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Islamisme radical : "Le pouvoir est indéniablement entré en guerre", estime Guillaume Roquette

DÉBAT - Nicolas Domenach et Guillaume Roquette constatent les actions du gouvernement en matière de lutte contre le terrorisme, mais regrettent parfois les méthodes utilisées.

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Islamisme radical : "le pouvoir est indéniablement entré en guerre", estime Guillaume Roquette Crédit Image : FRANCOIS LO PRESTI / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Yves Calvi édité par Florine Boukhelifa

Emmanuel Macron est-il vraiment en guerre contre l'islamisme ? Quelques semaines après son grand discours sur le séparatisme islamique, le président de la République a été de nouveau confronté à l'ignominie avec l'assassinat du professeur Samuel Paty. Emmanuel Macron a déclaré "ils ne passeront pas", malheureusement la formule ne lui donne pas raison.

Cependant, "le pouvoir exécutif est indéniablement entré en guerre", estime Guillaume Roquette. Le directeur de la rédaction du Figaro constate également des décisions "concrètes" annoncées par le ministre de l'Intérieur. Parmi lesquelles, l'expulsion d'étrangers radicalisés, la fermeture de la mosquée de Pantin ou encore la dissolution d'associations.

"Je vois deux problèmes car la France est un État de droit, donc le pouvoir exécutif ne décide pas de tout", poursuit-il. Guillaume Roquette met en cause la censure possiblement exercée par le Conseil constitutionnel sur des mesures comme l'assignation à résidence dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et l'acceptation incertaine de la dissolution des associations par le justice. Il nomme également la Cour nationale du droit d'asile et l'attribution du statut de réfugié à des personnages comme le meurtrier de Samuel Paty.

La nécessité des actes avant les mots

Une mobilisation du gouvernement également constatée par Nicolas Domenach. Le chroniqueur du magazine Challenges s'interroge néanmoins sur la méthode utilisée. Il déplore notamment quelques phrases malheureuses, comme la sortie de Gérald Darmanin sur les rayons halal et casher. "Il est ministre de l'Intérieur, ses sentiments personnels ne m'intéressent pas, en revanche son action, oui", explique-t-il.

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Revenant sur l'une des mesures annoncées, l'expulsion d'étrangers radicalisés, Nicolas Domenach note qu'il ne s'agit que de paroles : "quand on sait que les accords avec les pays étrangers n'ont pas été signés", celle-ci sera difficilement applicable. "Il faut faire les choses et ensuite seulement communiquer." 

Guillaume Roquette estime "qu'il faudra aussi revenir sur un certain nombre de traités (…) qui nous lient les mains". Il prend l'exemple de la Cour européenne des droits de l'Homme qui "entrave assez régulièrement la France dans sa volonté politique." Le directeur de publication du Figaro dénonce également la complaisance envers l'islamisme radical à "tellement de niveaux de l'État, depuis tellement longtemps". Il est aussitôt repris par Nicolas Domenach qui tient à lui rappeler "le nombre d'élus de droite qui ont aussi fait preuve de complaisance."

La lutte contre l'islamisme, enjeu essentiel de l'élection présidentielle ?

Interrogé par le journal Le Monde, un ministre proche d'Emmanuel Macron assurait que l'élection présidentielle se joue désormais sur le terrain de la lutte contre l'islamisme radical. Selon lui, si le président n'est pas efficace dans le domaine, Marine Le Pen sera celle qui passera au second tour en 2022.

Pour Nicolas Domenach, "l'enjeu sera très important, mais pas forcément de la façon dont on l'imagine aujourd'hui." Il remarque que l'offensive sur ces questions sécuritaires "est surtout du fait de la droite républicaine et de Xavier Bertrand. " Si Marine Le Pen "a mis la pédale douce, la droite est très mobilisée sur le sujet." Selon lui, l'objectif de Xavier Bertrand est de battre Marine Le Pen dès le premier tour.

"Je pense que la discrétion de Marine Le Pen est due au fait qu'elle est persuadée que le gouvernement ne va pas y arriver", affirme Guillaume Roquette. Ainsi, la présidente du Rassemblement national pourra revenir et "dire dans quelques mois que rien ne s'est passé."

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