8 min de lecture 14 juillet

Fête nationale, masques, impôts... Les 9 points à retenir de l'interview de Macron

ÉCLAIRAGE - Le chef de l'État a notamment mis en garde contre une épidémie de coronavirus qui "repart un peu", en affirmant "nous serons prêts" avec des "stocks et des approvisionnements sécurisés".

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Fête nationale, masques, impôts... Les 9 points à retenir de l'interview de Macron Crédit Image : Stefano RELLANDINI / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Après avoir présidé une cérémonie du 14-Juillet au format réduit, honorant la mobilisation des armées et du monde soignant contre le coronavirus, Emmanuel Macron s'est prêté à une longue interview consacrée au plan de relance prévu pour soutenir une économie française durement frappée par l'épidémie. 

Depuis l'Élyséele chef de l'État a détaillé son programme à venir, juste après avoir changé de premier ministre et une partie du gouvernement. À la question sur un éventuel virage à droite de sa politique, Emmanuel Macron a indiqué être "radicalement en désaccord" avec cette idée. 

"Je crois au dépassement politique", a martelé le chef de l'État, en faisant valoir qu'il y a dans le gouvernement des personnalités issues "de ce qui était la droite de notre champ politique (...) comme de la gauche, et à peu près autant d'un côté que de l'autre". 

1. Changer "de chemin", mais pas de cap

Comment expliquer le niveau de détestation et les sévères critiques à l'encontre d'Emmanuel Macron ? Le principal intéressé a estimé "comprendre" certaines réactions. "J'ai sans doute laissé paraître quelque chose que je ne crois pas être profondément, mais que les gens se sont mis à détester", a expliqué le président de la République. 

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Il pose le constat que la France "au fond a peur", tout en regrettant "une crise de confiance". "Les gens se sont mis à détester ce président qui voudrait tout réformer pour que ce ne soit que les meilleurs qui puissent réussir", "ça n'est pas mon projet mais le jeu des maladresses, parfois des phrases sorties de leur contexte"

Mais quel est donc son projet à 600 jours de la fin de son quinquennat ? Défendant les mesures et réformées lancées ces trois dernières années, Emmanuel Macron a indiqué que "le projet n'est pas de changer de cap, ou de destination finale" mais de "changer de chemin pour y arriver".

2. Macron souhaite rendre le masque "obligatoire" dans les lieux publics clos

La prise de position était attendue. Emmanuel Macron souhaite que le port du masque soit "obligatoire dans tous les lieux publics clos". Le président de la République a mis en garde contre un relâchement dans le respect des gestes barrières et des règles de distanciations physiques. Mais il reconnaît qu'il existe "des signes" que l'épidémie "repart un peu"

Il a averti qu'il "y a des indices (que) ça ré-accélère, nous avons des signes que ça repart quand même un peu", par exemple le taux de contamination par personne infectée récemment repassé légèrement au dessus de 1 (une personne infectée contamine plus d'une autre personne, donc l'épidémie augmente, ndlr)

"On le fait dans les transports, ça marche très bien, mais c'est un peu erratique dans les lieux publics clos (...) ça veut dire qu'il faut que les choses s'organisent", a souligné lors d'un entretien Emmanuel Macron. Il a ensuite "recommandé à tous nos concitoyens de porter le masque au maximum quand ils sont dehors et, a fortiori, quand ils sont dans un lieu clos". 

3. La France "prête" en cas de deuxième vague de coronavirus

Rappelant que "la meilleure prévention c'est les gestes barrières", le président de la République a assuré : "Nous serons prêts" en cas de survenue d'une éventuelle deuxième vague

"Nous avons à la fois les stocks et les approvisionnements qui sont sécurisés et nous avons l'organisation au plus près du terrain, qui permettrait de faire face à une recrudescence, si elle était là".  En revanche, d'éventuels nouveaux confinements se feraient localement a-t-il assuré, avec pour consigne "d'isoler le plus localement possible et donc le plus vite possible". 

4. La rentrée des classes sera "quasi normale"

Qu'en est-il de la rentrée de septembre ? Elle se fera pour les 12 millions d'élèves français de façon "quasi normale". La rentrée sera "la plus normale possible", a insisté le président, mais "évidemment", a-t-il précisé, "s'il y avait une accélération (du virus) pendant le mois d'août, on sera amené à revoir cette rentrée. Ça n'est pas ce que je souhaite, si on fait bien les choses nous aurons une rentrée des classes un peu différente, encore plus exigeante". 

Le ministère de l'Éducation a publié, le 12 juillet, une circulaire pour encadrer la rentrée, qui se fera dans les mêmes conditions sanitaires que celles appliquées à la fin de l'année scolaire. "Tous les élèves sont accueillis sur le temps scolaire", précise la circulaire. "Gestes barrières, hygiène des mains, port du masque pour les adultes et les élèves de plus de 11 ans lorsque les règles de distanciation ne peuvent être respectées dans les espaces clos ainsi que dans les transports scolaires, nettoyage et aération des locaux", est-il détaillé. 

"Le ministre prépare une rentrée où les enseignants seront bien protégés", a assuré Emmanuel Macron, avant d'insister sur le "défi" de l'été : "Aller chercher (...) ceux qu'on appelle parfois les décrocheurs".  "Je n'aime pas tellement ce terme", a poursuivi le président, "je préfère les accrocheurs, parce qu'on aura besoin de leur vitalité, de leur force, et on devra les aider"

5. Macron défend la nomination de Darmanin à l'Intérieur

Sur le chef de l'État a aussi été interrogé sur l'affaire Darmanin. Emmanuel Macron a expliqué d'emblée respecter "l'émoi et la colère" des féministes après l'arrivée au ministère de l'Intérieur de Gérald Darmanin, en raison des accusations de viol qui le visent. Mais le président a défendu cette nomination au nom de la présomption d'innocence dont il s'estime le "garant"

"La cause féministe, je la partage, j'en ai fait un fil rouge de ce quinquennat", a tenu à rappeler le chef de l'État. Cependant, "aussi vrai que je crois à la force des causes justes, aucune cause n'est défendue justement si on le fait en bafouant les principes fondamentaux de notre démocratie", a-t-il fait valoir.  

