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Grand débat national : "Emmanuel Macron se surexpose", estime Alba Ventura

ÉDITO - Depuis le lancement du grand débat national, Emmanuel Macron est dans "l’omni-présidence". "Il est surtout habité par l’idée que s’il ne le fait pas lui-même, ce sera moins bien", explique Alba Ventura.

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Grand débat national : "Emmanuel Macron se surexpose", estime Alba Ventura Crédit Image : Ludovic MARIN / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura et Marie-Pierre Haddad

Emmanuel Macron retrouve un peu d'air dans les sondages. Pourtant, même ses amis de droite sont inquiets. Lors du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, Jean-Pierre Raffarin trouvait qu'il était trop exposé. C'est le cas ? Oui on est dans l’omni-présidence ou hyper-présidence si vous préférez, comme on disait de Nicolas Sarkozy à l’époque.

D’ailleurs, Jean Pierre Raffarin expliquait que si Emmanuel Macron était "dans la logique de tout accaparer pour pouvoir tout résoudre, il ne réussirait pas. Je le disais déjà autrefois à Nicolas Sarkozy". Et oui, c’est vrai il se surexpose, le président.

Regardez, on nous a annoncé un grand débat. Mais, ce n’est pas un grand débat, c’est un grand oral ! Un grand oral du président ! Il a prévu d’en faire 13, de ces grands oraux. Alors, il a beaucoup de talent Emmanuel Macron, il connait ses dossiers par cœur, il est à l’aise mais est-ce que l’idée du grand débat, c’est ça ?

Le risque d'être seul face aux Français

Emmanuel Macron est surtout habité par l’idée que s’il ne le fait pas lui-même, ce sera moins bien. Si il ne fait pas le job, qui d’autre le fera ? En tout cas, on n’a jamais vu un président parler 13 fois 6 heures en direct à la télé. II n y a pas un président qui a pris ce risque.

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C'est un risque ? Oui, c’est un risque de miser uniquement sur son talent. Ça c’était valable pour la campagne, pour la conquête du pouvoir. Le macronisme, c’était le talent d’un chef, c’était la vision d’un individu qui disait à ses troupes, on va faire "autrement" et qui partait devant.

Mais une fois qu’on a atterri à l’Élysée, que l’on est devenu président, ce n’est plus la même histoire. Un président n’est pas nu face au peuple, un président n’est pas seul face à ses concitoyens.

Tout ne doit pas être traité par Macron

Tout ne doit pas être concentré sur le président. Tout ne doit pas être traité par le président. Un président doit pouvoir s’appuyer sur son premier ministre, sur sa majorité, qui doivent le protéger. Lorsque le Premier ministre est sorti pour éteindre la crise, on ne peut pas dire que ça a été concluant. Si on prend le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, le porte parole du gouvernement Benjamin Griveaux ou le président de l’Assemblée Richard Ferrand, ils ont plus souvent mis de l’huile sur le feu que dans les rouages.

Mais le président lui-même joue avec le feu ! Il s’expose mais ne construit pas la sortie de crise. Pour ça, il doit reprendre contact avec les corps intermédiaires, avec les syndicats. Lui pense que les syndicats ne sont pas en mesure de transformer la société, et qu’ils sont plus utiles dans les entreprises. Il a raison en partie… Les syndicats peuvent être des freins, mais ils peuvent aussi être des amortisseurs.

Il semblerait qu’il ait oublié de tirer les leçons du sarkozysme

Alba Ventura
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Si vous voulez, il ne peut pas y avoir une confrontation directe entre le président et la société. Il ne peut pas, au motif qu’il estime qu’il y a un malentendu, tout régler, et faire un maximum de pédagogie, au point de saturer l’espace.
 
Ce qui est étonnant, c’est qu’Emmanuel Macron, au début de son mandat voulait prendre de la hauteur. Il avait conceptualisé la parole rare. Il voulait, souvenez-vous, prendre le contre-pied de François Hollande qu’il avait beaucoup observé. Il semblerait qu’il ait oublié de tirer les leçons du sarkozysme. Jean Pierre Raffarin est venu le lui rappeler.

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