1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Députés épuisés : Yaël Braun-Pivet entame une discussion sur le rythme de travail parlementaire
4 min de lecture

Députés épuisés : Yaël Braun-Pivet entame une discussion sur le rythme de travail parlementaire

Sans majorité absolue, de nombreux députés déplorent une dégradation de leurs conditions de travail dans l'hémicycle. Une réunion a donc eu lieu ce mardi 29 novembre, entre Yaël Braun-Pivet et les chefs des groupes de l'Assemblée, afin de dégager quelques pistes pour améliorer l'organisation des séances.

La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, le 29 novembre 2022
La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, le 29 novembre 2022
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Députés épuisés : Yaël Braun-Pivet entame une discussion sur le rythme de travail parlementaire
00:01:00
Joanna Wadel & La rédaction de RTL & AFP

Après moins de six mois de législature, la fatigue gagne les rangs de l'Assemblée nationale. Un coup de mou se fait ressentir parmi les élus, alors que le traditionnel marathon budgétaire de l'automne vient à peine de s'achever. "Tous les groupes sont fatigués", atteste un député pourtant aguerri auprès du Huffington Post. Un constat face auquel la médecin de l'Assemblée aurait tiré la sonnette d'alarme.

En cause, la nouvelle configuration du parlement en l'absence de majorité relative : "Quand on est député, on n’a pas le droit de se plaindre, ce n’est pas du tout le sujet, explique l'insoumis Alexis Corbière, la question, c’est comment on travaille différemment maintenant que le Parlement a repris une place centrale". Ce dernier estime que : "Chaque séance est devenue importante, avec beaucoup d'intensité. Il faut être sur tous les ballons". Et d'appeler à une "réorganisation".

Si chacun s'accorde à dire que le rythme n'est pas bien différent de celui des précédentes assemblées, les sessions nocturnes n'étant pas nouvelles, certains pointent en effet un "travail plus dense qu'en 2017". "Les discussions sont plus longues, avec dix groupes parlementaires", souligne la députée LR Véronique Louwagie. 

Car depuis juin, tout a changé. Désormais, chaque voix compte pour faire voter un texte, ou arracher un amendement. Présence obligatoire, ou presque, témoigne le député RN Kévin Mauvieux : "Le nombre de textes qu'on perd à une, deux, trois voix près. Tout le monde doit être là", constate-t-il. 

Les votes, plus serrés, obligent à une présence de tous les instants. En outre, les députés doivent arbitrer en permanence entre hémicycle, commission ou circonscription. Dans le camp présidentiel, Benjamin Haddad plaide aussi pour une "meilleure articulation entre le travail en circonscription et en séance". "Ceux qui se plaignent, je ne comprends pas comment ils organisent leur temps", s'interroge de son côté la LR Marie-Christine Dalloz. 

1000 heures de présence en plus en 10 ans

En conséquence, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a réuni les chefs des groupes politiques de l'hémicycle ce mardi 29 novembre, afin de revoir l'organisation des travaux parlementaires. Développer le travail à distance, organiser les votes différemment, mieux anticiper le calendrier parlementaire… De nombreuses questions étaient au menu de cette entrevue. 

Des statistiques ont également été présentées, qui permettent d'avoir une vue d'ensemble sur la situation. Il est apparu que le nombre total d'heures siégées de jour comme de nuit a augmenté constamment : 6.099 heures de 2017 à 2022, contre 5.037 heures entre 2007 et 2012. De plus, le nombre d'amendements enfle continuellement.

Dans la nouvelle Assemblée nationale, les séances nocturnes ne sont toutefois pas plus nombreuses que lors de la législature précédente, mais les députés appelés à être davantage présents en raison des incertitudes pour les votes. Avec des crispations lorsque les séances s'achèvent à 3h15 du matin, comme dans la nuit du 8 au 9 novembre, pour l'adoption d'un budget rectificatif 2022 et ses rallonges contre l'inflation. 

Quelques plaintes ont été émises, comme le recours trop fréquent au 49.3, fustigé par les oppositions. "On a souvent l'impression de travailler pour rien", attaque l'écologiste Marie-Charlotte Garin. 

Jour sans séance, délégations de vote… quelles solutions ?

Quelles propositions sont donc ressorties de ces échanges ? Si, d'après une source parlementaire de l'AFP, la réunion n'a pas donné lieu à un "grand soir", quelques pistes de réflexion ont tout de même émergé. 

Une meilleure répartition entre le temps à l'Assemblée et en circonscription est par exemple revenue sur la table : "Il y a une forte demande de ne plus siéger le vendredi pour être en circonscription", et de s'en tenir autant que possible à des fins de séance à minuit les autres jours, constate un parlementaire. Selon une source socialiste de l'AFP, les députés "réfléchissent" également "à des délégations de vote pour ceux qui siègent en commission et en même temps en séance".

Car les longues heures passées sur les bancs de l'Assemblée constituent du temps en moins au contact des électeurs : "Quand on rentre le vendredi soir ou le samedi matin, on va sur le terrain, faire les inaugurations, les foires, les marchés, on va rencontrer tout le monde… Et le dimanche soir quand on se couche, les conjoints, les conjointes nous disent 'et sinon, on se voit quand ?'", ajoute Kévin Mauvieux. 

La présidente de l'Assemblée nationale entend soumettre prochainement une série de propositions aux chefs de groupes, comme le vendredi sans séance ou la volonté d'expérimenter la législation en commission plutôt que dans l'hémicycle. Elle suggère, en outre, de limiter à huit les textes prévus lors des niches parlementaires, ces journées réservées à un groupe minoritaire au Palais-Bourbon.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires