2 min de lecture Alexandre Benalla

Benalla : Philippe volontairement absent des questions au gouvernement au Sénat

Le Premier ministre montre son désaccord avec le Sénat après la décision de la chambre haute, de saisir la justice du cas d'Alexandre Benalla.

Édouard Philippe, mercredi 6 mars à l'Assemblée nationale
Édouard Philippe, mercredi 6 mars à l'Assemblée nationale Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Photo Quentin Marchal
Quentin Marchal
et AFP

Déjà très fraîches, les relations entre le Sénat et le gouvernement ont viré au froid polaire ce jeudi 21 mars, après la décision de la Haute Assemblée de transmettre à la justice les cas de trois proches d'Emmanuel Macron entendus dans l'affaire Benalla. 

Le Premier ministre Édouard Philippe "a décidé de ne pas aller" aux questions au gouvernement au Sénat, en signe de désaccord avec la décision de la chambre haute de saisir la justice du cas d'Alexandre Benalla. Un fait rarissime sous la Ve République.

Auparavant, le bureau du Sénat a signalé au procureur de la République de Paris le "possible faux témoignage" d'Alexandre Benalla, de Vincent Crase et de Patrick Strzoda, d'Alexis Kohler et du général Lavergne.

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"Le Premier ministre a décidé de ne pas y aller et il vient de parler au président du Sénat Gérard Larcher pour lui en donner les raisons", a déclaré un conseiller à Matignon. Juste avant la séance, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait dénoncé devant les journalistes un acte "politiquement bas et moralement très grave", en fustigeant "un tribunal politique". 

"C'est politiquement bas et c'est moralement très grave"

Avant d'entrer dans l'hémicycle, Benjamin Griveaux a qualifié le Sénat de "tribunal politique" : "Ni en fait ni en droit, rien n'est fondé dans la décision qui a été prise ce matin" et le Sénat s'est transformé ainsi "en tribunal politique". "Dans la période, le rôle du Sénat, ça n'est pas d'affaiblir, de diviser et de faire en sorte que le pays ne retrouve pas l'unité nationale dont nous avons tant besoin. C'est politiquement bas et c'est moralement très grave", a-t-il ajouté. 

Cette décision a également fait réagir le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand (LREM), qui a décidé de "ne plus participer" à une conférence commune prévue vendredi avec son homologue du Sénat Gérard Larcher.

Richard Ferrand "décide de ne plus participer à la conférence commune avec le Président du Sénat Gérard Larcher prévue ce vendredi 22 mars à SciencesPo à Lille", a indiqué la présidence dans un communiqué, en dénonçant une utilisation des "fonctions de contrôle parlementaire à des fins politiciennes" par le Bureau du Sénat. 

Le Sénat réagit

"Je ne suis en guerre contre personne. Pas contre l'Elysée et personne d'autre. Le sujet est d'une autre nature. C'est simplement l'application du droit, rien que le droit, tout le droit", a répliqué Gérard Larcher, dans une déclaration à l'AFP. 

Accusé d'attenter à la séparation des pouvoirs, le Sénat agit "dans le cadre de la Constitution", a abondé le co-rapporteur (PS) de la commission d'enquête sénatoriale Jean-Pierre Sueur. 

Cette décision retentissante n'en accroît pas moins la tension entre l'Elysée et la Haute assemblée, seule institution "qui ne procède pas de la seule élection présidentielle" et "capable de contrôler l'action du gouvernement en toute indépendance", avait récemment assuré M. Larcher. La droite a d'ailleurs conservé la majorité au Sénat en septembre 2017, en pleine vague macroniste. 

Les premières tensions datent d'ailleurs de cette époque. En juillet 2017, trois mois après son élection, Emmanuel Macron annonce aux collectivités territoriales, représentées par le Sénat aux termes de la Constitution, qu'elles devront réaliser 3 milliards d'euros d'économies supplémentaires, alors qu'elles n'ont cessé de dénoncer les baisses de dotations du quinquennat Hollande.  

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Le Premier ministre montre son désaccord avec le Sénat après la décision de la chambre haute, de saisir la justice du cas d'Alexandre Benalla.
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