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Coronavirus : à l'heure du vaccin, les Français réticents au progrès ?

ÉDITO - Selon une récente étude, à peine plus d'un Français sur deux compte se faire vacciner. Des chiffres qui en disent long sur la méfiance des Français envers le vaccin et plus généralement, le progrès.

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Coronavirus : à l'heure du vaccin, les Français sont-ils réticents au progrès ? Crédit Image : JOEL SAGET / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Venantia Petillault

Parmi les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie, l’Angleterre, nous sommes le pays le plus réticent et de loin à l’idée de se vacciner contre la Covid.  C’est une étude Kantar fort instructive, réalisée dans tous ces pays qui révèle ces chiffres. À peine plus d’un Français sur deux compte se faire vacciner. Quand près de 8 Italiens sur 10 ont l’intention de le faire.

Plus que partout ailleurs en France nous sommes méfiants par nature. Nous ne faisons pas confiance à la science, aux experts, à nos autorités…Nous avons aussi un rapport singulier avec le progrès.

Nous pouvons faire le parallèle avec la défiance envers nos élites. Tout ce qui vient d’en haut est suspect. Nous préférons croire à notre bon sens ou parfois à un expert autoproclamé sur Youtube plutôt que ce que raconte un spécialiste ou un journaliste. Cela va de pair avec la confiance dans les médias bien sur où là, nous nous situons en dessous de la Hongrie.

Voilà nos références…Et il ne faut pas oublier dans ce sombre tableau un passé un peu lourd, du sang contaminé à l’amiante jusqu’au médiator et au port du masque. Ces affaires ou ces mensonges ont bien sur participé à la construction d’une défiance bien française.

Les Français réticents au progrès ?

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C’est plus compliqué, nous ne refusons pas le progrès, nous craignons les effets cachés du progrès. Qu’on ne nous dira pas s’il y a des effets secondaires, des dégâts collatéraux, qu’il n’y a pas de transparence. C’est l’histoire de la 5G. C’est plus globalement une part de l’histoire de l’écologie politique qui s’est construite sur ces effets néfastes du progrès. La chimie qui provoque des cancers, la chimie qui détruit la biodiversité... Tout cela est réel, vérifié, mais nous rend méfiant.

Dans le cas du vaccin contre le coronavirus c’est le même mécanisme de rejet. Nous craignons que les labos aillent trop vites, que le vaccin ne soit pas suffisamment sûr. En fait, nous refusons le principe du bénéfice/risque : un principe qui concerne n’importe quel acte médical, n’importe quel médicament mais qui reste mal compris. Quand un traitement est fiable à 99,4% nous ne retenons pas ce chiffre, mais les 0,6% où ça ne marche pas. Cette aversion au risque ou la volonté d’un risque zéro est bien une spécificité française.

C’est la même chose pour notre sécurité, pour nos emplois, pour notre épargne. Nous ne voulons prendre aucun risque, ça dépasse largement la question du vaccin. Jusqu’à prendre des risques, de vrais risques pour notre santé…

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