"Si, à partir du moment où quelqu'un est accusé, mais pas jugé, il devient en quelque sorte la victime d'un jugement de rue, ou de réseaux sociaux, parce qu'il y a une émotion - et je peux comprendre cette émotion parce que je partage la cause - alors (...) notre démocratie change de nature, elle devient une démocratie d'opinion", a poursuivi le président en rappelant que les "accusations graves" contre Gérald Darmanin avaient fait l'objet d'enquêtes qui ont été classées ou n'ont pas eu de suites. 

6. Le retour de la réforme des retraites

Le président va-t-il relancer la réforme des retraites ? Emmanuel Macron a estimé que la France ne pourrait pas faire "l'économie d'une réforme" de son système de retraites. Il a toutefois reconnu que le projet du gouvernement ne pourrait pas être maintenu tel que conçu avant la crise sanitaire. Le chef de l'État a fixé "la priorité de cet été, de la rentrée prochaine" : "L'emploi". "Dire : 'On fait comme s'il n'y avait pas de problème', c'est dire : 'Je sacrifie le patrimoine de ceux qui n'en ont pas'. C'est de dire : 'Je prends le risque de ne pas pouvoir payer les retraites demain'", a-t-il justifié. 

Le chef de l'État a cependant estimé que la réforme des retraites, suspendue "sine die" mi-mars après son vote en première lecture à l'Assemblée nationale, via la procédure du 49-3, ne pouvait être maintenue en l'état. "Je pense que cette réforme est juste car elle est faite pour celles et ceux qu'on a appelés les 'premiers de corvée'" mais "elle ne peut pas se faire comme elle était emmanchée avant la crise du Covid", a jugé le chef de l'État.

Interrogé sur une possible augmentation du nombre de trimestres travaillés pour résorber ce déficit, Emmanuel Macron a indiqué avoir "déjà montré" son "ouverture sur tous ces sujets", tout en refusant à ce stade de se prononcer. "Le Premier ministre Jean Castex va réunir en fin de semaine, vendredi, l'ensemble des partenaires sociaux pour tout mettre sur la table", parallèlement aux questions de "santé" et de "dépendance", a-t-il expliqué. 

7. Macron veut généraliser les caméras-piétons "avant la fin du quinquennat"

Emmanuel Macron a annoncé la généralisation des caméras-piétons "avant la fin du quinquennat" pour les forces de l'ordre, afin notamment de lutter contre les contrôles au faciès. "Cela fait trop longtemps qu'on parle de cela", a commenté à propos des accusations de contrôles au faciès par les forces de l'ordre. Il estime qu'ils pouvaient être une source de discrimination alimentant une "défiance démocratique". 

Selon le chef de l'État, les caméras-piétons doivent permettre de "retracer la vérité des faits qui permettent de protéger, de rétablir (la) confiance". "On va généraliser avant la fin du quinquennat les caméras-piétons qui permettent sur ce sujet (les contrôles au faciès) comme sur celui des modes opératoires, de rétablir la confiance entre la population et la police", a-t-il déclaré. 

L'ancien ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner avait déjà promis lors de discussions mi-juin avec les organisations syndicales de la police, la généralisation des caméras-piétons et une montée en gamme de leur technologie, sans pour autant se fixer un objectif dans le temps. Dans un récent rapport sur la France, Human Rights Watch avait fait état de contrôles "sans fondement ciblant les minorités, y compris des enfants de seulement 10 ans". Le Défenseur des droits a, lui, relevé des discriminations "systémiques" en rappelant que la moitié des hommes perçus comme "arabes, maghrébins ou noirs" déclare avoir été au moins une fois contrôlé par la police, contre 20% pour le reste de la population.

8. "Redévelopper les petites lignes"

Sur l'écologie, Emmanuel Macron a souhaité inscrire "le plus vite possible" la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution, demande formulée par la Convention citoyenne pour le climat. "J'y suis favorable (...) je pense que c'est une avancée majeure", a dit le chef de l'État. Pour lui, cette inscription dans la loi fondamentale "permettra de créer du droit et donc des contraintes et d'aider à transformer notre pays". 

Il a toutefois souligné qu'il ne pouvait "décider d'un référendum demain matin sur cette base, il faut d'abord qu'il y ait un vote par l'Assemblée puis le Sénat dans des termes conformes et (...) à ce moment là, il peut y avoir ou un congrès ou un référendum". 

Sans entrer dans les détails d'application de ces mesures, il a dit vouloir "redévelopper massivement" le secteur ferroviaire. "On va redévelopper les trains de nuit, on va redévelopper les petites lignes de train, parce que tout ça permet de faire des économies, permet de réduire nos émissions" d'émissions polluantes, a-t-il déclaré sans plus de détails. 

9. Pas de hausse d'impôts

Le président a exclu une nouvelle fois exclu d'augmenter les impôts pour faire face à l'explosion des dépenses publiques à la suite de l'épidémie due au coronavirus. "Il y a une trajectoire fiscale qui a été décidée, votée par la représentation nationale, c'est celle qui sera tenue", a-t-il affirmé, ajoutant qu'"on ne résout pas une crise comme celle-ci en augmentant les impôts". 

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