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Loi sécurité globale : Gérald Darmanin lâché par Emmanuel Macron et Jean Castex

ÉDITO - À vouloir trop en faire et trop vite avec sa loi "sécurité globale", le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a perdu le soutien d’Emmanuel Macron et de Jean Castex.

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Loi sécurité globale : Gérald Darmanin lâché par Emmanuel Macron et Jean Castex Crédit Image : Ludovic MARIN / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par La rédaction numérique de RTL

C’est l’histoire d’un ratage assez classique, avec des ingrédients connus : des motivations un peu vagues, des arguments douteux, une mobilisation des défenseurs des libertés et une majorité qui veut exister.

Pour ne rien arranger, Gérald Darmanin s’est retrouvé seul dans son aventure. Il n’a pas été soutenu, ni par l’Élysée ni par Matignon. Le président de la République comme le Premier ministre se sont inquiétés assez tôt dans la semaine de la tournure des débats.

D’ailleurs, les entourages de l’un et de l’autre renvoyaient vers le ministère de l’Intérieur à la moindre question. "C’est le problème de Darmanin." Ce n’est jamais bon signe pour un ministre !

Le symbole d'un recul des libertés

Et pour être plus précis, c’est le problème des promesses qu’a fait Gérald Darmanin aux syndicats de policiers. À la base, c’était une loi très technique sur la police municipale et la sécurité privée, et c’est devenu le réceptacle de toutes les demandes corporatistes des syndicats de police, m’a résumé un conseiller.

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La loi est surtout devenue le symbole d’un recul des libertés : celle d’informer mais pas seulement, puisqu’elle autorise l’utilisation de drones pour surveiller l’espace public. La loi est devenue un problème… comme si nous n’avions pas suffisamment de problèmes en ce moment !

Gérald Darmanin a donc fait une erreur d’appréciation. Dire : protéger ceux qui nous protègent, personne ne peut être contre. Mais il en a rajouté. Il a parlé de l’obligation de flouter les policiers sur les vidéos, alors que ce n’était pas dans le texte.

Il a aussi donné l’exemple du couple de policiers atrocement tué devant leur enfant à Magnanville. Mais cet acte terroriste n’a rien à voir avec les réseaux sociaux. Quand le point de départ n’est pas bon, le point d’arrivée est souvent compliqué.

Des protections contre la haine existent déjà

Ensuite, la dernière victime des réseaux sociaux, une victime directe, n’était pas policier. C’est un professeur, Samuel Paty, qui a été décapité. La dernière personne qui a dû déménager et qui a été placée sous protection après une campagne sur les réseaux sociaux, n’est pas policière, elle est collégienne. C’est Mila, qui s’était moquée du prophète Mahomet.

Ça ne veut pas dire que des policiers ne deviennent pas des cibles sur internet ou qu’ils ne sont pas victimes de violences. Ils méritent d’être protégés, bien entendu. Mais il se trouve que ces protections contre la haine sur les réseaux sociaux existent déjà et qu’elles seront encore renforcées, pour tout le monde, dans la loi contre le séparatisme. Qui s’appelle désormais loi de défense des valeurs républicaines et sera présentée dans moins de trois semaines.

À trop en faire, Gérald Darmanin est obligé de réécrire aujourd’hui l’article le plus décrié de son projet de loi pour tenter de convaincre une majorité devenue réticente. Car nous sommes passés en quelques jours à peine de la sécurité globale à l’incompréhension totale.

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