4 min de lecture Gérard Collomb

Gérard Collomb : un mois après sa démission, que fait l'ancien ministre ?

ÉCLAIRAGE - Gérard Collomb a quitté avec fracas le gouvernement d'Édouard Philippe le 2 octobre dernier, pour se consacrer à la campagne des municipales de 2020 à Lyon.

Gérard Collomb, le 17 octobre 2018
Gérard Collomb, le 17 octobre 2018 Crédit : ROMAIN LAFABREGUE / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

L'effet papillon. Il y a un mois jour pour jour, Gérard Collomb a pris une décision qui a eu de nombreux impacts dans la vie politique. En maintenant sa démission, alors qu'Emmanuel Macron l'avait, dans un premier temps, refusée, le ministre de l'Intérieur a quitté le gouvernement avec fracas et entraîné un remaniement et indirectement des élections pour la tête de La République En Marche.

En effet, son successeur, Christophe Castaner, a démissionné de son poste de délégué général du parti, ouvrant la voie à une campagne en interne.

La démission du bras droit d'Emmanuel Macron, cumulé à l'affaire Benalla, et au départ de Nicolas Hulot aura eu pour conséquence d'engager une baisse de la cote de popularité du président de la République. Fin septembre, elle tombait même à 28% de sondés satisfaits de son action, un niveau inférieur à celui enregistré par ses deux prédécesseurs au même moment de leur mandat : Nicolas Sarkozy (39% de "satisfaits") et François Hollande (29%), selon Opinionway. 

Du terrain

Et Gérard Collomb dans tout ceci ? L'ancien ministre est retourné faire campagne à Lyon, en vue des élections municipales. Il a retrouvé, le 5 novembre, sans surprise son fauteuil de maire de Lyon, sa majorité s'effritant toutefois alors que son retour précipité pour préparer les élections de 2020 est critiqué. 

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Gérard Collomb a obtenu 41 voix contre 8 à son unique concurrent, le maire centriste du 2e arrondissement Denis Broliquier. Soit sept de moins par rapport à sa précédente élection en 2014. Sur 73 conseillers municipaux, 14 n'ont pas pris part au vote - 13 se sont abstenus sur place et un était absent. Et parmi les 59 votants, 10 ont déposé dans l'urne un bulletin blanc.

Comme l'atteste son compte Twitter, l'ancien maire de la ville multiplie les déplacements avec les élus sur le terrain. Début octobre, il déclarait vouloir constituer une liste "plurielle et ouverte". "Elle comprendra bien évidemment des marcheurs mais aussi des militants du MoDem dans un rassemblement vaste qui ira de personnalités de gauche à des personnalités de centre droit, ajoutait-il. Même si la campagne officielle pour les municipales n'est pas encore lancée, Gérard Collomb a décidé d'axer la sienne sur l'écologie et les enjeux de santé. 

"Quand on voit Pékin où l’on ne voit plus le ciel, qui est une ville où les enfants étaient confinés dans une chambre pendant plusieurs jours, il est temps de se saisir du problème à bras-le-corps. Nous avons des défis à relever sur ce qui tourne autour des problèmes de santé, de la qualité de l’air", expliquait-il comme le rapporte 20Minutes.

Une discrétion vis-à-vis des médias

Discret dans les médias, Gérard Collomb continue cependant à faire parler de lui. Valeurs Actuelles a dévoilé une conversation en privé entre un journaliste et celui qui est encore à l'époque ministre de l'Intérieur. L'échange remonterait au 13 février dernier, "dans une antichambre de la préfecture du Loiret". 

"C'est très inquiétant. Ce que je lis tous les matins dans les notes de police reflète une situation très pessimiste. Les rapports entre les gens sont très durs, les gens ne veulent pas vivre ensemble...", aurait-il dit. Ce à quoi le journaliste de Valeurs Actuelles aurait répondu : "Quelle est la part de responsabilité de l'immigration ?". 

Réponse de Gérard Collomb : "Énorme. C'est pour ça qu'avec Emmanuel Macron nous avons voulu faire changer la loi", en référence à la loi Asile et immigration qui avait provoqué plusieurs polémiques et contestations, jusque dans les rangs de la majorité à l'Assemblée nationale

Une baisse de sa popularité

Selon Lyon Capitale, l'arrivée de Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur "amorce définitivement un basculement" de sa popularité sur les réseaux sociaux. "Les interactions sont désormais nationales, essentiellement négatives. Les moqueries se font plus fortes, et la bienveillance d'autrefois définitivement balayées. De maire d'une métropole de province, Gérard Collomb est passé à personnalité politique médiatique touchant une audience plus large. Diluée, sa base lyonnaise se fait de plus en plus faible pour finir par disparaître". 

Gérard Collomb peut "néanmoins s'enorgueillir d'avoir laissé ses adversaires locaux loin derrière en matière de communauté. Quand il caracole en tête avec ses 150.000 abonnés sur Twitter et 84.724 sur Facebook, Étienne Blanc (LR) est respectivement à 4.832 et 4.632", souligne Lyon Capitale.

Depuis son départ du gouvernement d'Édouard Philippe, la cote de popularité de Gérard Collomb connaît une baisse. Selon un sondage Harris Interactive, publié mercredi 31 octobre, le candidat à la mairie de Lyon perd 9 points. Sa cote de popularité est à 19%.

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