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Violences policières : Cédric Chouviat a répété sept fois "J’étouffe !" avant de mourir

VU DANS LA PRESSE - "Le Monde" et "Mediapart" ont rapporté les enregistrements de l'interpellation de Cédric Chouviat, le 3 janvier dernier. L'homme de 42 ans aurait crié plusieurs fois "j'étouffe!" avant de mourir.

Le 13 décembre 2019 Rachid R. était abattu de plusieurs balles par trois policiers après les avoir menacés avec une scie.
Le 13 décembre 2019 Rachid R. était abattu de plusieurs balles par trois policiers après les avoir menacés avec une scie. Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Florise Vaubien
Florise Vaubien Journaliste

Les enregistrements du téléphone de Cédric Chouviat ont rapporté les derniers instants de cet homme de 42 ans décédé à la suite d'une interpellation par quatre officiers de la police à Paris. "J'étouffe" ont été les derniers mots de la victime, faisant un triste écho à l’affaire George Floyd qui a embrasé les États-Unis ces dernières semaines. Mercredi 17 juin, les autorités ont placé en garde à vue les officiers impliqués. Ils ont été auditionnés par l’Inspection générale de la police nationale : une information judiciaire a alors été ouverte pour "homicide involontaire".  

Ce "cri d'agonie". "J'étouffe", Cédric Chouviat, le répète sept fois ce 3 janvier 2020. Avant cette issue dramatique, il est interpellé par quatre policiers quai Branly au bord de la Seine, pour une raison qui reste encore inconnue, rapportent Le Monde et Médiapart. Un échange s'ouvre entre lui et les fonctionnaires de police, filmé sur le portable de la victime. Cette séquence vidéo que les enquêteurs ont pu visionner débute alors que "le contrôle routier est déjà en cours".

Un échange houleux mais "correct"

Dans le rapport d’expertise, les enquêteurs relèvent un échange "relativement correct", avec une sorte de "provocation" ou de "défiance" dans les paroles de Cédric Chouviat. "Je suis très correct, voilà, comme ça vous kiffez mettre des amendes aux gens, c’est votre travail", entend-t-on sur l'enregistrement. À plusieurs reprises, il traite les policiers de "clowns", ou de "guignols" mais ne présente aucun danger. 

L'altercation se poursuit. "À trois reprises, le contrôle semble prendre fin, mais à chaque fois, un échange verbal le relance", détaille Le Monde. Au bout de neuf minutes et quarante-quatre secondes, un policier croit avoir entendu "fils de pute". Toutefois, les experts n'ont identifié aucune insulte de la sorte sur la bande sonore

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Le ton monte. On entend ensuite Cédric Chouviat demander aux fonctionnaires de ne pas le toucher à plusieurs reprises. Des bruits de frottement et un claquement de menottes se font entendre. Puis le drame. Cédric Chouviat hurle ces dernières paroles : "Arrête", puis "je m’arrête", et enfin ce cri, lancé sept fois : "J’étouffe !". Quelques secondes plus tard, l’homme ne respire plus : les secours dépêchés sur place n'arriveront pas à le sauver. 

Les derniers mots de Cédric font de son cri d’agonie, un cri universel

Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, avocats de la famille Chouviat
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"Les derniers mots de Cédric font de son cri d’agonie, un cri universel", estime Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, avocats de la famille Chouviat. "Chaque fonctionnaire et le ministère de l’intérieur ont désormais la connaissance que les techniques d’étranglement et de plaquage ventral peuvent tuer n’importe qui à n’importe quel moment. Toute utilisation de ces techniques sera désormais constitutive de meurtre", estime de son côté l'avocat Arié Alimi. 

Le ministre de l’intérieur Christophe Castaner "avait fait référence à l’affaire Chouviat et avait annoncé la fin de l’enseignement de la 'clé d’étranglement' aux forces de l’ordre". Une semaine plus tard, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, annonçait que dans l’attente d’une méthode alternative, cette technique très controversée pourrait continuer à être utilisée, quand "les circonstances l’exigent", avec "mesure et discernement".

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