations du 1er mai, se retrouve dans la tourmente.

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Castaner : "Pas la première fois qu'il parle trop vite" souligne Olivier Bost Crédit Image : ERIC FEFERBERG / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Quentin Marchal

Christophe Castaner a visiblement un peu sur-réagi concernant l'intrusion de manifestants à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, ce mercredi 1er mai. Le soir même, le ministre de l'Intérieur a convoqué la presse à 19 heures 50 et parle "d'attaque de l'établissement" par des manifestants, de "personnel soignant agressé" et d'un "policier blessé" pour les protéger.

Le directeur général des hôpitaux de Paris évoque aussi dans la soirée une tentative d'intrusion violente par une bande de casseurs dans le service de réanimation, un service évidemment sensible de l'hôpital.Tout cela n'a pas manqué de choquer une partie de l'opinion publique sauf que cette version des faits est désormais largement remise en cause.

Plusieurs vidéos montrent une version toute autre que celle du ministre ou du directeur des hôpitaux de Paris. On y voit des manifestants courir partout, quelques "gilets jaunes" et des retraités notamment mais aucun "blacks blocs". Tous sont en train de fuir les forces de l'ordre qui sont arrivés par deux issues dans l'enceinte de l’hôpital. Il n'y a pas de dégradations visibles ni aucun signe de violence.

L'opposition monte au front

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Les témoignages de soignants et de personnels de l'hôpital contredisent allègrement la version de Christophe Castaner. La ministre de la santé, Agnès Buzyn s'est quant à elle montrée très vite beaucoup plus prudenteÉdouard Philippe, le Premier ministre, s'est contenté de dénoncé une intrusion sans parler d'attaque.

Ce qui n'était qu'un emballement est en train de devenir une affaire politique. Le premier à attaquer, comme souvent sur ce sujet, a été Jean-Luc Mélenchon, toujours critique sur le travail des CRS et les ordres qui leur sont donnés. Le député de la France Insoumise, Adrien Quattenens, demande quant à lui la démission du ministre de l'Intérieur

Bruno Retailleau, le patron des Républicains au Sénat, a demandé à Christophe Castaner de s'expliquer sur ses déclarations démenties par les faits : "Le ministre de l'Intérieur doit cesser de mettre de l'huile sur le feu", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

Un air de déjà-vu

Les mots et les expressions du premier policier de France ne sont pas toujours bien choisis. Or, pour incarner l'autorité naturelle d'un ministre de l'intérieur, il faut qu'il soit précis et exact : cela va avec la fonction. Il ne s'agit pas seulement de sa crédibilité mais de celles des forces de l'ordre dans leur globalité.

Ce n'est pas la première fois qu'il parle trop vite, ou à contre-temps. Depuis des mois, il donne l'impression à chaque fois de subir les événements. Chaque veille de manifestations, par exemple, il explique qu'il redoute des violences. Avant un samedi de "gilets jaunes", il s'est dit "inquiet, mais serein", dans la même phrase

Alors si en plus il se met a en rajouter et qu'il parle "d'attaque" à tort, cela ne va pas aider à calmer la situation. Qu'il soit solidaire avec les forces de l'ordre, qui sont sous sa responsabilité, c'est tout à fait normal mais qu'il en arrive à exploiter, trop vite, des événement et des informations non vérifiées, c'est très embêtant. Parce que même pour le maintien de l'ordre, c'est à dire pour sa responsabilité, cela s'avère contre-productif

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Pitié-Salpétrière : "Pas la première fois que Castaner parle trop vite", souligne Olivier Bost
Pitié-Salpétrière : "Pas la première fois que Castaner parle trop vite", souligne Olivier Bost
ÉDITO - Le ministre de l’Intérieur, qui a accusé des manifestants d’avoir "attaqué" l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière en marge des manifestations du 1er mai, se retrouve dans la tourmente.
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2019-05-03 08:24:00
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