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TikTok : dans la bataille États-Unis/Chine, l'Europe reste spectatrice

Alors que Donald Trump tente de "bannir" l'entreprise chinoise TikTok aux États-Unis, l'Europe reste en retrait. Pourtant, il y a bien un enjeu important d'indépendance numérique.

Une adolescente portée disparue retrouvée grâce à Tiktok
Une adolescente portée disparue retrouvée grâce à Tiktok
Crédit : AFP
TikTok : dans la bataille États-Unis/Chine, l'Europe reste spectatrice
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Anaïs Bouissou & Coline Daclin

Ce week-end, le président américain a frappé fort. Il a annoncé le "bannissement" de l’application star TikTok, dont la maison mère est chinoise. Mais pourquoi ce géant du numérique chinois inquiètent-t-il tant les États-Unis ? 

TikTok est l’application phare des 13-25 ans. Elle permet de faire des vidéos courtes, avec des musiques, des petites blagues, des filtres pour changer la voix ou le visage. C’est un succès monstre. Toutes ces vidéos, ce sont les données personnelles de millions de personnes qui sont stockées. Avec toutes ces informations entre les mains, TikTok a, potentiellement, une grande force de frappe économique et politique, directement à portée de clic.   

Quand les réseaux sociaux sont Américains, comme Twitter ou Facebook, ce pouvoir sur les données reste accepté.  Bien que Donald Trump ait aussi des griefs contre les réseaux sociaux américains. Mais quand il s’agit de TikTok, un réseau originaire de Chine, Donald Trump est nettement moins content. Et il l'est encore moins à l’approche des élections présidentielles, parce que la préférence nationale est un thème cher au président Républicain.   

Un modèle économique en jeu

Mais l’enjeu va bien au-delà d’une seule entreprise chinoise. Pour le constructeur asiatique de smartphones Huawei, c'est la même chose. Même succès commercial, même conséquence. Huawei est accusé d’espionnage. L’administration américaine lui livre une guerre commerciale sans merci.   

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Au fond, c’est un modèle économique qui est en jeu. Même les géants du numérique américain utilisent l'argument "anti-Chine". La semaine dernière, les patrons d’Apple, Facebook, Google et Amazon, les empereurs américains de l’économie en ligne, ont dit défendre "la liberté, la démocratie, l’innovation, face à une Chine dont la version internet serait bien plus fermée".   

Vu de l’Europe, en ce qui concerne le numérique, on peut imaginer un violent combat entre un énorme grizzly américain d’un côté, face à un gros tigre chinois de l’autre, à grands coups de griffes. L’Europe, dans tout ça, c’est plutôt le petit chaton qui court derrière.   

Les Européens tentent donc d’y remédier : les gouvernements Français et Allemand viennent ainsi de lancer le projet "Gaia X", pour tenter de faire émerger un cloud européen, pour stocker les données numériques européennes. L’enjeu est clairement assumé par le ministre de l’économie Bruno Le Maire : être autonome. "Nous ne sommes pas la Chine. Nous ne sommes pas les États-Unis", a-t-il dit.  

En Europe, pas d'autonomie numérique

À l’heure actuelle, il ne s'agit encore que de belles déclarations d’intention. L’autonomie numérique n'est pas encore atteinte et en attendant, l'Europe subit. Elle semble bel et bien vouloir se lancer dans développement de l’internet du futur, avec la 5G, sans le numéro 1 mondial chinois Huawei. Mais pour la gestion du cloud, c'est plus complexe. Un rapport d’expert européen indique que la plupart des données déjà en ligne "sont stockées hors de l’Europe, ou sur des serveurs appartenant déjà à des sociétés non européennes".   

Pour TikTok, c'est la même chose. Sauf qu'en France, le gouvernement le transforme, en plus, en élément de communication. Les téléchargements de cette application ont littéralement explosé pendant le confinement, ce qui n’a pas échappé au gouvernement. Il a lancé sur TikTok une campagne de lutte contre les violences aux enfants. Et cela n’a pas échappé non plus, au président Emmanuel Macron, qui a choisi de féliciter les tous jeunes bacheliers cette année sur TikTok. "Vous venez d’avoir votre bac. Ce message est pour vous. Bravo. Alors aujourd’hui profitez, fêtez le baccalauréat, et après bon courage", a-t-il notamment déclaré.  

Faute d’un réseau social européen à la hauteur, le gouvernement fait donc le choix, non pas de lutter contre Tiktok, mais il tente plutôt de s’en servir. Un peu à la façon de ce proverbe asiatique, "si tu n’es pas de taille, n’affronte pas ton adversaire, fais-en ton ami". Un proverbe qui vaut aussi bien en politique, qu’en économie.   

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