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L'ancien ministre français de la Culture Jack Lang quitte l'église Saint-Roch à Paris après avoir assisté aux funérailles de l'actrice franco-italienne Claudia Cardinale, le 30 septembre 2025.
Crédit : Bertrand GUAY / AFP
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Après plusieurs mois de pression politique et judiciaire, le ministère américain de la Justice a rendu public, en fin de semaine dernière, de nouveaux documents dans le cadre de l'affaire Jeffrey Epstein, et en grande quantité : plus de 3 millions de pages vidéos, images, échanges de courriels, notes internes et autres allégations transmises aux autorités. L'administration Trump affirme avoir achevé l’examen complet des documents, précisant que la Maison Blanche n’a exercé aucune supervision sur le processus de publication.
La justice rappelle que ces documents peuvent contenir des éléments faux ou non corroborés, car tout ce qui avait été transmis au FBI par le public a été inclus dans la publication. Parmi les célébrités citées ? Richard Branson, Elon Musk, Bill Gates ou encore des Français, comme Jack Lang et sa fille Caroline. L'ex-ministre et actuel président de l'Institut du Monde arabe (IMA) a confirmé lundi "assumer" avoir noué une relation de proximité avec Jeffrey Epstein, celle-ci étant déjà de notoriété publique.
"J'assume pleinement les liens que j'ai pu créer, à une époque où rien ne laissait supposer qu'il pouvait être au cœur d'un réseau de criminalité. Si j'en avais été informé, j'aurais stoppé tout net mes relations avec lui", assure-t-il à l'AFP, au sujet du criminel sexuel américain, décédé en 2019. Mais de quoi est-il question ?
"Ce qui est plus embêtant pour Jack Lang, c'est surtout sa fille. On est en train de découvrir aux États-Unis, que Caroline Lang a sûrement fait des affaires avec Jeffrey Epstein, qu'elle a gagné de l'argent avec Jeffrey Epstein, elle a sans doute été sur l'île avec Jeffrey Epstein [Little Saint James, où il avait une résidence], d'après des documents qui commencent à sortir. C'est donc Caroline Lang, qui est beaucoup plus impliquée, dans les documentes mentionnant le nom de 'Lang', que Jack Lang", explique Laurence Haïm, journaliste spécialiste des États-Unis, sur RTL.
En l'état, aucun échange ne laisse pour autant supposer d'une implication de Caroline ou Jack Lang dans les crimes sexuels de l'homme d'affaires.
Mediapart souligne lundi que Caroline Lang - personnalité importante de la culture et de l'audiovisuel français - était inscrite sur le testament financier de Jeffrey Epstein, signé deux jours avant sa mystérieuse mort, avec "5 millions de dollars" lui étant destinés sur plus de 500 millions légués. Des faits, que l'ancienne patronne de Warner Bros Television pour la francophonie ignorait, selon ses dires au média.
L'ex-actrice de 64 ans avait également fondé en 2016 avec lui une société offshore basée aux Îles Vierges américaines, avec pour but d’investir dans l’art. "Un jour, Jeffrey nous a dit, à mon père et moi, qu’il voulait investir dans de jeunes artistes français et internationaux, pour les aider. Il a proposé de monter un fonds et j’ai dit oui. Je ne me suis occupée de rien. Ce sont les avocats de Jeffrey Epstein qui ont tout fait, en termes de montage", détaille-t-elle à Mediapart, disant avoir "été d’une naïveté confondante" et avouant ne pas avoir déclaré au fisc français sa société.
Au total, les comptes de cette entreprise détenue par Jeffrey Epstein et Caroline Lang ont été crédités de 1,4 million de dollars, selon le site d'investigation qui a notamment consulté les documents publiés sur le site du ministère américain, en libre accès.
Il existe également série d'échanges datés de mars 2015 révèle des négociations précises avec Jack Lang autour de la vente d'un riad à Marrakech, le "Ksar Masa". Selon le récit chronologique tiré des documents, tout débute le 29 mars 2015 par l'envoi d'une présentation de la propriété via WeTransfer par un tiers, Dominique Silberstein, "suite à la demande de Jean Poniatowski".
Le lendemain, Monique Lang, l'épouse de l'ex-ministre, écrit depuis le compte de son mari à l'adresse "jeevacation@gmail.com" utilisée par Jeffrey Epstein. "Dear Jeffrey" ("Cher Jeffrey"), écrit-elle, expliquant qu'un ami souhaite vendre sa propriété et préfère "que nous en parlions directement".
Elle précise que le vendeur a confié la vente à une agence mais privilégie ce canal direct, espérant voir le financier à Marrakech "entre le 25 avril et le 2 mai". Jeffrey Epstein répond le jour même, s'enquérant du prix. Le 31 mars 2015, c'est Jack Lang qui répond précisément sur les conditions financières : "le prix est de 5.400.000 euros, offshore"), écrit l'ancien ministre.
Interrogé par Mediapart sur cet épisode, Jack Lang a indiqué ne pas se souvenir "très bien de cette histoire", estimant avoir "dû simplement transmettre les prétentions du vendeur, sans commentaire".
La relation avec les Lang est bien réelle : dans un courriel datant de septembre 2017, Jeffrey Epstein se réjouit de sentir qu’il "fait partie de la famille". Selon leurs correspondances, il est par ailleurs question de se rencontrer régulièrement, lors des passages en France du sulfureux financier.
Autre élément : un film sur la vie de Jack Lang, financé par le milliardaire, était prévu, comme déjà révélé en 2020 par The Daily Best et confirmé par l'intéressé à Politico. En septembre dernier, Le Canard enchaîné apprenait que le documentaire était annulé au vu du contexte lié à l'affaire.
Dans son communiqué à l'AFP, le père de la Fête de la musique raconte avoir fait la connaissance de Jeffrey Epstein "voici une quinzaine d'années" par l'intermédiaire du réalisateur américain Woody Allen. "Volontiers mécène, il fréquentait alors le tout Paris. Il nous avait séduit par son érudition, sa culture, sa curiosité intellectuelle", explique ce lundi Jack Lang, saluant également sa "gentillesse" lors du décès de sa fille Valérie.
"Quand je noue un rapport de sympathie, je n'ai pas l'habitude de demander à mon interlocuteur son casier judiciaire. Je fais confiance. J'aime les rencontres fortuites de la vie quotidienne. Ainsi continue à s'ordonner ma vie. Je suis tombé des nues quand j'ai découvert les crimes dont il s'était rendu coupable", poursuit Jack Lang, 86 ans.
"Les valeurs humaines qui m'habitent, de dignité et de probité notamment, celles qui ont construit ma vie d'homme et de citoyen, sont radicalement étrangères à ces pratiques odieuses. Mes pensées iront toujours aux victimes, nombreuses, de tels agissements", ajoute-t-il.
"J'ai été profondément heurté par ces révélations" sur les activités criminelles de Jeffrey Epstein, "comme je le suis aujourd'hui d'être associé à un criminel, par sous-entendus souvent, parfois avec une réelle intention de me nuire. Par conséquent, je suis résolu à poursuivre en justice quiconque propagera à mon sujet des propos menaçants, haineux et diffamatoires", conclut-il.
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