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Attentats de janvier 2015 : un procès "pour l'Histoire", intense et chaotique

LES GRANDS PROCÈS DE 2020 (6/7) - Quatorze personnes étaient accusées dans le procès des attentats de janvier 2015. Ils ont tous été condamnés sauf un, déjà condamné, au terme de cinquante-quatre jours d'audience aussi intenses que chaotiques.

Les condamnations dans l'affaire des attentats de janvier 2015 ont été prononcées mercredi 16 décembre au tribunal de Paris.
Les condamnations dans l'affaire des attentats de janvier 2015 ont été prononcées mercredi 16 décembre au tribunal de Paris. Crédit : MARIE WILLIAMS / AFP
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Paul Turban et AFP

Quatorze accusés, 54 jours d'audience, de nombreuses suspensions en raison de la Covid-19, des peines allant jusqu'à la perpétuité... En l'absence des principaux coupables, tués au terme des attaques de janvier 2015 au cours desquels 17 personnes ont été assassinées, la fin de l'année 2020 a été marquée par le procès des attentats de janvier 2015. 

Le procès s'est ouvert le mercredi 2 septembre pour se conclure le 17 décembre. Seuls 11 accusés comparaissaient sur les bancs puisque trois d'entre eux sont en Syrie ou présumés morts. Pour les présents, la peine la plus lourde a été prononcée contre Ali Riza Polat, 30 ans de réclusion criminelle. Il a été reconnu coupable de "complicité" des crimes terroristes commis par les frères Saïd et Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly, car " particulièrement actif" dans la préparation des attentats. Il a l'intention de faire appel, a indiqué son avocate. 

Les autres peines les plus lourdes ont été prononcées contre Mohamed Belhoucine, présumé mort en Syrie et jugé par défaut, reconnu coupable de "complicité" et condamné à la perpétuité, et Hayat Boumeddiene, ex-compagne d'Amédy Coulibaly, elle aussi en Syrie, condamnée à 30 ans de réclusion criminelle pour "association de malfaiteurs terroriste" et "financement" du terrorisme".

Des peines mesurées et un dossier manifestement fragile

Deux anciens codétenus d'Amédy Coulibaly, Amar Ramdani et Nezar Mickaël Pastor Alwatik, ont été condamnés à respectivement 20 ans et 18 ans de réclusion, la cour ayant estimé qu'ils connaissaient "l'existence" et "la nature" du projet du tueur de l'Hyper Cacher. Un autre de ses proches, Willy Prevost, a lui été condamné à 13 ans de réclusion. Les autres peines vont de 4 à 10 ans de prison

La qualification de crime terroriste n'a pas été retenue pour six des onze accusés présents, ainsi que l'avait demandé leur défense en dénonçant un dossier vide de preuves. A l'énoncé du délibéré, des avocats de victimes des attaques contre Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher ont salué "une décision mesurée", qui "restera pour l'Histoire".

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Les fragilités du dossier semblent d'ailleurs avoir été acté par les cinq magistrats professionnels. La plupart des peines prononcées par la cour sont inférieures à celles requises par les avocats généraux, contre ceux qu'ils avaient décrits comme "la cheville ouvrière" des attaques. 

Un accusé covidé, trois attentats et des doutes persistants

Le procès n'a pas été épargné par la crise sanitaire. Trois accusés, dont le principal Ali Riza Polat, ont été testés positif à la Covid-19. Deux autres ont été considérés comme "cas contact". Cela a empêché les audiences de se tenir pendant plus d'un mois. Le procès devait finir le 10 novembre : il a pris fin le 17 décembre. 

Et malgré les 54 jours d'audience, les relevés téléphoniques et quelques traces ADN ont été examinés pour tenter de reconstituer le puzzle de l'enquête ayant conduit les accusés devant les assises. Mais des zones d'ombre subsistent, notamment concernant le circuit des armes aux commanditaires.  Les enquêteurs ont identifié deux "filières" d'approvisionnement pour les armes d'Amédy Coulibaly: l'une "lilloise" et l'autre "belgo-ardennaise". Mais rien n'a été établi concernant les armes de guerre des frères Kouachi.  

Entre l'ouverture du procès le 2 septembre et sa fin, trois attentats ont frappé la France : le premier a eu lieu près des anciens locaux de Charlie Hebdo, faisant deux blessés, le deuxième a été l'assassinat de Samuel Paty, le troisième, l'attaque dans la basilique de Nice qui a fait trois morts. Le premier a eu lieu là où les attaques de janvier avaient commencé. 

Tous ces attentats ont remis, au milieu de la deuxième vague du coronavirus, la question terroriste sur le devant de la scène médiatique. En septembre 2021, c'est le procès des attentats de novembre 2015 qui doit s'ouvrir

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