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États-Unis : un complot déjoué empêche le kidnapping d’une gouverneure et une "guerre civile"

Le FBI a déjoué un complot qui visait à enlever la gouverneure démocrate du Michigan Gretchen Whitmer et déclencher une guerre civile. Au total, 13 hommes associés à un mouvement d’extrême-droite ont été inculpés.

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États-Unis : un complot déjoué empêche le kidnapping d'une gouverneure et une "guerre civile" Crédit Image : JEFF KOWALSKY / AFP | Crédit Média : Philippe Corbé/RTL | Durée : | Date :
Florise Vaubien
Florise Vaubien et AFP

Un véritable complot déjoué à quelques semaines des élections présidentielles. 13 hommes, associés à un groupe américain d'extrême droite ont été arrêtés par le FBI puis inculpés. En cause : ils projetaient depuis des mois d’enlever la gouverneure démocrate du Michigan Gretchen Whitmer, une farouche opposante à Donald Trump, et déclencher une "guerre civile". Des informateurs et des agents infiltrés ont permis ce vaste coup de filet. 

Parmi les 13 miliciens, six d’entre eux avaient prévu de kidnapper Gretchen Whitmer avant l'élection présidentielle prévue le 3 novembre prochain. Considérés comme des "extrémistes violents" par le procureur du district Ouest du Michigan, Andrew Birge, ils planifiaient de la "juger" pour "trahison", rapporte l'acte d'accusation rendu public jeudi 8 octobre.

Sept autres hommes liés au groupuscule local "Wolverine Watchmen" ont également été arrêtés et inculpés. Ils préparaient "une opération en vue d'attaquer le bâtiment du Capitole et kidnapper des responsables du gouvernement, dont la gouverneure", a précisé la ministre de la Justice du Michigan, Dana Nessel. Particulièrement dangereux, ces hommes avaient par ailleurs "proféré des menaces de violences” dans le but de "provoquer une guerre civile", a expliqué Dana Nessel.

Je n’avais jamais imaginé une chose pareille

La gouverneure Gretchen Whitmer
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La gouverneure Gretchen Whitmer, qui a prêté serment il y a 22 mois, s'est dite effarée par la nouvelle : "je n’avais jamais imaginé une chose pareille (...)" même si "je savais que ce travail pouvait être difficile". Cette opposante à Donald Trump a accusé le président de "légitimer" les actions des "terroristes de l'intérieur". En cause : le milliardaire à la Maison Blanche a refusé, la semaine dernière, de condamner les partisans du suprémacisme blanc, lors de son débat face au candidat démocrate Joe Biden.

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Donald Trump a réagi sur Twitter, n’éprouvant visiblement aucune sympathie à l'égard de Gretchen Whitmer. "Plutôt que de dire merci" pour l'opération du FBI, "elle me traite de suprémaciste blanc", a-t-il dénoncé. Le président a toutefois rappelé qu’il ne tolérait "AUCUNE violence extrême". "Défendre TOUS les Américains, même ceux qui s'opposent à moi ou m'attaquent, c’est ce que je ferai toujours en tant que votre président !", a-t-il ajouté.

"Libérer le Michigan"

La police fédérale a été alertée au début de l’année lorsqu’elle "a appris sur les réseaux sociaux qu'un groupe d'individus parlait de renverser par la violence certaines composantes du gouvernement et des forces de l'ordre". Elle décide alors d'ouvrir une enquête. 

Les restrictions sanitaires strictes mises en oeuvre à la mi-mars par Gretchen Whitmer en auraient fait une cible. Les six accusés, qui ont été arrêtés, lui reprochaient notamment d'être un "tyran" et d'exercer "un pouvoir sans contrôle". Dans le Michigan, l’un des États les plus touchés par l’épidémie de coronavirus, les consignes sanitaires figuraient parmi les plus sévères des États-Unis. Conséquence : la gouverneure était régulièrement attaquée par le président Donald Trump qui avait appelé à "libérer le Michigan" sur Twitter

Plusieurs manifestations d’opposants au confinement, certains lourdement armés, s’étaient organisées pour revendiquer la réouverture de l'économie du Michigan. Pour exiger l’assouplissement des restrictions sanitaires, des manifestants armés avaient fait irruption, fin avril, dans le Capitole, le siège du gouvernement de l'État 

"On va tout renverser"

Les six hommes s’étaient entraînés aux côtés des "Wolverine Watchmen" dans le but d’enlever la gouverneure démocrate du Michigan Gretchen Whitmer. Plusieurs scénarios étaient envisagés : à Lansing, la capitale de l'État au domicile de l’élu et dans sa maison de vacances dans le nord du Michigan.

Pour mener à bien leur opération, les miliciens surveillaient les différentes résidences de la gouverneure et ont testé des engins explosifs artisanaux, a expliqué Andrew Birge. Un agent du FBI précise par ailleurs que les conspirateurs ont également tenté d'acheter d'autres explosifs. En juillet, l'un d'eux a déclaré au téléphone vouloir "tout renverser".

"Je veux juste que le monde s'embrase, mec. Je ne rigole même pas (...). Je m'en fous, j'en ai tellement marre. C'est ça qu'il faut qu'on fasse pour récupérer (le monde, ndlr), tout doit être annihilé. On va tout renverser, mec. C'est (ce que font) les grands conquérants, mec", a-t-il poursuivi. 

Donald Trump en cause

Les six hommes accusés d’avoir tenté d’enlever Gretchen Whitmer sont poursuivis au niveau fédéral : ils encourent des peines de prison pouvant aller jusqu'à la perpétuité. Les sept autres miliciens font face à des poursuites judiciaires pour violation de la loi antiterroriste du Michigan, notamment pour "soutien matériel en vue d'un acte terroriste" et "appartenance à un gang". Ces crimes sont punis chacun de 20 ans de prison, a précisé Dana Nessel.

Alors que l’épidémie de coronavirus a déclenché une grave crise aux États-Unis, de vives tensions ont éclaté entre les camps démocrate et républicain. "Nous ne sommes pas des ennemis, ce virus est notre ennemi", a déclaré jeudi Gretchen Whitmer. Mais alors que la crise sanitaire devait être l'opportunité de rassembler autour d’une "unité nationale", Donald Trump "a passé les sept derniers mois à (..) attiser la méfiance et conforter ceux qui propagent la peur et la haine", a-t-elle déploré.

De son côté, le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a réagi en estimant que les appels de Donald Trump à la libération du Michigan avait encouragé les milices d'extrême droite.

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