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Coronavirus, polémique Buzyn, municipales : les explications de Macron

Dans un entretien au "Point", le président de la République explique ne pas avoir annulé le premier tour des municipales afin d'éviter "que le pays pense qu'il y avait une manipulation".

Emmanuel Macron, le 7 avril 2020
Emmanuel Macron, le 7 avril 2020 Crédit : GONZALO FUENTES / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Après son allocution télévisée et son "record absolu" d'audience, Emmanuel Macron revient sur son mois de confinement et sur la gestion de la crise sanitaire et économique liée au coronavirus au sommet de l'État, dans un entretien au Point ce mercredi 15 avril.

Le président de la République revient sur sa volonté de "préserver l'emploi et les compétences". "L'enjeu sera de retrouver ensuite de l'activité. La sortie (de crise, ndlr) sera décisive et il nous faudra donner de la visibilité aux acteurs économiques", ajoute-t-il. 

Au-delà de l'enjeu économique, ces dernières semaines ont été rythmées par plusieurs polémiques tant sur la gestion de la crise avec la polémique sur le port généralisé ou non du masque, que sur les décisions politiques affichées par le président de la République. 

"Pas de polémique" Buzyn

Les premiers jours de confinement ont été marqués par les confidences d'Agnès Buzyn, peu après le premier tour des élections municipales. L'ancienne ministre de la Santé confie au Monde ses regrets quant au maintien du scrutin. Des propos qui ont déclenché une série de critiques de la part de l'opposition. À tel point qu'Édouard Philippe a pris la parole sur le sujet, pour dégonfler la situation. 

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Pas question pour Emmanuel Macron de reconnaître une quelconque "polémique". "La ministre de la Santé prévient que ça peut mal évoluer, en effet. Elle dit qu'il faut faire attention. Elle prend donc des décisions très rapidement. Elle commande, avec le directeur général de la Santé (DGS), Jérôme Salomon, du matériel à Santé publique France et elle active les agences régionales de santé. Le dispositif sanitaire de crise s'organise et réagit comme il se doit", répond Emmanuel Macron au Point

Le président n'hésite pas à associer Agnès Buzyn au récit du début de la crise. "On comprend que quelque chose de grave se passe en Chine, au début du mois de janvier, mais on n'en connaît pas la nature. Quand je dis 'on', je parle d'Agnès Buzyn, qui voit tout de suite le risque, car elle a une expertise sur le sujet", explique-t-il. Et qu'en est-il de son successeur Olivier Véran ? "Je peux dire que la gestion de crise depuis le jour où il a été nommé ne me fait pas regretter un seul instant cette décision", affirme le chef de l'État.

L'explication du maintien du 1er tour des municipales

Si les propos d'Agnès Buzyn ont déclenché un tel tourbillon politique, c'est parce que la décision de maintenir le premier tour des élections municipales avait déjà provoqué la colère d'une partie de la classe politique qui militait pour son report

Sujet sur lequel Emmanuel Macron évoque une "hantise", comme l'écrivent nos confrères du Point. "Le premier ministre a consulté toutes les forces politiques et personne n'a pensé qu'il fallait les reporter", raconte-t-il avant d'ajouter : "Je ne voulais pas que le pays pense qu'il y avait une manipulation, que les gens puissent se dire que j'avais trouvé là un prétexte pour ne pas les organiser. Quand la défiance s'installe, elle est irrémédiable".

À la question de savoir si ce premier tour a eu un impact sanitaire sur la crise du coronavirus, le président de la République se dit "convaincu d'une chose" : "Je suis allé voter et les gestes barrières ont été maintenus (...) Les gens ont sans doute été davantage contaminés ces jours-là dans les bars ou les sorties en plein air que dans les bureaux de vote".

Je refuse aujourd'hui de recommander le port du masque pour tous et jamais le gouvernement ne l'a fait

Emmanuel Macron dans "Le Point"
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Vient ensuite le sujet des masques. La position floue du gouvernement sur le port des masques suscite de vives critiques tant dans le reste de l'échiquier politique, qu'au sein de la communauté médicale. "Nous réquisitionnons dès le début de la crise, le 4 mars, les stocks et les capacités de production de masques. Dès le début de la crise, nous faisons le choix de gérer la distribution et de prioriser les personnels soignants et les personnes les plus exposées", rappelle Emmanuel Macron. 

Le président "refuse aujourd'hui de recommander le port du masque pour tous et jamais le gouvernement ne l'a fait". "Si nous le recommandons, ce serait incompréhensible. Les soignants en souhaitent davantage, c'est normal et c'est bien l'objectif de notre agenda de production que de répondre à cette attente", conclut-il.

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