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Coronavirus et municipales : Agnès Buzyn confie ses regrets et son amertume

Dans "Le Monde", l'ancienne ministre de la Santé revient sur son départ du gouvernement en pleine crise du coronavirus pour mener la bataille des municipales. "On aurait dû arrêter, c'était une mascarade", confie-t-elle.

Agnès Buzyn, le 15 mars 2020, le soir du premier tour des élections municipales
Agnès Buzyn, le 15 mars 2020, le soir du premier tour des élections municipales Crédit : Julien DE ROSA / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Le contre-coup. Départ du ministère de la Santé, remplacement de Benjamin Griveaux, troisième place au premier tour des municipales et crise du coronavirus... Agnès Buzyn revient sur sa folle campagne

Une campagne qui a débuté par des larmes, celles qu'elle a versées lors de sa passation de pouvoir avec Olivier Véran. Mais dans un entretien au Monde, l'ancienne ministre de la Santé avoue : "Quand j'ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n'auraient pas lieu".

Arrivée troisième derrière Anne Hidalgo et Rachida Dati dans la course pour Paris, la candidate de la majorité se livre à une série d'aveux. "Depuis le début je ne pensais qu'à une seule chose : au coronavirus, raconte-t-elle. On aurait dû arrêter, c'était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J'avais peur à chaque meeting". La candidate de LaREM explique avoir vécu cette campagne "de manière dissociée".  

J’ai averti Édouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir.

Agnès Buzyn dans "Le Monde"
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Des déclarations qui tranchent radicalement avec celles tenues pendant la campagne électorale. Tout juste investie par le parti de la majorité candidate, Agnès Buzyn avait accordé une interview à nos confrères du Parisien le 19 février dernier. Elle déclarait à l'époque : "Cette crise du coronavirus, je la vois venir depuis le début du mois de janvier et j’avais tout préparé pour y faire face. Et dans une crise sanitaire avec une épidémie, le rôle des maires est aussi très important. Si un tel scénario survient à Paris, je saurai le gérer". 

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Retour au 17 mars. Agnès Buzyn "pense" avoir "vu la première ce qui se passait en Chine". "Le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Édouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. Je rongeais mon frein", raconte-t-elle. 

Et maintenant ? "Je n'ai plus de boulot", lâche-t-elle. Puis se reprend : "Je dis toujours : 'Ministre un jour, médecin toujours'. L’hôpital va avoir besoin de moi. Il va y avoir des milliers de morts".

Polémique et réaction de Matignon

Face à la polémique qui monte, la marcheuse a confirmé, dans un communiqué, s'être "adressée au Premier ministre en lui disant : 'Si la France en arrive à être touchée par un pic épidémique alors il se pourrait que les municipales ne puissent pas se tenir'". 

Mais elle "regrette" le mot "mascarade". "Mes propos concernaient le fait de débuter des discussions de fusions de listes électorales" pour le deuxième tour en pleine pandémie, assure Agnès Buzyn. Dans ce communiqué, l'ancienne ministre se dit "totalement solidaire" avec le gouvernement, assure que "toutes les mesures anticipées ont été mises en œuvre pour assurer la sécurité sanitaire de nos concitoyens" lors du 1er tour. 

Mardi soir, Edouard Philippe, interrogé par France 2, a lui aussi abondé en ce sens. "Dès le mois de janvier, la ministre de la Santé a dit que ce qui se passait en Chine était quelque chose qu'il fallait prendre au sérieux", et, "dès le mois de janvier", le gouvernement a pris des "décisions lourdes de rapatriement" des Français de l'étranger et "de confinement", a-t-il rappelé.

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