3 min de lecture Enquête

Affaire Troadec : les zones d'ombres que la reconstitution pourrait éclaircir

ÉCLAIRAGE - Une reconstitution sur les lieux du massacre de la famille Troadec, assassinée près de Nantes en février 2017, aura lieu cette nuit, en présence d'Hubert Caouissin, le principal suspect. Elle devrait permettre de compléter le dossier qui s'apparente à un puzzle aux pièces manquantes.

La reconstitution se déroulera dans la nuit de lundi 29 au mardi 30 avril, au pavillon d'Orvault, toujours sous scellés
La reconstitution se déroulera dans la nuit de lundi 29 au mardi 30 avril, au pavillon d'Orvault, toujours sous scellés Crédit : Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
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Joanna Wadel
et AFP

Deux ans après la découverte des corps de Pascal Troadec, son épouse Brigitte, 49 ans, et leurs enfants Sébastien, 21 ans, et Charlotte, 18 ans, dans leur maison d'Orvault, près de Nantes, un épais mystère entoure encore les circonstances du massacre qu’Hubert Caouissin reconnaît avoir perpétré.

Que est-il réellement passé entre le principal suspect du quadruple assassinat, et la famille Troadec, le 16 février 2017 ? C'est tout l'objet de la reconstitution qui va se jouer cette nuit, au pavillon de l’agglomération nantaise dans lequel s'est déroulé le drame, en présence de l'accusé, qui sera extrait de sa cellule de la maison d'arrêt de Nantes dans la soirée. Avec "le dossier Troadec c'était évident qu'il y aurait un jour ou l'autre une reconstitution de ce qui s'est passé dans la maison d'Orvault", a confié à l'AFP Me Loïc Cabioch, l'avocat de Lydie Troadec, compagne du suspect, elle-même sous contrôle judiciaire et mise en examen dans cette affaire. 

Car en dépit du récit macabre livré par l'ancien ouvrier de l’arsenal de Brest ; qui a avoué avoir tué à coups de pied-de-biche son beau-frère, sa femme et leurs enfants, à la suite d'une altercation dans leur buanderie en pleine nuit, puis démembré, brûlé et répandu leurs restes autour de sa propriété, de nombreuses zones d'ombre subsistent quant au déroulé exact des faits. 

La préméditation et le "trésor" familial posent question

À commencer par le caractère prémédité des meurtres. Une thèse soutenue par la partie civile, que réfute Hubert Caouissin, qui affirme s'être introduit vers 23h30 par effraction chez sa belle-famille, sans arme. L'homme, sans antécédent judiciaire, se serait saisi d'un pied-de-biche brandi par le frère de sa compagne, avec lequel il aurait attaqué le couple après une dispute. 

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Seulement, le quadragénaire résidant à Pont-de-Buis, dans le Finistère, convoitait de longue date l'héritage de Pascal Troadec : un "trésor" familial constitué de "lingots d'or" que ce dernier, selon les dires du suspect, aurait dû partager avec sa sœur Lydie. Un ressentiment couvé depuis "2006-2007", qui selon le procureur de Nantes, aurait poussé Hubert Caouissin à "espionner" son beau-frère à l'aide d'un stéthoscope plaqué sur les fenêtres et les murs de sa maison d'Orvault, le jour-même du drame. Pour l'heure, aucune trace de ce fameux butin n'a été retrouvée. 

Des circonstances qui restent à préciser

La manière dont le suspect s'est introduit sur les lieux, et l'ordre dans lequel se sont déroulés les faits restent également à établir. Une quantité importante de traces de sang a été relevée dans plusieurs pièces du logement par la police technique et scientifique.

"Le but est d'abord de vérifier que les déclarations du suspect sont compatibles avec la matérialité des lieux, la disposition des pièces et qu'elles le sont aussi avec ce qu'ont pu établir les experts", notamment ceux en morphoanalyse, indique Me Cabioch. 

Les crânes des victimes toujours introuvables

L'autre énigme que les enquêteurs devront élucider concerne le sort réservé aux dépouilles de la famille, chargées dans la Peugeot 308 du fils Troadec, puis transportées à plus de 240 km d'Orvault, tronquées en morceaux, brûlées dans un four et dispersées - en partie - sur le terrain d'Hubert Caouissin et Lydie Troadec à Pont-de-Buis. 

Des morceaux de corps et des objets appartenant aux défunts avaient été découverts peu après les faits. Mais d'autres parties, notamment les crânes des victimes, demeurent introuvables malgré le transport d'Hubert Caouissin sur les lieux le 12 mars, puis de nouvelles fouilles début avril dont les enquêteurs sont revenus bredouilles.  

Un potentiel renvoi aux assises en 2020

La reconstitution, qui se déroulera dans la nuit de lundi 29 à mardi 30 avril - afin de retrouver des conditions de luminosité semblables à celles de l'époque des faits - ne résoudra pas à elle-seule les nombreuses énigmes de l'affaire, mais elle s'annonce comme un épisode important de l'instruction qui se rapprochera ainsi un peu plus de sa fin, laissant présager un renvoi devant les assises en 2020.

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