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Élections régionales : des voix s’élèvent contre la tenue du scrutin en juin

Il devient de plus en plus incertain que l’épidémie ne perturbe pas la campagne et le scrutin prévu pour juin.

Un électeur en train de voter (illustration)
Un électeur en train de voter (illustration) Crédit : AFP/FRED DUFOUR
Emmanuelle
Emmanuelle Brisson Journaliste

L’année 2021 s’annonce incertaine et cela vaut aussi pour le monde politique. Les scrutins démocratiques sont chamboulés et les élections régionales et départementales qui devaient avoir lieu en mars sont reportés en juin à cause de la crise sanitaire.

Alors que le projet de loi actant ce nouveau calendrier vient à peine d’arriver au Parlement, la date de juin, elle, est déjà remise en question. Les campagnes ont déjà commencé, mais chez les politiques de tous bords certains sont pessimistes

"Je crois à titre personnel que les Français n’auront pas la tête à voter en juin", avance le député de la Vienne LaREM Sacha Houlié. Le sénateur socialiste du Nord, Patrick Kanner semble être du même avis : "Je n’ai pas envie d’un scrutin marqué par l’abstention. Une élection peut se tenir techniquement avec les gestes barrières, mais je crains que malgré cela, les gens aient peur et ne viennent pas".

Tous ont en mémoire les records d’abstention des élections municipales de juin 2020

Mais pour le patron des Républicains, Christian Jacob "la vie ne doit pas s'arrêter". Lors de ses vœux à la presse, il s'interroge "Au nom de quoi pourrait-on empêcher les gens d’aller voter ?", rapporte Le FigaroChez les LR, tous ne sont néanmoins pas du même avis. "Si on maintient le vote alors que les Français n’ont pas confiance pour aller voter, on peut avoir des surprises, avec des votes contestataires", craint un cadre du parti. 

Des élections décalées après mai 2022 ?

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Mais si le scrutin est décalé, il pourrait avoir lieu à l’automne. Plus tard, il risquerait de se télescoper avec la campagne présidentielle et pourrait donc être fixé après mai 2022. La première option n’est pas massivement rejetée par les politiques. "Mais ce n’est pas idéal, car cela signifie que l’on devrait faire campagne l’été", souligne Virginie Duby-Muller, députée LR de Haute-Savoie et conseillère départementale. En revanche, Patrick Kanner ne croit pas à un report à l’automne. "Si ce n’est pas en juin, alors ça sera après la présidentielle", confie le président des sénateurs PS.

L'opposition fustige Macron

Reporter les élections régionales et départementales après la présidentielle ? Une option qui fait réagir l’opposition qui mise beaucoup sur ces scrutins intermédiaires pour infliger un camouflet au parti présidentiel, peu implanté dans les territoires. C'est sans compter que ces élections sont aussi une étape dans la désignation d’un candidat à la présidentielle, notamment chez les LR où Xavier Bertrand a présenté sa candidature à sa réélection dans les Hauts-de-France. "Ceux qui n’ont rien à perdre en cas de report après la présidentielle, ce sont les macronistes. Leur probabilité de gagner des régions et départements est faible", attaque Patrick Kanner.

Le doute devrait encore planer, le projet de loi prévoyant le report en juin des scrutins sera examiné par la commission des Lois du Sénat dès le 20 janvier, avant un débat le 26.

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