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"Maison de l'horreur" dans le Pas-de-Calais : le point sur ce que l'on sait

Une semaine après la découverte d'une fratrie maltraitée dans une maison du Pas-de-Calais, le parquet de Béthune a diffusé quelques éléments de l'enquête. Les parents seront jugés prochainement.

La police judiciaire (illustration).
La police judiciaire (illustration).
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
"Maison de l'horreur" dans le Pas-de-Calais : ce que l'on sait sur cette affaire
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Benoît Leroy & AFP

Une histoire qui fait froid dans le dos. Près d'une semaine après la découverte d'une dizaine d'enfants maltraités dans une maison de Noyelles-sous-Lens (Pas-de-Calais), les questions sont encore nombreuses. Pourquoi rien n'avait été fait plus tôt ? Jusqu'où sont allés les parents ? Qu'en est-il des enfants ? 

Pour rappel, mardi 30 août, les policiers ont découvert plusieurs enfants d'une même fratrie, vivant tous dans des conditions parfois effroyables. Peu avant l'intervention policière, l'un des dix enfants de la famille avait franchi la porte du commissariat local. Face aux policiers, l'aîné de la famille explique alors dans quelles conditions vivent ses frères et sœurs à Noyelles-sous-Lens, ville située à quelques kilomètres seulement la cité lensoise.

Sur place, les policiers tombent devant deux enfants - âgés de deux et cinq ans - attachés sur leurs chaises hautes. Pour le plus jeune, les agents de police constatent que celui-ci est atteint de soucis d'élocutions et qu'il arrive péniblement à se mouvoir. Après le lancement de l'enquête, les forces de l'ordre se rendent compte que les enfants de la famille ne vont que très peu à l'école

Les enfants ne présentaient "pas de traces de sévices graves"

À l'origine de l'alerte, le jeune homme ne vivait plus au domicile familial. Selon son témoignage, il serait venu dans la maison et aurait été mis à la porte de celle-ci à la suite d'une dispute avec son père. 

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Au total, la famille compte dix enfants, âgés de 4 mois à 24 ans. Seulement six habitaient encore dans la maison de Noyelles-sous-Lens, au quotidien. Selon le parquet de Béthune, les enfants ne présentaient "pas de traces de sévices graves qui auraient provoqué des cicatrices". Depuis la découverte des policiers, les six enfants encore mineurs du couple ont été placés par l'Aide sociale à l'enfance (ASE). 

Placés, de manière séparée, dans des familles d'accueil, les enfants auraient confié avoir vécu une enfance violente et faite de privation de liberté. Des témoignages similaires à celui donné par l'aîné de 24 ans, face aux policiers.

Qu'en est-il des parents ?

D'après les premiers éléments, le père serait âgé de 44 ans et la mère de famille, elle, de 40 ans. Le couple a une situation très précaire financièrement. Lui étant garagiste au noir et elle sans emploi.

Dimanche 4 septembre, le procureur de Béthune Thierry Dran a indiqué que le couple serait jugé en janvier prochain, devant le tribunal correctionnel. Ils sont poursuivis pour "soustraction par ascendant aux obligations légales" et "violences sur mineur de 15 ans par ascendant", sans incapacité totale de travail. Pour ces faits, les deux parents encourent jusqu'à cinq ans de prison.

Devant l'école élémentaire des enfants, les parents d'élèves estiment qu'il aurait fallu agir plus tôt. "Oui, on les voyait souvent...avec leurs bouteilles. C'est méchant à dire, mais c'est vrai. Il y avait eu plein de problèmes avec les petits. Ce n'était pas à nous de bouger, c'était aux professeurs. Moi, je suis bouleversée", déclare une maman, croisée devant l'école. À l'inverse, une amie de la famille assure que les enfants "ne manquaient de rien". "On les attache pour qu'ils ne tombent pas. Entre 'attaché' et 'ligoté', il y a une différence", assure Sylvie. "Ce n'était pas évident pour les parents".

L'État a-t-il failli à sa mission ?

Une "enquête administrative" va être menée sur les "défaillances" de la prise en charge de cette famille, connue des services sociaux depuis 2013, dont les parents viennent d'être renvoyés devant la justice pour maltraitances sur leurs dix enfants, a annoncé lundi 5 septembre le gouvernement. La famille n'était pas connue de la Justice. 

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