2 min de lecture Information

Emmanuel Macron : l'hiver social s'annonce mouvementé pour le chef de l'État

INVITÉ RTL - Éric Verhaeghe, fondateur du Courrier des stratèges et Olivier Rouquan, politologue, auteur de "En Finir avec le président", aux éditions François Bourin, débattent du climat social en France.

Calvi-245x300 6 minutes pour trancher Yves Calvi
>
Emmanuel Macron : l'hiver social s'annonce mouvementé pour le chef de l'État Crédit Image : LUDOVIC MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
Calvi-245x300
Yves Calvi édité par Paul Turban

Le train de réformes d'Emmanuel Macron et son gouvernement est-il en panne ? "Il y a une conjonction astrale négative, et je suis assez inquiet parce que je pense que tout le monde s'attend à ce que quelque chose se passe, mais personne ne sait comment ça va se passer si ça doit se passer", explique Éric Verhaeghe, fondateur du Courrier des stratèges. 

"Les étudiants sont un mauvais signe, parce qu'on peut se dire que la forme sauvage de la contestation montre qu'il y a là un champ de colère qui n'a pas été anticipé, ajoute Éric Verhaeghe. L'immolation d'un étudiant, c'est comme ça qu'avait commencé la révolution tunisienne, c'est comme ça qu'au Maroc, on a failli voir arriver des mouvements populaires. Il y a un effet émotionnel terrible. Je pense qu'on est en zone de risque."

"Si la mobilisation étudiante se double d'une mobilisation lycéenne, on pourra dire que le gouvernement a des raisons de s'inquiéter, prévient Olivier Rouquan, politologue, auteur de En Finir avec le président, aux éditions François Bourin. Sur le fond, on sait que les indicateurs sociaux sont négatifs. Il y a aujourd'hui beaucoup de frustration dans ce pays, c'est recensé par des sondages."

Une question d'argent ?

"On sait que les enjeux aujourd'hui qui retiennent le plus l'opinion sont le pouvoir d'achat, l'environnement, le chômage, selon le politologue. Il y a là des préoccupations et des attentes qui sont très sociales, et les réponses du gouvernement là-dessus, au-delà des 17 milliards donnés dans l'urgence, ne sont pas bien identifiées. On voit que certaines réformes suscitent encore plus de méfiance et de colère. C'est donc un tissu très inflammable."

À lire aussi
Édouard Philippe lors de son discours sur les retraites mercredi 11 décembre 2019 réforme des retraites
Réforme des retraites : "Il y a une marge de négociations", note Nicolas Domenach

"Tout cela n'est pas qu'une affaire d'économie ou de pouvoir d'achat, estime de son côté Éric Verhaeghe. Il y a un effet presque platonicien de ressenti qui prend sa part de justice dans la société et qui ne la prend pas. À l'occasion des 'gilets jaunes', Emmanuel Macron est passé totalement à côté de la communication politique. Il ne s'est pas adressé aux 'gilets jaunes'. Il n'en a pas reçu personnellement. Il n'a envoyé aucun signal positif. Il a essentiellement envoyé les forces de l'ordre. C'est une erreur politique qu'il va payer chèrement et longtemps, car le pays a eu l'impression d'un dédain du pouvoir."

"Est-il en mesure de faire autrement ?, s'interroge Olivier Rouquan. Son image, la façon dont il est perçu la plus négative depuis son arrivée, c'est son manque de proximité, ce qu'avait moins perdu François Hollande au bout de cinq ans. Le second problème, c'est que sur les deux ans et demi qui viennent de s'écouler, le clivage entre les catégories les plus élevées, et le reste de la population s'est énormément approfondi. Donc Emmanuel Macron s'est resserré sur les gens qui vont très bien, et c'est un problème."

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Information Emmanuel Macron Gouvernement
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants