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Pourquoi Tariq Ramadan reste mis en examen pour viols

Info RTL INFO RTL - Dans ses motivations, que RTL a pu consulter, la chambre de l’instruction considère que les éléments à décharge présentés par la défense du prédicateur suisse ne remettent pas en cause les suspicions de viols sur les plaignantes.

L'islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols par deux plaignantes
L'islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols par deux plaignantes
Crédit : MEHDI FEDOUACH / AFP
Thomas Prouteau - édité par Éléonore Merlin

Les mots sont prudents mais les conclusions cinglantes. Dans leur décision rendue jeudi 14 mars, les magistrats de la chambre de l’instruction taillent en pièces les arguments présentés en janvier par l’avocat de Tariq Ramadan afin d’obtenir la "démise en examen" de son client pour les viols présumés de "Christelle" (un prénom d’emprunt) et d'Henda Ayari.

Concernant d’abord la possible présence de "Christelle" à une conférence de l’islamologue à l’heure-même où elle situe l’agression, en octobre 2009, et désormais rendue plausible par plusieurs expertises versées au dossier, les magistrats considèrent que cela ne change pas la donne, et précisément que cela "ne rend pas pour autant invraisemblable" le fait qu’elle ait été violée. Autrement dit : même si le récit de "Christelle" est inexact, même si elle menti comme l’affirme la défense de Tariq Ramadan, cela ne remet pas en cause les accusations de viols.

De la même façon les magistrats écartent à ce stade les doutes sur le SMS contesté de Christelle ("si je passais un mauvais moment je serais partie"). A-t-il été envoyé bien avant les faits, comme l’affirme la plaignante, ou le lendemain du viol présumé, comme l’affirme la défense ?  Les juges estiment que cela mérite "des investigations complémentaires". 

Les indices graves et concordants demeurent

Dans ses conclusions, la chambre de l’instruction considère donc que les indices "graves et concordants" qui ont conduit à la mise en examen de Tariq Ramadan sont toujours valables. Notamment "les déclarations constantes et réitérées" de Christelle depuis novembre 2017 relatant une "fellation forcée" et une "pénétration anale violente", sa dénonciation d’une "agression sexuelle" auprès d’un médecin un mois après les faits. Deuxièmement les témoignages concordants de plusieurs personnes qui attestent que la plaignante leur a décrit, à l’époque, un viol.

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Ou encore  les SMS explicites de Tariq Ramadan envoyés le lendemain des faits, notamment "j’ai senti ta gêne. Désolé pour ma violence. J’ai aimé. Tu en veux encore ?". Pour enfoncer le clou, les juges soulignent la volonté de Tariq Ramadan d’avoir choisi dans un premier temps de dissimuler et de nier la relation sexuelle avant son revirement de novembre de l’automne dernier. Et constatent in fine la similitude entre la version de Christelle - s'agissant notamment "d'un tirage de cheveu, d'une sodomie et de gifles", écrivent-ils -  et les actes finalement reconnus par l’islamologue.

Concernant Henda Ayari, même logique. Si ce n’est que pour l’ancienne salafiste devenue militante féministe, c’est la Brigade criminelle de Paris, chargée de l’enquête qui en prend pour son grade. Dans des conclusions récentes, les policiers écrivaient en effet que les messages enamourés envoyés par Henda Ayari pendant plusieurs mois après le viol présumé "mettent à mal les déclarations et les accusations" de la plaignante. "Le point de vue" des enquêteurs "ne prend pas en considération" les explications "déjà apportés" par la cliente cinglent les magistrats.

Et ils écartent d’une même main les cinq témoignages de proches de Henda Ayari qui remettent en cause la "réalité de l’agression". Là encore, la chambre de l’instruction considère que les indices graves et concordants qui ont conduit à la mise en examen pour viols restent valables, quand bien même la liste est moins longue et moins étayée : essentiellement les déclarations constantes et réitérées de la plaignante, les dissimulations de Tariq Ramadan et la similitude désormais entre le récit de l’islamologue et Henda Ayari.

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