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49.3, "cabinet noir", frondeurs : ce qu'il faut retenir de l'interview de Hollande au "Point"

À quelques semaines de la passation de pouvoir, François Hollande s'est confié à l'hebdomadaire dans une interview-fleuve.

François Hollande le 28 novembre 2016 dans son bureau à l'Élysée
François Hollande le 28 novembre 2016 dans son bureau à l'Élysée
Crédit : AFP / Thibault Camus
Clarisse Martin
Clarisse Martin

En mai, ce sera terminé. Les Français auront désigné le successeur de François Hollande. Dans cette perspective, l'actuel occupant du palais de l'Élysée - à l'écart de la campagne présidentielle qui bat son plein - a accordé un long entretien à l'hebdomadaire Le Point, dans lequel il fait oeuvre d'introspection sur le quinquennat écoulé. Une publication qualifiée de "testament" par le magazine, dans laquelle il s'épanche sur les cinq dernières années et les faits qui ont jalonnés sa présence au 55, rue du Faubourg Saint-Honoré.

Et s'il a pris la décision de ne pas être candidat à sa propre succession en décembre 2016, François Hollande ne baisse pas pour autant la tête et défend becs et ongles son bilan, justifiant ses choix passés et se félicitant des mesures adoptées pour remettre le pays à flots.

Un Président satisfait de ses choix et de son action à la tête de l'État

Si François Hollande s'en va avec des regrets, il n'en laisse rien paraître. "Une fois élu, j'ai rempli ma fonction face à tout ce qu'il m'a fallu affronter : les guerres, le terrorisme et les réformes sociales, économiques, administratives que j'ai menées", défend le Président. Et s'il admet des "déceptions" notamment concernant certaines nominations, François Hollande défend celle de Jean-Marc Ayrault, locataire de Matignon pendant deux ans. "S'il y a une nomination que je ne regrette pas, c'est bien celle-là", tranche-t-il.

François Hollande se targue aussi d'avoir redressé la France. En notant que les candidats à la présidentielle "ne font pas le tour des sites sinistrés ou des catastrophes industrielles comme ils le faisaient [lui] en premier, en 2012", le chef de l'État juge cela "normal" : "Il n'y en a presque plus." Et qu'on ne lui oppose pas le mécontentement des Français ou le fait qu'il ait été le Président le plus mal-aimé de la Ve République selon les sondages : "Dans notre pays, les réussites, les avancées, les progrès ne sont jamais salués", estime-t-il.

La "fronde", une "outrance suicidaire sur le plan politique"

Si François Hollande ne se dit pas blessé personnellement par les agissements des "frondeurs", il estime que "leur stratégie ne pouvait conduire nulle part". "Ceux qui dans la majorité, s'étaient déchaînés contre ma politique n'ont récolté aucun laurier". Entre les lignes, ont pourrait croire que le message est adressé à Benoît Hamon, le candidat socialiste dont la campagne marque le pas, à 10 jours du premier tour de l'élection présidentielle. Candidat et ancien ministre de l'Éducation nationale, qui a quitté le gouvernement en août 2014 sur fond de désaccord politique. François Hollande porte une regard sévère. "Leur stratégie ne pouvait conduire nulle part".

Le "cabinet noir" du pouvoir, une affabulation

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C'est une expression au cœur de l'actualité. Empêtré dans des affaires de soupçons d'emplois fictifs de plusieurs membres de sa famille et sous le coup d'une enquête judiciaire, François Fillon accuse le pouvoir d'être à la tête d'un "cabinet noir", une machination qui viserait à l'empêcher de mener à bien sa campagne présidentielle. François Hollande estime ne rien avoir à se reprocher. "Il faut se mettre ça dans la tête, la justice est indépendante", met-il en garde. "Ceux qui n'ont rien à se reprocher n'ont aucune raison de craindre la justice." Une recommandation qui sonne comme un avertissement.

Le 49.3, une mesure qu'il "conseille" à ses successeurs

Jusque-là, c'était surtout Manuel Valls qui avait essuyé les coups découlant de l'utilisation de l'article 49.3 de la Constitution. Le chef de l'État ne semble en aucun cas regretter d'avoir eu recours à cette mesure. "Malgré la fronde de 30 à 40 députés, j'ai pu faire passer tous mes textes et il n'y a eu que deux 49.3. Je conseille d'ailleurs à mes successeurs de garder cette arme", se félicite le Président, qui commet une inexactitude. L'exécutif a eu recours à l'article 49.3 pour deux textes, la loi Macron et la loi travail, mais à 4 reprises, et non 2 comme il le dit. Une mesure qu'il qualifiait, alors qu'il était premier secrétaire du Parti socialiste en 2006, de "déni de démocratie".

La campagne présidentielle et au-delà...

"Si je me demandais ce que j'allais faire après, je ne serais pas capable de faire ce que j'ai à faire". François Hollande est ferme et ne dira rien de plus. Ce dont il est sûr, c'est qu'il ira voter aux deux tours du scrutin présidentiel, et qu'il se prononcera en faveur - ou contre ? - une candidature dans l'entre-deux tours. Même si, il le revendique, François Hollande n'est pas satisfait du système électoral actuel. "La primaire est totalement antinomique de la fonction présidentielle", et s'il y avait consenti en 2011, elle lui semble à présent responsable de la mort future des partis dits de gouvernement. Elle désigne des "candidats à vau-l'eau, comme aurait dit le général de Gaulle", pense le chef de l'État, qui tient à mi-mot ce fonctionnement  comme en partie responsable de son renoncement à briguer une seconde candidature.

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