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Emmanuel Macron : le grand débat lancé, quelle stratégie pour le président ?

DÉCRYPTAGE - Le président de la République a été très présent au lancement du grand débat national. Doit-il continuer à occuper l'espace ? Ou se mettre en retrait ?

Emmanuel Macron à Grand Bourgtheroulde, le 15 janvier 2019
Emmanuel Macron à Grand Bourgtheroulde, le 15 janvier 2019 Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Deux débats face à 1.200 maires. Plus de 13 heures d'échanges. Emmanuel Macron a tout misé sur sa rencontre avec les élus, afin d'amorcer au mieux le lancement du grand débat national. Lundi 21 janvier, le président de la République a fait une courte pause, en recevant à l'Élysée 150 patrons. Objectif : promouvoir les investissements en France.

Le président de la République est sous le feux des critiques de l'opposition pour sa présence médiatique. Pourquoi ? "Le président Macron promet du changement mais en vérité il s’offre un tour de France aux frais du contribuable à 3 mois des élections européennes", a tweeté Éric Ciotti. De l'autre côté de l'échiquier politique, René Révol, maire France insoumise, critique quant à lui "un moyen de faire campagne, parce qu'on est dans une campagne électorale, clairement, en utilisant les moyens de l'État".

Encore un défi supplémentaire à relever pour Emmanuel Macron : doit-il continuer à incarner le grand débat national ou au contraire se mettre en recul ? Un enjeu central pour le quinquennat du chef de l'État, à savoir : ancré l'acte II de son mandat.

Rester omniprésent ?

Avec veste sur les épaules. Sans veste. Emmanuel Macron a affronté les maires lors de très longs échanges. Un exercice qui le sied bien et qui a été largement commenté dans les médias.

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Selon Alba Ventura, éditorialiste politique chez RTL, ce grand débat national tourne au "grand oral du président". "Il a prévu d’en faire 13, de ces grands oraux. Alors, il a beaucoup de talent Emmanuel Macron, il connaît ses dossiers par cœur, il est à l’aise mais est-ce que l’idée du grand débat, c’est ça ?", s'interroge-t-elle.

Le président compte-t-il ralentir le rythme ? "L'idée est d'avoir (pour Emmanuel Macron ndlr) une ou deux rencontres par semaine en fonction de l'agenda international bien évidemment. Et puis, il faut aussi conserver des rencontres qui soient à taille humaine", expliquait sur RTL Sébastien Lecornu, en charge de l'animation du grand débat. 

Se mettre en recul ?

Lors du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, Jean-Pierre Raffarin a déploré le manque de soutien à Emmanuel Macron. "Je pense que sa solitude est problématique. Mais je pense aussi qu'il est aujourd'hui dans une situation où il lui manque les leviers pour lesquels la Vème République est faite. On voit bien que le gouvernement et la majorité ne protègent pas suffisamment le président et qu'il est surexposé", explique-t-il.

Léger bémol, "Emmanuel Macron est surtout habité par l’idée que s’il ne le fait pas lui-même, ce sera moins bien, analyse Alba Ventura (...) C'est un risque ? Oui, c’est un risque de miser uniquement sur son talent. Ça c’était valable pour la campagne, pour la conquête du pouvoir. Le macronisme, c’était le talent d’un chef, c’était la vision d’un individu qui disait à ses troupes, on va faire "autrement" et qui partait devant".

Des ministres n'hésitent pas à monter au créneau pour épauler le chef de l'État. Mais sans effet direct sur la communication pour Emmanuel Macron ou le gouvernement. C'est notamment le cas pour Sébastien Lecornu et Emmanuelle Wargon. Chargés d'animer le débat, ils sont critiqués par certains "gilets jaunes" qui estiment que le gouvernement s'accapare le débat. 

Autre soutien du président, Marlène Schiappa. La secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, va coanimer avec Cyril Hanouna, une émission sur le grand débat. Une annonce qui a fait polémique sur les réseaux sociaux. Et enfin, Mounir Mahjoubi. Le secrétaire d'État au Numérique "regarde tous les soirs les vidéos de Fly Rider (un des fer de lance des 'gilets jaunes' ndlr)", note Franceinfo. Une démarche qui permettrait, d'après lui, de nouer le lien avec les manifestants.

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