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Coronavirus : la Chine déploie l'armée et impose le dépistage, des premiers cas en France

L'armée chinoise a déployé ses médecins ce samedi 25 janvier au cœur de l'épidémie de pneumonie virale dont le bilan s'est encore alourdi et qui touche désormais l'Europe, avec trois cas confirmés en France.

Des mesures de dépistage ont été déployées dans les gares, comme ici, à Pékin.
Des mesures de dépistage ont été déployées dans les gares, comme ici, à Pékin. Crédit : Nicolas ASFOURI / AFP
Charles Deluermoz et AFP

La Chine montre qu'elle a tiré les leçons du Sras. Ce samedi 25 janvier, l'armée chinoise a déployé ses médecins pour limiter la propagation du coronavirus et les autorités ont ordonné des mesures nationales de dépistage.

Car l'épidémie se répand rapidement dans son pays d'origine, avec 1.300 cas de contamination dont 41 mortels recensés ce samedi. La Chine est ainsi entrée dans l'année du Rat sous le signe du coronavirus parti en décembre de la ville de Wuhan, placée de facto en quarantaine.

Pour le jour de l'An, il n'y aura donc pas de pétards ni de danses du dragon dans les rues de la métropole du centre de la Chine, où les rares passants se couvrent le visage avec un masque de protection obligatoire. 

Ici, les trains et les avions n'ont plus le droit de quitter la ville depuis jeudi. Outre Wuhan, pratiquement toute la province du Hubei est coupée du monde, portant le nombre total d'habitants confinés à plus 56 millions, soit presque la population de l'Afrique du Sud.

L'armée en renfort

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L'armée a envoyé dans la zone interdite trois avions qui ont débarqué vendredi soir 450 médecins militaires et autres personnels médicaux. Certains d'entre eux ont l'expérience de la lutte contre Ebola et le Sras, une souche similaire au nouveau coronavirus, qui avait tué 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong entre 2002 et 2003.

Les médecins militaires doivent être répartis dans les hôpitaux de la ville qui accueillent un grand nombre de patients de la pneumonie virale, a précisé l'agence Chine nouvelle. Les hôpitaux étant débordés, la construction d'un site devant accueillir un millier de lits a commencé vendredi. Il doit être achevé... dans 10 jours, le 3 février, selon les médias publics.

Tous les décès sauf deux ont été enregistrés à Wuhan ou ailleurs au Hubei, une province vaste comme la Syrie. En dehors du Hubei, les autorités ont annoncé la mise en place de mesures de dépistage du virus dans tout le pays.

Des points d'inspection vont ainsi être mis en place et tous les voyageurs présentant des symptômes de pneumonie seront "immédiatement transportés" vers un centre médical, a annoncé la Commission nationale de la santé.

Des premiers cas en Europe

Car les bilans du virus s'alourdissent quotidiennement, passant de 26 morts vendredi à 41 samedi. Le nombre total de contaminations est passé lui de 830 à 1.287. Sur ce total, 237 cas sont considérés comme "critiques", selon les autorités sanitaires. Toutefois, la plupart des patients décédés jusqu'à présent étaient soit âgés de plus de 65 ans, soit souffrant de maladies préexistantes.

À l'étranger, les trois premiers cas européens ont été signalés vendredi en France, a annoncé la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Parmi ces malades, deux au moins s'étaient récemment rendus en Chine. Hospitalisés à Paris et Bordeaux (sud-ouest), ils ont été placés à l'isolement.  Paris "envisage" de mettre en place des autocars pour que les Français présents à Wuhan puissent quitter la ville, a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

Outre les pays d'Asie déjà touchés, notamment le Japon et la Thaïlande, un deuxième cas a été signalé aux États-Unis où le président Donald Trump a loué les efforts de Pékin pour tenter de contenir la propagation du virus. "La Chine travaille très dur pour contenir le coronavirus. Les États-Unis apprécient vraiment (ses) efforts et (sa) transparence", a-t-il tweeté, se disant convaincu que tout allait "bien se passer".

Lors de l'épidémie de Sras au début des années 2000, la Chine avait au contraire été montrée du doigt, y compris par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), pour avoir caché les premiers cas, ce qui n'avait fait qu'aggraver la crise.

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