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Assemblée nationale : les 11 polémiques qui ont déjà marqué le début de la législature

VIDÉOS - Un nouveau parlement particulièrement divisé et volcanique donne du fil à retordre à l'exécutif. Retour sur ces premiers jours riches en polémiques et coups d'éclat.

Les députés Sandrine Rousseau, Rémy Rebeyrotte, Marine Le Pen et le ministre Éric Dupond-Moretti
Les députés Sandrine Rousseau, Rémy Rebeyrotte, Marine Le Pen et le ministre Éric Dupond-Moretti
Crédit : Montage RTL.fr / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

"Je souhaiterais juste que nous méditions pendant l'été et qu'en septembre nous partions sur des meilleures bases". Voilà le message plein de sagesse qu'a voulu adresser à ses collègues le député Erwan Balanant (MoDem) ce 4 août. Un message qui se voulait apaisant mais qui, à l'image du début de cette législature, n'a pas pu se conclure sans un petit tacle adressé à ses collègues de la Nupes : "Arrêtons les invectives sans cesse. Arrêtons les insultes et les petites provocations et arrêtez le cirque que vous mettez dans cette Assemblée depuis un mois".
Cela fait quelques semaines que l'ambiance est particulièrement tendue à l'Assemblée. Les vacances approchent cependant et les députés vont profiter d'un peu de repos. Même si les nouveaux parlementaires viennent tout juste d'arriver au sein du Palais Bourbon pour leurs premiers débats, il ne faut pas oublier qu'ils sortent toutes et tous d'une longue et pénible campagne électorale. L'absence de majorité absolue à redonner de la force à toutes les oppositions et l'Assemblée est (re)redevenue un lieu de débat intense et de polémiques plus ou moins sévères.

11 séquences musclées

1 - "La Gauche pastèque". Olivier Véran a utilisé le terme de "gauche pastèque, verte dehors et rouge dedans" pour condamner les agissements de plusieurs élus de la Nupes fin juillet. Cette petite phrase de l'ancien élu socialiste n'est pas passée car l'expression à une paternité plus sulfureuse. Jean-Marie Le Pen a été le premier à utiliser cette expression lors d'une intervention télévisuelle en 1989. L'ancienne figure du Front National avait même emmené une pastèque sur le plateau. Le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Véran a réagi : "200 députés qui élisent des vice-présidents du RN, un ministre dont l'humour est photocopié sur celui de Jean-Marie Le Pen, un président de la République qui pioche dans les concepts d'extrême-droite et c'est la gauche Nupes qui vous inquiète ?"

2 - "Honte pour les singes". La députée Sandrine Rousseau interpellait le 2 août le gouvernement sur la question de campagne vaccinale contre la variole du singe. Alors qu'elle évoquait la dénomination même de "variole du singe" qui pourrait, selon l'écologiste, amplifier la stigmatisation des personnes infectées, le député Les Républicains Aurélien Pradié a lancé : "C’est surtout une honte pour les singes !"Sandrine Rousseau a réagi en découvrant cette phrase dans le compte-rendu de séance a posteriori : "Aurélien Pradié, vous devez vous excuser. Je vais saisir la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet. Sanction demandée contre Aurélien Pradié pour homophobie suite à ses propos sur le Monkey Pox [nom anglais de la variole du singe] en hémicycle. L'homophobie est un délit. Ne rien laisser passer." Aurélien Pradié s'était expliqué sans s'excuser auprès de RTL

3 - "Représentant du Bundestag"
Lors de la discussion parlementaire du 28 juillet, un député Rassemblement national a cru bon d'interpeller son collègue du groupe Renaissance, originaire du Bas-Rhin en le qualifiant de "représentant du Bundestag", le parlement allemand. La référence, réveillant naturellement quelques cicatrices historiques évidentes, a créé un brouhaha entre les députés de tous les bancs. Une fois arrivé à la tribune, Charles Sitzenstuhl est revenu sur cette réflexion sous les applaudissements de ses collègues : "Avant de débuter mon propos, je souhaitais répondre à mon collègue. Je suis député de l'Assemblée nationale, je suis de nationalité française et je ne suis en aucun cas un représentant ou un ambassadeur du Bundestag".

À écouter aussi

4 - Les saluts nazis. Le 12 juillet, un député Renaissance a été vu en train de faire un salut nazi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Le lundi 25 juillet, RTL révélait que Rémy Rebeyrotte écopait d'un "rappel à l'ordre" sans inscription au procès-verbal pour ce geste. Il s'agit du premier grade dans les sanctions possibles par le règlement de l'Assemblée nationale. Rémy Rebeyrotte assure avoir vu "un grand gaillard du RN" faire un salut nazi dans l'hémicycle à l'arrière des travées. Voulant le rappeler à l'ordre, le député de la majorité aurait alors mimé le geste avant d'être aperçu par l'élu LR Marc Le Fur. Dès le lendemain de l'incident, le député Renaissance a publié un billet sur son compte Facebook où il relatait avoir ensuite subi "la pression physique de trois fachos, dont l'auteur des faits", à la buvette des parlementaires. 

