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Brexit : tensions entre Paris et Londres autour de l’accord sur la pêche

Le secrétaire d'État français aux Affaires européennes a menacé le Royaume-Uni de "mesures de rétorsion" s'il n'applique pas rapidement l'accord post-Brexit sur la pêche.

Un bateau de pêche (illustration)
Un bateau de pêche (illustration)
Crédit : ALEXIS DELELISI / AFP
Coline Daclin & AFP

C'est la dernière étape pour finaliser le Brexit, et elle fait l'objet de tensions. Le Parlement européen doit approuver ce mardi 27 avril l'accord commercial de l'UE avec le Royaume-Uni. Or, la France a menacé dans la matinée le Royaume-Uni de "mesures de rétorsion" sur les services financiers britanniques si l'accord sur la pêche n'était pas mis en œuvre. 

"Le Royaume-Uni attend de notre part un certain nombre d'autorisations sur les services financiers. Nous n'en donnerons aucune tant que nous n'aurons pas les garanties que sur la pêche et d'autres sujets, le Royaume-Uni respecte ses engagements", a averti le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, sur la chaîne BFM Business

Selon l'accord, les Britanniques devraient délivrer des licences pour la zone des 6-12 milles marins au large de leurs côtes, où les pêcheurs européens se rendaient traditionnellement. Mais plus de quatre mois après l'aboutissement des négociations, leur mise en œuvre est jugée trop lente. Le 23 avril dernier, le président du comité des pêches des Hauts-de-France, Olivier Leprêtre, déclarait que seulement 22 bateaux sur 120 de Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français, ont reçu la précieuse licence permettant d'accéder à ces eaux riches en poissons

Des exigences "inacceptables"

"Les Britanniques jouent la montre. Sans licence, c'est une partie de la flotte qui est bloquée à quai. C'est insupportable que nous soyons encore dans cette situation de blocage, c'est une aberration", critiquait alors auprès de l'AFP Gérard Romiti, président du comité national des pêches. 

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Pour obtenir le sésame pour les eaux britanniques, il faut par exemple prouver que le bateau exerçait dans la zone britannique avant l'accord. Or, certains éprouvent des difficultés à le faire, en particulier ceux de moins de 12 mètres, relevait le 26 avril la ministre de la Mer Annick Girardin

"Ces exigences du Royaume-Uni ne sont pas dans l'accord, et sont donc inacceptables" pour la France, a poursuivi la ministre, à l'occasion de l'annonce d'une enveloppe de 100 millions d'euros dans le cadre d'un plan d'accompagnement de la filière pêche. Annick Girardin a également assuré aux représentants du secteur que 21 nouvelles licences seraient prochainement délivrées pour permettre aux bateaux français de pêcher dans les eaux britanniques. 

Un contexte difficile depuis le Brexit

En plus de ces tensions autour de la pêche, les relations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, très affectées par la décision britannique de quitter le marché unique, souffrent d'autant plus depuis que l'Europe a accusé le Royaume-Uni de violer les contrôles douaniers et sanitaires qui devraient être menés entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, afin d'éviter une frontière physique en Irlande. Le récent différend autour des retards d'approvisionnement du continent en vaccins AstraZeneca n'a par ailleurs pas amélioré les choses.

Pour autant, le résultat du vote, qui ne sera officiellement communiqué que mercredi 28 avril à 9 heures, ne fait guère de doute. "Je m'attends à ce que le texte soit voté au moins à la majorité des trois quarts", a affirmé le social-démocrate allemand Bernd Lange, président de la commission Commerce international. 

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