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Meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti : 36 ans après, le suspect sera jugé

Marie-Thérèse Bonfanti, 25 ans, a été tuée en 1986 par Yves Chatain, qui a reconnu le meurtre. Après 36 ans, la justice a estimé que le crime n'était pas prescrit et relance l'enquête.

Marie-Thérèse Bonfanti
Marie-Thérèse Bonfanti
Crédit : DR
Meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti : pourquoi le suspect pourrait ne jamais être jugé ?
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"Ma maman n'a pas le droit à l'oubli", clame la fille de Marie-Thérèse Bonfanti
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Serge Pueyo & Cindy Hubert - édité par Nicolas Barreiro

La cour d'appel de Grenoble a rendu sa décision ce mardi 24 janvier : le meurtrier de Marie-Thérèse Bonfanti sera bien jugé 36 ans après son crime. La jeune femme de 25 ans, mère de famille, a disparu en 1986 en Isère. L'affaire est restée non-élucidée jusqu'à l'année dernière. Yves Chatain, qui a étranglé sa victime après une simple altercation, est passé aux aveux. La famille n'a jamais perdu l'espoir de retrouver le coupable mais aujourd'hui, le combat de toute une vie a failli être balayé.

Pendant 36 ans, Thierry Bonfanti s'est battu pour savoir ce qu'était devenue sa femme. Aujourd'hui, il n'aurait pas compris que son meurtrier présumé ne soit jamais jugé, si la justice avait considéré que son acte était couvert par la prescription

"Cette loi est insensée. Ça veut dire qu'un criminel, au bout de 30 ans, ce n'est plus un criminel. On doit lui donner tous les honneurs et il doit reprendre sa vie comme si rien n'était. Pour moi, c'est inconcevable", estime le mari de la victime. "Cette loi, il faut qu'elle change".

"Ma maman n'a pas le droit à l'oubli"

"Ce n'est absolument pas une remise en question de la qualité de victime de la famille Bonfanti", explique l'avocate d'Yves Chatain. "On parle d'un crime qui a été commis il y a 36 ans. L'essence même du principe de prescription c'est qu'on ne peut plus poursuivre des auteurs au bout d'un certain temps", ajoute-t-elle. Thierry Bonfanti ne lâchera jamais, en hommage à sa femme. "Mon épouse Marie-Thérèse mérite qu'on aille jusqu'au bout. C'était ma femme, que j'aimais plus que tout, la mère de mes enfants. Donc, on ira jusqu'au bout".

Erika Bonfanti avait quatre ans lorsque sa mère a disparu. Elle aussi ne peut envisager de voir Yves Chatain échapper à la justice. "C’est un meurtrier, c’est prouvé maintenant. La suite logique serait qu’il y ait un procès pour qu’il puisse répondre de son acte. Il a caché ça pendant 36 ans, il a vécu une vie tranquille alors que nous avons dû mener un combat difficile", estime-t-elle. "C'est difficile de se dire que cet home, qui avoué son meurtre après 36 ans, puisse tout de même prétendre à faire jouer cette loi pour sortir sans être jugé, reprendre le fil de sa vie". 

"S'il sort comme ça, du jour au lendemain, quand est-ce qu'il paie pour ce qu'il a fait ?", s'interroge Erika. "La prescription, c’est invoquer le droit à l’oubli. L’oubli de ce qu’il a fait. Ma maman, elle, n’a pas droit à l’oubli. Une maman, on ne l’oublie pas. On a donc besoin d’obtenir une certaine justice".

Que dit la loi sur la prescription ?

La défense du suspect invoque la prescription car il s'agit de la loi ou plutôt, c'était la loi. Aujourd'hui, un meurtre est prescrit au bout de 20 ans mais c'était 10 ans à l'époque. C'est pourquoi, dans les cold-cases, les familles et les avocats se battent pour relancer leur affaire. C'est une course contre la montre car il suffit d'un nouvel acte d'enquête. Cela peut être n'importe quoi : un nouveau renseignement ou une demande de rapprochement avec un autre meurtre pour repousser la prescription.

Dans ce cas, il n'y a, a priori, rien de tout ça. Mais une brèche pourrait permettre de juger cet homme. Si la cour d'appel parvient à prouver que Marie-Thérèse Bonfanti a été enlevée, l'enlèvement étant une infraction continue, elle ne serait pas prescrite. La cour d'appel a estimé que le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti n'était pas prescrit. Yves Chatain peut encore contester cette décision et faire un recours en cassation. À ce stade, le dossier a été transmis au juge d'instruction, chargé de poursuivre l'enquête.

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