2 min de lecture Enquête

Affaire Ramadan : une des plaignantes s'est expliquée sur un SMS controversé

L'homme avait reconnu une relation sexuelle avec chacune de ses accusatrices, consentie selon lui, après des mois de dénégations. Il est sorti de détention provisoire fin novembre.

L'islamologue Tariq Ramadan
L'islamologue Tariq Ramadan Crédit : MEHDI FEDOUACH / AFP
Martin Planques
Martin Planques et AFP

Une des femmes qui a porté plainte pour viol contre Tariq Ramadan a affirmé jeudi 31 janvier aux juges d'instruction qu'un de ses SMS, au cœur de l'enquête, avait été envoyé avant leur unique rencontre le 9 octobre 2009, et non après comme le supposent les enquêteurs, a expliqué son avocat à l'AFP.

Ce SMS, dans lequel elle écrit que Tariq Ramadan lui a "manqué" dès qu'elle a "passé la porte", n'est pas horodaté et deux visions s'opposent. D'un côté, la plaignante, surnommée "Christelle" dans les médias, assure que ce SMS remonte au 6 septembre 2009 à la suite d'un échange sur Skype ; de l'autre, les enquêteurs laissent entendre qu'il n'a pu être envoyé qu'après la rencontre.

Une abondante correspondance, exhumée d'un ancien téléphone de "Christelle", avait poussé M. Ramadan, mis en examen pour viols sur elle et sur Henda Ayari le 2 février 2018, à un changement de stratégie à l'automne. Il avait reconnu une relation sexuelle avec chacune de ses accusatrices, consentie selon lui, après des mois de dénégations. Il est sorti de détention provisoire fin novembre.

"Christelle" soumise à une expertise psychiatrique et psychologique

Une expertise psychiatrique et psychologique à laquelle "Christelle" a été soumise a par ailleurs conclu qu'elle ne présentait "pas d'anomalie mentale ou psychique" et que "son discours, constant, peut être entendu", selon un document dont l'AFP a eu connaissance. 

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"Cela prouvera à ceux qui injuriaient ma cliente, comme Tariq Ramadan qui l'avait qualifiée de 'folle' au cours de leur confrontation, que ce n'est pas le cas et que ce qu'elle raconte est crédible", s'est félicité son avocat, Me Eric Morain. Une autre expertise demandée par les juges devait déterminer si une femme, visible sur une vidéo de la conférence donnée par Tariq Ramadan à Lyon le 9 octobre 2009, pouvait être "Christelle", alors qu'elle l'accuse de viol perpétré dans un hôtel peu avant.

Dans ses conclusions, l'expert dit soutenir "modérément à fortement l'hypothèse" selon laquelle c'est le cas. Interrogée sur la méthodologie, une source proche du dossier a expliqué que 13 critères avaient été analysés : 6 ont été jugés ressemblants et 7 ont été qualifiés de différents, non appréciables ou non observables. 

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