5 - La dress-code de l'Assemblée.  Éric Ciotti a demandé à la présidente de l'Assemblée nationale de rendre obligatoire le port de la cravate au sein de l'hémicycle. Cette demande visait les élus de la Nupes à qui le représentant des Alpes-Maritimes reprochait un accoutrement incorrect, a soulevé le débat de la tenue vestimentaire des députés. Pour répondre à cette requête, certaines députées de la Nupes se sont rendues ce mardi 26 juillet à l'Assemblée nationale vêtues de cravates. Ainsi, Clémentine Autain, Mathilde Panot et plusieurs de leurs collègues féminines se sont présentées habillées en blazer et arborant une cravate. Pour ironiser sur la situation, l'élu de gauche Louis Boyard a proposé d'interdire le port de costumes aux "prix exorbitants". Il avait assuré que ce dress-code contribuait "à accroître le ressenti dans la population de parlementaires éloignés de la réalité du quotidien des Français".

6 - Les accusations d'antisémitismes d'Eric Dupond-Moretti. Mardi 2 août, le député apparenté au groupe LR Meyer Habib a évoqué un "nouvel antisémitisme toujours présent en France, notamment à la gauche de cet hémicycle, avec les islamogauchistes" à l'Assemblée nationale. Le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, a alors répondu par un "petit mot" qui a provoqué la colère des députés de la Nupes, qui ont quitté l'hémicycle. Le Garde des sceaux a lancé : "Corbyn, l'apartheid, les mots que vous avez choisis pour commenter le discours du président de la République, ces mots-là vous collent à la peau !". Le garde des Sceaux faisait référence à la présence de l'ancien leader travailliste Jérémy Corbyn - taxé de laxisme contre l'antisémitisme - auprès de candidates LFI pendant la campagne des législatives. Avant même qu'Éric Dupond-Moretti n'ait le temps de s'adresser à l'extrême droite, les députés de la Nupes se sont levés de leurs sièges pour quitter l'hémicycle. 

7 - "L'Algérie française". Premier couac lors de l'ouverture de XVIe législature le mardi 28 juin. La séance était ouverte par le doyen des députés comme la tradition le veut. José Gonzalez, 79 ans, pied-noir et élu RN s'est autorisé une allusion explicite à l'Algérie française lors de son discours. "Ce symbole d'unité touche l'enfant d'une France d'ailleurs que je suis, arraché à sa terre natale (...) par les vents de l'Histoire en 1962", a-t-il déclamé face aux députés. Il a enfoncé le clou à sa sortie de l'Hémicycle : "Ce n'est pas moi qui vais sublimer l'action du général De Gaulle. Je connais beaucoup d'Algériens, qui n'ont jamais connu la France qui me disent : 'Monsieur quand est-ce que vous revenez ?'". Il a ajouté également ne pas savoir si "l'OAS (l'Organisation de l'armée secrète, ndlr) avait commis des crimes".

8 - Marine Le Pen pas contente de sa place. Le jeudi 30 juin, Marine Le Pen a assuré qu'elle ne souhaitait pas que son groupe siège à l'extrême droite de l'hémicycle, à la grande stupeur de ses collègues. Elle a assuré que "cette classification ne lui convenait pas", et qu'elle aurait aimé se positionner à gauche du groupe Les Républicains. Du côté des députés de la majorité, cette demande n'a pas été franchement appréciée : "On n'a qu'à la mettre à l'extrême gauche, avec les Insoumis. Elle va bientôt réclamer la place de Jean Jaurès". Finalement, les députés du RN continueront d'être positionnés tout à droite. Il aura fallu près de 5 heures de réunion pour finaliser toutes ces questions d'installation. 

9 - Le "geste barrière de Louis Boyard". Le jeune député Nupes, Louis Boyard, s’est vanté sur Twitter d’avoir refusé de serrer la main des représentants du Front national, en invoquant un "geste barrière" face à la "pandémie de racisme, d’antisémitisme, d’islamophobie". Parmi les 577 noms qui ont été cités, Louis Boyard a assisté à de nombreux votes, y compris d'élus RN. Parmi les 271 élus passés devant lui, 39 faisaient partis du Rassemblement national, a noté Libération. Louis Boyard a serré la main à 26 d’entre eux. Seul Philippe Ballard a réellement vécu un moment de malaise face à Louis Boyard.

10 - Rachel Keke évoque le salaire des députés. C'est le premier coup d'éclat de la nouvelle députée et ancienne femme de chambre : "Qui dans cet hémicycle a déjà touché 800 euros par mois ! Par mois, pas par jour ! Personne ! Ils ne connaissent pas la souffrance des métiers essentiels, ils les méprisent et ils refusent l’augmentation du SMIC ! C’est honteux !" Une sortie qui n'a pas manqué de semer l'agitation dans les rangs de la majorité et de l'opposition à droite.

11 -  Yaël Braun-Pivet, maîtresse d'école. Comme tous les présidents de l'Assemblée avant elle, la nouvelle présidente de la chambre basse doit souvent jouer au gendarme pour permettre la bonne tenue des débats. Mardi 12 juillet, Yaël Braun-Pivet a repris Danielle Simonnet (Nupes), à la suite de sa question. "Je vous précise qu'avant toute prise de parole il est d'usage de saluer la présidence dans cet hémicycle", a rappelé Yaël Braun-Pivet. Malgré la négation de la tête de Danielle Simonnet, cette remarque a été largement applaudie dans l'Assemblée.

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