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Manifestation de policiers : Éric Dupond-Moretti au centre des critiques

DÉCRYPTAGE - Les critiques des policiers qui ont manifesté le 19 mai concernaient principalement le ministre de la Justice. Une situation délicate puisque son collègue de l'Intérieur s'était rendu au rassemblement pour soutenir les forces de l'ordre.

Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti, le 28 avril 2021
Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti, le 28 avril 2021
Crédit : GONZALO FUENTES / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste

La nouvelle de la participation de Gérald Darmanin à la manifestation des policiers organisée le 19 mai a secoué la classe politique. Mais finalement, une fois le rassemblement passé, c'est un grand absent qui a été au cœur des revendications des forces de l'ordre : Éric Dupond-Moretti.

Pour le secrétaire général du syndicat Alliance, Fabien Vanhemelryck, "le problème de la police, c'est la justice !"Le ministre de la Justice a été hué par les manifestants qui veulent une réponse pénale plus forte pour les agresseurs de policiers. Ils ont notamment demandé la mise en place de peines planchers. 

Le garde des Sceaux a répondu aux attaques faites à son encontre à l'Assemblée nationale. "Je ne suis pas un idéologue ni un dogmatique. Si je pensais que les peines planchers étaient susceptibles de faire baisser la délinquance, j'irais des deux mains et des deux pieds", a lancé Éric Dupond-Moretti. Mais "nous les avons expérimentées, grâce ou à cause de vous" la droite, et "elles n'ont pas marché", a-t-il ajouté. 

Une cohabitation délicate avec Darmanin ?

Éric Dupond-Moretti a répliqué face à ses détracteurs dont faisait partie le député Les Républicains des Alpes-Maritimes Éric Ciotti : "En tant que citoyen, j'aurais pu me retrouver dans cette manifestation pour apporter mon soutien aux services de police (...) Ce qui me semble en revanche dangereux pour notre démocratie, c'est que l'on oppose en permanence et à des fins électoralistes, et avec un certain cynisme, la justice et la police. Policiers et magistrats sont dans la même barque", a-t-il insisté. 

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Cette situation vient une nouvelle fois mettre en lumière la cohabitation délicate entre le ministre de la Justice et son collègue du ministère de l'Intérieur Gérald Darmanin. Selon l'éditorialiste politique à RTL Olivier Bost, le patron de la place Beauvau "a fait un coup", en se rendant à la manifestation des policiers.

"Il a fait corps avec ses fonctionnaires comme ne devrait pas le faire un ministre. Par sa présence, il se lie à leurs revendications alors qu’il est là pour arbitrer et les diriger", explique-t-il. 

Deux lignes contraires sur "l'ensauvagement" de la société

Les deux hommes politiques avaient déjà affiché leurs divergences en septembre dernier 2020, soit deux mois après leurs nominations au sein du gouvernement de Jean Castex. Gérald Darmanin s'était alors prononcé sur "l'ensauvagement d'une minorité de la société". Un terme employé par Marine Le Pen

En réponse, le ministre fraîchement nommé à la Justice avait indiqué que "l'ensauvagement, est un mot qui (...) développe le sentiment d'insécurité". Or "pire que l'insécurité, il y a le sentiment d'insécurité" qui est "de l'ordre du fantasme" et est nourri par "les difficultés économiques" et "certains médias", selon lui. La passe d'armes ne s'était pas arrêtée là. Gérald Darmanin lui avait à son tour répondu, en maintenant ses propos. "On peut utiliser des mots différents. Personnellement, j'utilise le mot d'ensauvagement et je le réitère", avait-il déclaré. La fin de la récréation avait dû être sonnée par Jean Castex qui ne souhaitait pas "trancher des débats sémantiques". 
Mais hors de question pour les deux poids lourds du gouvernement d'apparaître en opposition frontale l'un avec l'autre. Ils soignent aussi une certaine entente. Notamment pour les élections régionales. Éric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin figurent tous les deux sur la liste La République En Marche menée par Laurent Pietraszewski dans les Hauts-de-France. Deux atouts dont Emmanuel Macron ne peut, pour l'instant, pas se passer.

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