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À l'Assemblée nationale, la générosité piège encore la majorité

ÉDITO - Le vote sur la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé est reporté. La majorité s'est encore laissée dépasser par un sujet sociétal, analyse Oliver Bost.

L'Assemblée nationale (illustration)
L'Assemblée nationale (illustration)
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
À l'Assemblée nationale, la générosité piège encore la majorité
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L'édito politique d'Olivier Bost du 18 juin 2021
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Olivier Bost

La majorité s’est retrouvée en difficulté jeudi 17 juin, quand l’opposition a joué sur la générosité. La majorité commence pourtant à avoir un peu d’expérience : les "amateurs", comme les avait surnommé Emmanuel Macron, ont pris un peu de bouteille. Les présidents des groupes En Marche et du Modem avaient donc vu le piège politique arriver, mais ils n’ont pas pu les éviter. Et pour eux, ce n’est pas rassurant… 

Les députés de gauche comme de droite voulaient que les aides versées aux personnes handicapées ne soient plus conditionnées aux revenus du couple, comme ça l’est pour tous les minimas sociaux. Il en irait de l’indépendance financière des handicapés, et cela concerne 1,2 million de personnes en France.

L’idée coûte 700 millions d’euros par an. Le gouvernement y est fermement opposé. Il estime que la mesure revient à revenir sur un principe universel. Mercredi 17 juin, les Républicains, socialistes, communistes ou encore Insoumis étaient venus en nombre pour contrer le danger. Et le gouvernement a dégainé une arme qui n’avait pas été utilisée depuis plus de 10 ans à l’Assemblée nationale

Le vote reporté

Preuve que nous ne sommes vraiment pas dans un régime parlementaire mature, il existe la possibilité de refaire voter si un résultat ne convient pas au gouvernement. Et il y a aussi la possibilité de bloquer des votes, si le gouvernement sent que ça ne va pas dans son sens. Le vote est ainsi reporté pour un jour où la majorité sera au complet.

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C’est assez étonnant pour qui n’a pas passé quelques heures sur les bancs ou dans les tribunes de l’Assemblée. Mais cela existe, c’est dans la Constitution. C'est ce qu'a dégainé hier le gouvernement. L’opposition a de son côté quitté immédiatement l’hémicycle pour crier au scandale dans les couloirs.

Ce que cet événement raconte, c'est premièrement que la majorité se fait toujours aussi facilement piéger par les sujets sociétaux. Souvenez-vous du congé de deuil pour enfants, qui les avait fait passer pour des députés sans cœur. Deuxième enseignement, les oppositions se retrouvent facilement quand elles peuvent faire trébucher ensemble le gouvernement.

La majorité, "problème numéro un" de Macron ?

Un ministre, hier, n’en revenait toujours pas. "Cette histoire d’Allocation adulte handicapé, expliquait-il énervé, c’est tout le contraire d’une politique de gauche. Le PS s’associe à cette idée juste pour nous faire chier à trois jours des élections".

Soit, mais si le PS, avec d’autres, arrive à ses fins, c’est aussi parce que la majorité est plus fragile que ce que veulent bien reconnaitre ses responsables. Hier, elle a été lâchée par son partenaire, le groupe Agir. La fois précédente, c’était par le groupe Modem. Elle s’est aussi retrouvée en difficulté sur la proposition de loi sur la fin de vie.

Tous ces sujets n’ont rien à voir les uns avec les autres. Mais cela pourrait aussi se reproduire sur d’autres sujets, une réforme des retraites par exemple... "Si ça ne tenait qu’à Macron, tout se ferait", tranche un autre ministre qui ajoute : "Son problème numéro 1, c’est la majorité".

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