4 min de lecture Justice

Attentats de janvier 2015 : les trois jours où la France a retenu son souffle

RÉCIT - 14 accusés vont être jugés à partir de ce mercredi 2 septembre en raison de soupçons sur leur implication dans les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015.

Une personne lit le numéro de Charlie Hebdo sortie à la suite des attentats de janvier 2015, le 13 janvier 2015 à Paris
Une personne lit le numéro de Charlie Hebdo sortie à la suite des attentats de janvier 2015, le 13 janvier 2015 à Paris Crédit : Bertrand GUAY / AFP
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Paul Turban et AFP

Le procès des attentats de janvier 2015 s'ouvre ce mercredi 2 septembre. 17 personnes ont été tuées par trois jihadistes, eux-mêmes abattus par la police au termes de la série d'attaques. Ce sont donc 14 personnes, soupçonnées d'avoir participé de près ou de loin à l'entreprise criminelle, qui vont être jugées.

Procès historique, premier procès pour un attentat jihadiste commis en France depuis celui qui s'était tenu en 2017 pour les tueries perpétrées par Mohamed Merah cinq années plus tôt, il sera intégralement filmé pour son "intérêt pour la constitution d'archives historiques de la justice." 

En raison de la persistance de l'épidémie de Covid-19, les capacités des salles d'audience et de retransmission du tribunal judiciaire, dans le nord-ouest de Paris, sont réduites de moitié. Par ailleurs, des mesures exceptionnelles de sûreté sont mises en place, notamment des contrôles par détecteur de métaux.  

Mercredi 7 janvier : "Charlie Hebdo" décimé

Le 7 janvier, à la mi-journée, la première conférence de Charlie Hebdo se terminait dans les locaux parisien de l'hebdomadaire satirique. Une des dessinatrices, Coco, était sortie chercher sa fille. Saïd et Chérif Kouachi venaient d'abattre Frédéric Boisseau, chargé de travaux de maintenance ce jour-là au 10, rue Nicolas-Appert. 

Les frères Kouachi pointèrent une kalachnikov sur Coco. Sous la contrainte, elle ouvrit la porte du journal, protégée depuis les menaces contre le journal et la publication de caricatures de Mahomet. Ils la suivirent jusqu'au deuxième étage où ils tirèrent sur le webmaster Simon Fieschi, le blessant gravement. 

Ils sont tous morts.

L'urgentiste Patrick Pelloux au président de la République François Hollande.
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"On a entendu quelques pétards, on ne savait pas ce que c'était, raconta dès le lendemain le journaliste Laurent Léger, l'un des survivants de la tuerie. Puis la porte s'est ouverte et un type a jailli en criant 'Allah akbar'. Il ressemblait à un type du GIGN ou du Raid, il était cagoulé, il était tout en noir... et puis ça a tiré". 

Après s'être assuré que Charb, le directeur de la publication, était bien là, les frères Kouachi ouvrirent à nouveau le feu. En quelques minutes, ils abattirent 10 personnes : les dessinateurs Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré, l'économiste Bernard Maris, la chroniqueuse et médecin psychiatre Elsa Cayat, le garde du corps de Charb Franck Brinsolaro, le correcteur du journal Mustapha Ourrad et un visiteur de passage, Michel Renaud. 

Une fresque en hommage aux victimes de attentats de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2019, à Paris
Une fresque en hommage aux victimes de attentats de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2019, à Paris Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Les assaillants prirent la fuite. "On a vengé le prophète Mahomet ! On a tué Charlie Hebdo !", crièrent-ils. Nez-à-nez avec un premier groupe de policiers, ils parvinrent néanmoins à partir. Nouvel échange de tirs avec des policiers : Ahmed Merabet, un policier en patrouille boulevard Richard-Lenoir, fût tué. De nouveau, ils parvinrent à s'enfuir, direction le nord-est de Paris. 

Rapidement, le président de la République François Hollande se rendit sur les lieux, "sidéré par l'ampleur du drame", se souvient-il pour l'AFP. Les survivants et les proches des victimes furent rassemblés dans un théâtre proche de la rédaction de Charlie Hebdo. En quelques heures, le hashtag #JeSuisCharlie inonda les réseaux sociaux. 

Dans les rues, au soir de l'attentat, des milliers de personnes se rassemblent. Place de la République à Paris, la foule porte à bout de bras des lettres lumineuses qui proclament: "NOT AFRAID". 

Jeudi 8 janvier : un nouveau terroriste apparaît

Le jeudi 8 janvier vers 8 heures, alors que les frères Kouachi étaient toujours en fuite, une jeune policière municipale, Clarissa Jean-Philippe, fut abattue à Montrouge, en banlieue parisienne. Le tireur, Amedy Coulibaly, s'avéra être un proche de Chérif Kouachi. Ils étaient désormais trois terroristes dans la nature. 

Les frères Kouachi, pendant ce temps, furent reconnus par le gérant d'une station-service dans l'Aisne, à quelques kilomètres de Paris. Le Raid et le GIGN furent rapidement déployés pour fouiller une vaste zone à 80 kilomètres de Paris. Les rumeurs et théories du complot fleurirent sur les réseaux sociaux, la France et l'Europe connurent de nouveau des manifestation d'émotion

Vendredi 9 janvier : la France en suspens

Le vendredi 9 janvier débuta de nouveau par un signalement des frères Kaouchi. Repérés vers 9h30 à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), ils pénétrèrent dans une imprimerie, firent un otage et échangèrent des coups de feu avec la police. À l'intérieur, un employé resta caché plus de huit heures, parvenant à échanger des messages depuis son téléphone avec le GIGN. 

À quelques minutes d'intervalle, Amedy Coulibaly entra arme à la main dans le magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris. Les clients affolés se réfugièrent dans des chambres froides, avant que l'assaillant n’exigeât qu'ils sortent. Un employé et trois clients, tous juifs, furent tués par le terroriste. 

Il était assez franc, il nous a dit qu'il était en cheville avec les frères Kouachi.

Un témoin à propos d'Amedy Coulibaly, à l'Hyper Cacher.
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En fin de journée, les forces de l'ordre intervinrent pour mettre fin aux prises d'otage. Ils assaillirent dans l'Hyper Cacher et tuèrent Amedy Coulibaly. Les frères Kouachi sortirent de l'imprimerie en fin d'après-midi et furent aussi abattus. 

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