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"Il a plaqué la tête de mon client sous l'eau" : sur RTL, l'avocat d'un lycéen mis en cause dans le lynchage d'un policier annonce une plainte pour "tentative de meurtre"

L'avocat de l'adolescent mis en cause pour le lynchage d'un policier à Belfort annonce déposer plainte pour tentative de meurtre. Le policier était en effet en train d'interpeller le jeune homme lorsqu'il a été pris à partie, et lui a maintenu la tête sous l'eau au moment de l'arrêter.

Le policier lynché à Belfort vendredi 2 octobre a auparavant été filmé en train d'interpeller un jeune homme dans une rivière.

Crédit : Capture d'écran X.

Guillaume Ouattara & Laurène Rocheteau

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L'avocat du jeune homme de 17 ans, accusé d'avoir porté des coups à un policier de Belfort lors de débordements en marge des manifestations de lycéens, annonce déposer plainte pour tentative de meurtre. L'adolescent, qui était à l'origine interpellé par le policier avant que celui-ci ne soit pris à partie par un groupe de jeunes, s'est retrouvé avec la tête dans l'eau lors de son arrestation. 

Selon le procureur de la République de Belfort, qui a fait un point sur la situation ce dimanche 4 octobre, l'adolescent a affirmé en garde à vue qu'il "ne pense pas" que le policier essayait de le noyer, mais qu'il a "eu cette impression au départ" parce qu'il était "surpris". Son avocat, Arié Alimi, membre du bureau national de la Ligue des droits de l'Homme, réfute toutefois les affirmations du procureur et dénonce un acte en tout état de conscience du policier. 

Son client "a clairement indiqué avoir eu la tête maintenue sous l'eau" lors de son interpellation, rapporte l'avocat à RTL, révélant sur notre antenne que "le fonctionnaire de police l'a reconnu également (...) qu'il a plaqué la tête de mon client sous l'eau". 

Le ministre de l'Intérieur également visé par la plainte

Alors que le procureur de la République affirmait dans un premier temps que l'adolescent n'avait pas l'intention de porter plainte, puis a admis qu'une intention de plainte avait été déposée auprès de son greffier, l'avocat affirme que la plainte a été très clairement "déposée", que le procureur l'a "entre ses mains" et que ses services l'"ont signée". 

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Arié Alimi précise que la plainte vise également le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qu'il accuse d'avoir donné des instructions aux fonctionnaires de police dans le cadre des manifestations lycéennes. "Nous pensons fortement que ce type d'acte d'une véritable sauvagerie n'aurait pu avoir lieu s'il n'y avait pas eu des instructions particulières qui ont été données par le supérieur de ce fonctionnaire de police", déclare-t-il. 

L'avocat charge le procureur de Belfort

Il dénonce également un manque de neutralité du procureur de la République de Belfort, Paul-Édouard Lallois, dans cette affaire : "Le procureur de la République est le directeur d'enquête et le superviseur organique de ce fonctionnaire de police. Il va se faire l'avocat du fonctionnaire de police malgré les violences terribles qu'il a commises contre un mineur." 

Il pointe également du doigt les informations données par le procureur lors de sa conférence de presse ce dimanche, "en sélectionnant certains passages de manière partielle et partiale, en extrapolant les propos de mon client qui est un enfant et qui parle très mal et comprend mal le français", étant d'origine bulgare. 

Le procureur avait en effet apporté, lors de sa conférence de presse, des éléments semblant éloigner la théorie d'une possible tentative de noyade : il avait par exemple évoqué la profondeur du point d'eau, de 19 cm, ("moins que la largeur d'une feuille A4", a déclaré le procureur) et assuré que le policier avait rapidement emmené l'adolescent hors de l'eau pour l'interpeller. Or, l'avocat du jeune homme assure que son client "a bien eu sa tête maintenue sous l'eau par le fonctionnaire de police pendant un certain temps". 

Une sanction "disproportionnée" demandée par le procureur

L'avocat demande désormais la délocalisation de la procédure pour "apaiser la situation judiciaire", dénonçant par ailleurs des sanctions selon lui trop sévères demandées par le procureur, dont le parquet a requis le placement en détention judiciaire pour l'adolescent, qui a reconnu en garde à vue avoir porté des coups violents au policier. 

"C'est manifestement disproportionné puisque mon client, je le rappelle, n'a aucun antécédent judiciaire, c'est un enfant, il n'a jamais commis la moindre infraction de sa vie, il a été victime d'une tentative de meurtre par un fonctionnaire de police. Quoi qu'il ait pu faire après, s'il a pu faire quelque chose, c'est absolument disproportionné que de réclamer sa détention provisoire", conclut son avocat. 

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