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Assaut du Capitole : l'extrême-droite mal surveillée sous la pression de Trump

D'après une enquête, l'administration Trump a sous-estimé le danger de l'extrême-droite américaine et des mouvances conspirationnistes, considérées par le FBI comme des sources potentielles de "terrorisme intérieur".

Illustration de Donald Trump dans le Bureau oval
Illustration de Donald Trump dans le Bureau oval
Crédit : MANDEL NGAN / AFP
Assaut du Capitole : l'extrême-droite mal surveillée sous la pression de Trump
04:25
Carrie Nooten

Après le temps de l’émotion qui a submergé le pays à la suite des violences au Capitole, les États-Unis entrent dans le temps de l'enquête et de la prise de conscience. Une enquête du New York Times révélait, lundi 1er février, pourquoi les autorités chargées de veiller à la sécurité du pays sont passées, en partie, à côté du danger que représentaient les militants d'extrême droite.

Vous vous souvenez certainement des manifestations Black Lives Matter de la fin du printemps et du début de l’été. Et vous rappelez-vous des rumeurs selon lesquelles ces activistes étaient noyautés par les Antifa, des radicaux d'extrême gauche

C'est la thèse qui a été défendue par de nombreux républicains, Donald Trump en tête, alors qu'il tâtonnait pour trouver un message de campagne. Le président a martelé que le vrai danger domestique viendrait de l'extrême gauche, alors qu’en fait, les autorités de surveillance avaient mis en garde depuis longtemps à propos de l'extrême droite et des suprémacistes blancs.

Mais les soldats de Donald Trump, son procureur général et les officiers qu'il avait nommés à la sécurité intérieure n'ont pas voulu le décevoir - sa cour avait une nette tendance à aller toujours dans son sens. Et ils ont redistribué les moyens déployés dans la lutte contre le terrorisme intérieur pour les concentrer sur des enquêtes d'anarchistes de gauche

L'extrême-droite américaine mal surveillée

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Cela ne les a, heureusement, pas empêché de déjouer le plan de kidnapping de la gouverneure démocrate du Michigan cet été. Mais cela les a contraint à ne plus pouvoir surveiller les principaux Proud boys, les Boogaloo - un groupe qui se prépare à une nouvelle guerre civile, ou les membres de la mouvance conspirationniste Qanon. Des proches de Donald Trump ont même cherché à éliminer l'expression de "terrorisme intérieur" des discussions concernant l'extrême droite.

Pourtant, ces groupes évoluaient quasiment au vu et su de tous sur les différents réseaux sociaux. À commencer par Twitter déjà, puis sur des sites de video streaming qui permettent de lever des fonds en temps réel. Près de 900.000 dollars ont été débloqués ainsi. De plus, ils étaient le plus à l'aise sur des forums dédiés, comme le forum "4chan", où le mystérieux pseudonyme "Q" postait des messages cryptés certes, mais suivis par des centaines de milliers d'Américains. Donc rien de sorcier à déchiffrer non plus. 

"Q" affirmait qu'il était un insider de Washington, et qu'il allait dévoiler les secrets des élites de la capitale. Depuis octobre 2017, il a avancé des thèses toutes les plus conspirationnistes les unes que les autres : des élus démocrates qui s'abreuvaient du sang d’enfant comme cure de jouvence à un réseau pédophile entretenu par des proches d'Hillary Clinton, ou un complot du Deep State (l’état profond) contre Donald Trump. "Q" n'a quasiment plus posté de messages depuis l'élection, au grand dam de ses followers. 

Une source potentielle de "terrorisme intérieur"

Il y a 10 jours, si on en croit des journalistes américains qui se sont infiltrés, ces supporters Qanon étaient persuadés que Donald Trump allait intervenir et faire arrêter Joe Biden et Kamala Harris sur l'estrade de l'investiture. Jusqu'à un peu avant midi, lorsque le nouveau président a été investi, ils y croyaient mordicus. C'est pour vous dire le niveau de crédulité et de fake news qui a été atteint ici.

Ces réseaux sociaux étaient-ils sous surveillance? En mai 2019, une note interne du FBI a bien appelé à surveiller la mouvance comme une source potentielle de "terrorisme intérieur". Mais d'après l'enquête du New York Times, les fonds qui avaient été demandés pour pouvoir surveiller de près ces réseaux ont été refusés par l'administration Trump. Beaucoup plus difficile désormais de se rendre compte de l’ampleur du mouvement.

Sans compter que de nombreux élus, notamment démocrates, ne les ont pas non plus pris au sérieux puisque les thèses sont tout de même tirées par les cheveux. Une erreur de jugement pour la sécurité du pays. Et cela explique la surprise lors de l'attaque du Capitole. Alors que tout cela bouillonnait depuis bien plus longtemps, plusieurs années en fait, et que quelques observateurs seulement l'avaient compris. 

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